Pierre Genest au Devoir - Le Fonds FTQ se prépare à une grande année 2004
Photo : Jacques Grenier
Pierre Genest: «La perception est qu’on est encore dans les problèmes, mais ce n’est plus le cas, a-t-il expliqué. L’année 2003 a bien été et 2004 sera encore meilleure.»
L'année 2003 a marqué la fin des difficultés financières au Fonds de solidarité FTQ et 2004 s'annonce comme un très bon millésime, a affirmé le p.-d.g. Pierre Genest lors d'une rencontre éditoriale au Devoir cette semaine. Les prochains mois seront d'ailleurs chargés. La réorganisation maintenant terminée, l'accent sera mis sur les régions et le développement des moyennes entreprises. Le Fonds devra aussi jouer un rôle plus important dans le capital de risque, alors que les investissements totaux devraient frôler les 400 millions de dollars en 2004.
Du 1er janvier au 31 décembre 2003, les investissements ont totalisé 367 millions, répartis dans 81 entreprises, avec un nombre d'emplois maintenus ou créés de 6532.
«La perception est qu'on est encore dans les problèmes, mais ce n'est plus le cas, a-t-il expliqué. L'année 2003 a bien été et 2004 sera encore meilleure. Nous avons de grosses annonces à venir, mais il faut attendre la signature des papiers avant d'en parler.»
Sur le plan des investissements, Pierre Genest veut mettre l'accent sur le développement des moyennes entreprises, qu'il faut élever au rang de grandes compagnies dans les années à venir. «Il faut développer plus de Bombardier», dit-il. Sans pour autant oublier l'aide au démarrage, il incite tout de même les autres acteurs économiques à en faire autant. Le développement des régions, où le Fonds entend être plus actif, figure également en tête des priorités.
Bémol toutefois dans le capital de risque. Dans la foulée des révisions de mandat de la SGF, d'Investissement Québec et des Innovatech, qui ralentissent présentement leur aide aux entreprises, le Fonds FTQ se retrouve pour le moment sur une grande patinoire à couvrir. Pierre Genest espère d'ailleurs que «l'incertitude» laissera place rapidement à une clarification des rôles. Avec une demande sans équivoque au gouvernement: ne pas brusquer son retrait du capital de risque, «pour ne pas détruire ce qu'on a bâti au cours des années».
Rendement à la hausse
L'année 2003 aura également permis au Fonds FTQ de sortir du marasme, renouant avec les profits et affichant un rendement de 0,8 % lors du semestre clos le 30 juin dernier. «La deuxième moitié de 2003 a été encore meilleure, mais on ne peut rien dire pour l'instant, soutient Pierre Genest. Ça s'améliore à chaque mois.» L'action s'était d'ailleurs replacée en juin après une glissade de deux ans. Elle était en hausse de 10 ¢, à 20,36 $, après un sommet à 24,98 $ en 2001.
Pour les cinq prochaines années, le p.-d.g. fait des prévisions «très conservatrices», reconnaît-il. «Je pense que nous allons faire 3 % de rendement par année. Les marchés boursiers et l'économie en général ne nous permettront pas de faire vraiment mieux dans l'ensemble. Mais vous savez que je suis un gars conservateur!» Au cours des 10 dernières années, la moyenne de rendement annuelle du Fonds se situe à 3,6 %.
Contrôle des dépenses
Pierre Genest s'est également fixé comme objectif de garder les dépenses administratives du Fonds à leur niveau actuel de 1,8 % de l'actif de 4,6 milliards. «Dans les années qu'on vit, on ne peut pas s'attendre à des rendements de 10 % ou 15 % comme on en a déjà eu, explique-t-il. Les dépenses sont donc très importantes. Notre objectif est de continuer à baisser le ratio jusqu'à 1,6 %, mais ça va être difficile de franchir cette barre. Toutefois, on est déjà parmi les cinq meilleurs gestionnaires de fonds à ce chapitre au Canada.»
Pour maintenir ce niveau de dépense, le p.-d.g. convient qu'il a dû faire des choix déchirants, notamment lorsqu'il a mis à pied 39 personnes en avril dernier, dont six gestionnaires en région, à l'occasion d'une vaste réorganisation. «Dans ma tête, il n'y a pas de coupe en vue, dit-il. On a besoin du monde qu'on a en place. Est-ce que c'est la fin des réorganisations? Sûrement pas; de nos jours il faut bouger souvent pour rester compétitif.»
Le dollar canadien
à 80 ¢US? Parfait!
La hausse de 22 % du dollar canadien en 2003 par rapport au billet vert a eu très peu d'impact sur le rendement du Fonds. Et même si le huard continue son envolée, Pierre Genest n'y voit aucun problème majeur, au contraire. C'est que 74 % de la valeur du portefeuille n'est pas du tout affectée, puisque la grande majorité des PME que le Fonds appuie n'exportent pas aux États-Unis. Uniquement 275 millions de dollars d'actif sont assujettis indirectement aux fluctuations de notre monnaie, sur 4,6 milliards d'actif total. «Ça n'affectera pas notre rendement global, on est moins à risque que l'on aurait pensé», souligne Pierre Genest.
Les PME sont d'ailleurs en sécurité à ce chapitre au Québec, puisque seulement 10,6 % des entreprises de moins de 100 employés envoient leurs marchandises vers nos voisins du Sud, selon les chiffres fournis par le Fonds. Mais plus l'entreprise est grosse, plus le mal se fait sentir. «Ça va avoir un effet négatif sur les profits des sociétés, c'est certain, estime Pierre Genest. Les compagnies ne peuvent pas augmenter leurs prix aux États-Unis pour compenser, parce que le marché est en excès de capacité.»
