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Slater Steels demande un mois de sursis

9 janvier 2004  Économie
Slater Steels, qui avait laissé entendre mercredi qu'elle souhaitait se dissoudre, a plutôt l'intention de demander au tribunal de lui accorder un mois de plus que prévu, soit jusqu'au 27 février, pour tenter de vendre ses derniers actifs dont Aciers Atlas de Sorel.

Dans la requête qu'elle doit déposer aujourd'hui à la Cour supérieure de l'Ontario à Toronto, la compagnie explique qu'elle n'a pas réussi à répondre aux exigences prévues dans son plan de relance. Ce document préparé l'été dernier prévoyait notamment l'obtention de concessions salariales totalisant quatre millions de dollars par année au Québec et 5,6 millions à son usine de Hamilton, en Ontario.

En raison de la hausse imprévue du coût de l'énergie et des matières premières, la société qui emploie toujours quelque 800 personnes au pays estime qu'il ne lui reste plus qu'à vendre ou à démanteler les usines qui lui restent pour rembourser ses créanciers et ses actionnaires.

L'entreprise préférerait cependant demeurer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) pendant ce processus plutôt que de faire appel à la Loi sur la faillite et l'insolvabilité. D'après Slater, cette façon de faire entraînerait «moins de perturbations pour les clients, les employés et les autres parties intéressées».

Espoir à la CSN

À la CSN, qui représente les 325 travailleurs de l'usine de Sorel-Tracy, la requête de Slater a été accueillie avec un certain soulagement. «Leur intention de liquider n'a pas changé, mais cela nous donne un peu de temps pour convaincre la direction de Slater de négocier. S'ils avaient obtenu l'autorisation de se dissoudre nous n'aurions rien pu faire», a souligné la porte-parole de la centrale syndicale, Michelle Filteau.

En décembre, les travailleurs d'Aciers Atlas ont rejeté à 94 % les demandes patronales parce qu'ils souhaitaient obtenir plus d'information sur les projets de la compagnie.

La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a exhorté Slater à reprendre le dialogue afin de sauver Aciers Atlas et les installations de Hamilton. «Nous trouvons aberrant que l'employeur n'ait pas participé à des discussions sérieuses et en profondeur avec le syndicat», a-t-elle déclaré en conférence de presse.

Les travailleurs de l'usine québécoise se joindront aujourd'hui à leurs collègues de Hamilton pour manifester leur colère et leur incompréhension aux portes du palais de justice, à Toronto. «Le syndicat est prêt à reprendre les négociations dès aujourd'hui», a insisté le représentant des travailleurs, Yves Larrivée.

Rejoint par la Presse canadienne, le président de Slater, Paul Davis, s'est dit prêt à discuter de l'avenir de la société. Aucune rencontre n'est prévue entre les parties pour le moment.

Depuis le début de sa restructuration, en juin, Slater a fermé ses usines de Fort Wayne, en Indiana, et de Welland, en Ontario. Un autre établissement situé en Illinois a été vendu mercredi.






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