La cigale américaine
Les conclusions de l'étude que les économistes du Fonds monétaire international (FMI) ont consacrée à l'état financier des États-Unis sont passablement inquiétantes. Si on en croit l'avis de ces experts, la dette contractée par le gouvernement central a atteint un volume si imposant qu'elle risque fort de déstabiliser l'architecture financière du globe. Plus précisément, les bonzes du FMI pointent un doigt accusateur sur les politiques arrêtées en cette matière par l'administration Bush. En décidant de doper la croissance économique par le biais des déductions fiscales, Bush et les siens prennent le risque — énorme! — d'hypothéquer la reprise en Europe et au Japon et de plonger les États-Unis, par effet boomerang, dans la récession.
En affichant record après record au tableau des déficits publics, les États-Unis ont contracté des obligations financières à l'égard des pays étrangers jamais vues par le passé. Selon les calculs du FMI, celles-ci pourraient monopoliser 40 % de l'économie américaine d'ici quelques années. À moins, évidemment, que l'administration Bush décide de prendre à contre-pied la politique suivie jusqu'à présent après les... élections! Sachant que l'humeur politique du citoyen américain est intimement liée à l'épaisseur de son portefeuille, il serait étonnant que Bush impose un frein à sa politique de cigale qui effraie justement le FMI.
À court terme, le FMI s'attend à ce que l'appétit démesuré des Américains pour l'argent étranger, cet argent dont ils ont tant besoin pour financer leurs excès, commande une hausse des taux d'intérêt. S'ensuivra, tout naturellement, un ralentissement de l'investissement nécessaire à une reprise durable en Europe et en Asie du Sud-Est. Les Asiatiques et les Européens ne pouvant pas se permettre de laisser tomber l'économie made in USA, ils divisent pour ainsi dire leurs investissements mais retardent du coup leur propre reprise. C'est ce qu'on appelle en certains milieux l'«exorbitant privilège» des États-Unis: les Américains achètent les biens étrangers, ces derniers financent leurs déficits. Sur ce front, un cas mérite une attention particulière: la Chine.
Dans les années 80, on s'en souviendra, les Japonais étaient devenus les principaux créanciers des États-Unis. Et ce, pour des raisons strictement économiques. Avec la Chine, il en va tout autrement. À la différence du Japon, ce pays a des ambitions politiques qu'il entend réaliser en manipulant notamment l'arme économique. Si Pékin s'empresse d'acheter des bons du Trésor américain mois après mois, c'est afin de se doter d'un outil qui peut être utilisé dans le cadre d'un dossier qui a pour nom Taïwan.
Cela étant, on assiste depuis peu à une reprise de la pièce économique mise en scène par Ronald Reagan. Au terme du deuxième mandat de ce dernier, les dépenses consacrées au militaire couplées aux déductions fiscales avaient transformé les États-Unis de principal créancier en principal débiteur. C'est exactement cela qui se reproduit à l'heure actuelle. Reste à savoir si la suite sera identique: une profonde récession.
En affichant record après record au tableau des déficits publics, les États-Unis ont contracté des obligations financières à l'égard des pays étrangers jamais vues par le passé. Selon les calculs du FMI, celles-ci pourraient monopoliser 40 % de l'économie américaine d'ici quelques années. À moins, évidemment, que l'administration Bush décide de prendre à contre-pied la politique suivie jusqu'à présent après les... élections! Sachant que l'humeur politique du citoyen américain est intimement liée à l'épaisseur de son portefeuille, il serait étonnant que Bush impose un frein à sa politique de cigale qui effraie justement le FMI.
À court terme, le FMI s'attend à ce que l'appétit démesuré des Américains pour l'argent étranger, cet argent dont ils ont tant besoin pour financer leurs excès, commande une hausse des taux d'intérêt. S'ensuivra, tout naturellement, un ralentissement de l'investissement nécessaire à une reprise durable en Europe et en Asie du Sud-Est. Les Asiatiques et les Européens ne pouvant pas se permettre de laisser tomber l'économie made in USA, ils divisent pour ainsi dire leurs investissements mais retardent du coup leur propre reprise. C'est ce qu'on appelle en certains milieux l'«exorbitant privilège» des États-Unis: les Américains achètent les biens étrangers, ces derniers financent leurs déficits. Sur ce front, un cas mérite une attention particulière: la Chine.
Dans les années 80, on s'en souviendra, les Japonais étaient devenus les principaux créanciers des États-Unis. Et ce, pour des raisons strictement économiques. Avec la Chine, il en va tout autrement. À la différence du Japon, ce pays a des ambitions politiques qu'il entend réaliser en manipulant notamment l'arme économique. Si Pékin s'empresse d'acheter des bons du Trésor américain mois après mois, c'est afin de se doter d'un outil qui peut être utilisé dans le cadre d'un dossier qui a pour nom Taïwan.
Cela étant, on assiste depuis peu à une reprise de la pièce économique mise en scène par Ronald Reagan. Au terme du deuxième mandat de ce dernier, les dépenses consacrées au militaire couplées aux déductions fiscales avaient transformé les États-Unis de principal créancier en principal débiteur. C'est exactement cela qui se reproduit à l'heure actuelle. Reste à savoir si la suite sera identique: une profonde récession.
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