Selon lui, il n'y a pas 10 000 façons de réagir, il faut que les entreprises en profitent pour acheter l'équipement qui les rendra plus compétitives. «On importe 86 % de notre machinerie, alors il faut en profiter, soutient-il. Si notre dollar peut monter jusqu'à 0,80 $US et y rester un peu, ça va aider notre monde à être plus productif.»
- Deux autres articles à lire lundi en page B 1: «Capital de risque: les rôles doivent être définis» et «Faire grandir les entreprises».
Du 1er janvier au 31 décembre 2003, les investissements ont totalisé 367 millions, répartis dans 81 entreprises, avec un nombre d'emplois maintenus ou créés de 6532.
«La perception est qu'on est encore dans les problèmes, mais ce n'est plus le cas, a-t-il expliqué. L'année 2003 a bien été et 2004 sera encore meilleure. Nous avons de grosses annonces à venir, mais il faut attendre la signature des papiers avant d'en parler.»
Sur le plan des investissements, Pierre Genest veut mettre l'accent sur le développement des moyennes entreprises, qu'il faut élever au rang de grandes compagnies dans les années à venir. «Il faut développer plus de Bombardier», dit-il. Sans pour autant oublier l'aide au démarrage, il incite tout de même les autres acteurs économiques à en faire autant. Le développement des régions, où le Fonds entend être plus actif, figure également en tête des priorités.
Bémol toutefois dans le capital de risque. Dans la foulée des révisions de mandat de la SGF, d'Investissement Québec et des Innovatech, qui ralentissent présentement leur aide aux entreprises, le Fonds FTQ se retrouve pour le moment sur une grande patinoire à couvrir. Pierre Genest espère d'ailleurs que «l'incertitude» laissera place rapidement à une clarification des rôles. Avec une demande sans équivoque au gouvernement: ne pas brusquer son retrait du capital de risque, «pour ne pas détruire ce qu'on a bâti au cours des années».
Rendement à la hausse
L'année 2003 aura également permis au Fonds FTQ de sortir du marasme, renouant avec les profits et affichant un rendement de 0,8 % lors du semestre clos le 30 juin dernier. «La deuxième moitié de 2003 a été encore meilleure, mais on ne peut rien dire pour l'instant, soutient Pierre Genest. Ça s'améliore à chaque mois.» L'action s'était d'ailleurs replacée en juin après une glissade de deux ans. Elle était en hausse de 10 ¢, à 20,36 $, après un sommet à 24,98 $ en 2001.
Pour les cinq prochaines années, le p.-d.g. fait des prévisions «très conservatrices», reconnaît-il. «Je pense que nous allons faire 3 % de rendement par année. Les marchés boursiers et l'économie en général ne nous permettront pas de faire vraiment mieux dans l'ensemble. Mais vous savez que je suis un gars conservateur!» Au cours des 10 dernières années, la moyenne de rendement annuelle du Fonds se situe à 3,6 %.
Contrôle des dépenses
Pierre Genest s'est également fixé comme objectif de garder les dépenses administratives du Fonds à leur niveau actuel de 1,8 % de l'actif de 4,6 milliards. «Dans les années qu'on vit, on ne peut pas s'attendre à des rendements de 10 % ou 15 % comme on en a déjà eu, explique-t-il. Les dépenses sont donc très importantes. Notre objectif est de continuer à baisser le ratio jusqu'à 1,6 %, mais ça va être difficile de franchir cette barre. Toutefois, on est déjà parmi les cinq meilleurs gestionnaires de fonds à ce chapitre au Canada.»
Pour maintenir ce niveau de dépense, le p.-d.g. convient qu'il a dû faire des choix déchirants, notamment lorsqu'il a mis à pied 39 personnes en avril dernier, dont six gestionnaires en région, à l'occasion d'une vaste réorganisation. «Dans ma tête, il n'y a pas de coupe en vue, dit-il. On a besoin du monde qu'on a en place. Est-ce que c'est la fin des réorganisations? Sûrement pas; de nos jours il faut bouger souvent pour rester compétitif.»
Le dollar canadien
à 80 ¢US? Parfait!
La hausse de 22 % du dollar canadien en 2003 par rapport au billet vert a eu très peu d'impact sur le rendement du Fonds. Et même si le huard continue son envolée, Pierre Genest n'y voit aucun problème majeur, au contraire. C'est que 74 % de la valeur du portefeuille n'est pas du tout affectée, puisque la grande majorité des PME que le Fonds appuie n'exportent pas aux États-Unis. Uniquement 275 millions de dollars d'actif sont assujettis indirectement aux fluctuations de notre monnaie, sur 4,6 milliards d'actif total. «Ça n'affectera pas notre rendement global, on est moins à risque que l'on aurait pensé», souligne Pierre Genest.
Les PME sont d'ailleurs en sécurité à ce chapitre au Québec, puisque seulement 10,6 % des entreprises de moins de 100 employés envoient leurs marchandises vers nos voisins du Sud, selon les chiffres fournis par le Fonds. Mais plus l'entreprise est grosse, plus le mal se fait sentir. «Ça va avoir un effet négatif sur les profits des sociétés, c'est certain, estime Pierre Genest. Les compagnies ne peuvent pas augmenter leurs prix aux États-Unis pour compenser, parce que le marché est en excès de capacité.»
Selon lui, il n'y a pas 10 000 façons de réagir, il faut que les entreprises en profitent pour acheter l'équipement qui les rendra plus compétitives. «On importe 86 % de notre machinerie, alors il faut en profiter, soutient-il. Si notre dollar peut monter jusqu'à 0,80 $US et y rester un peu, ça va aider notre monde à être plus productif.»
- Deux autres articles à lire lundi en page B 1: «Capital de risque: les rôles doivent être définis» et «Faire grandir les entreprises».
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