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Air Canada: l'offre de Li sera dure à battre

10 décembre 2003  Économie
Toronto — Selon une responsable syndicale, l'offre du fonds new-yorkais Cerberus Capital de reprendre Air Canada devra être «spectaculaire» pour surpasser l'entente conclue avec l'homme d'affaires Victor Li, de Hong-Kong.

Pamela Sachs, du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) auquel sont affiliés quelque 8000 agents de bord et hôtesses, a indiqué hier que «presque tout le monde sauf les syndicats» favorise l'offre de la société financière de M. Li, Trinity Time Investments.

«[L'offre de Cerberus] devra être spectaculaire pour que [le conseil d'administration d'Air Canada] n'entérine pas celle de Trinity», évaluée à 650 millions, a affirmé Mme Sachs. Lundi, la Cour supérieure de l'Ontario avait accepté la candidature de Trinity, tout en laissant d'autres joueurs se manifester.

Cerberus Capital devait déposer formellement hier son offre concurrente; or le conseil d'administration d'Air Canada, suivant son entente avec M. Li, peut étudier la proposition de Cerberus s'il juge finalement qu'elle est «supérieure». Dans ce cas, le transporteur devrait verser un dédit de 19,5 millions à M. Li et à Trinity.

Selon Mme Sachs, Cerberus devra pour cela s'engager à long terme en faveur d'Air Canada, promettre de ne pas démanteler la compagnie et renoncer à octroyer 1 % du capital-actions du transporteur à Robert Milton et Calin Rovinescu, respectivement président et vice-président responsable de la restructuration.

«Peut-être le conseil ne juge-t-il pas ces éléments spectaculaires mais je pense qu'ils le sont», a poursuivi la syndicaliste.

Pour sa part, Gary Fane, du syndicat des Travailleurs canadiens de l'auto (TCA), où cotisent 9600 employés des billetteries et réservations, estime qu'il importe peu à ce syndicat qu'une offre l'emporte plutôt qu'une autre. Selon M. Fane, les deux groupes ont jusqu'ici affirmé la même chose et les deux prévoient maintenir l'actuelle équipe de direction.

«En fait, nous sommes plutôt inquiets pour la survie à long terme car nous ne voyons pas la compagnie être dirigée plus judicieusement», a ainsi analysé M. Fane.

De l'avis de Michael Carney, professeur en économie à l'Université Concordia de Montréal, l'offre de Trinity apparaît difficile à battre car elle laisse l'impression d'inclure une vision pour l'avenir. Les gens de Trinity Time Investments «semblent jusqu'ici faire du meilleur travail car ils abordent la question de l'accès à la Chine et de l'essor d'Air Canada» sur ce marché, explique M. Carney.

Cerberus Capital, par contre, «a plutôt l'air d'un fonds vautour qui cherchera à encaisser rapidement, de sorte que les gens seront moins confiants de le voir créer de la valeur ajoutée à long terme».






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