La «génération sandwich» se sent coincée entre les besoins des enfants et des parents

Prendre soin de ses parents et de ses enfants: la génération sandwich se sent coincée.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Prendre soin de ses parents et de ses enfants: la génération sandwich se sent coincée.

Un nouveau sondage laisse entendre que plus de la moitié des Canadiens âgés de 45 à 64 ans appartiennent à une « génération sandwich » qui se sent coincée entre les exigences des soins à prodiguer à leurs parents vieillissants et à leurs propres enfants.

 

Selon ce sondage, réalisé pour le compte de BMO Nesbitt Burns, 55 % des membres de cette tranche de la population prennent soin à l’heure actuelle de leurs enfants, de parents, de beaux-parents ou d’autres membres de la famille.

 

Près du tiers des 800 personnes ayant pris part à l’enquête, menée par Pollara, ont dit prendre soin d’un membre de la parenté plus âgé.

 

Deux personnes sondées sur cinq ont dit craindre que le fait de devoir s’occuper des autres réduise leur capacité d’atteindre leurs principaux objectifs financiers, dont l’épargne pour la retraite. Les gens de la génération sandwich ont l’impression d’être coincés et ils sont forcés de revoir tout un éventail de priorités financières, du remboursement du prêt hypothécaire à l’épargne-retraite, en passant par l’épargne en vue des études des enfants, a affirmé Sylvain Brisebois, directeur régional chez BMO Nesbitt Burns.

 

Épargne-retraite

 

Le stress associé aux soins à donner aux enfants et à des parents vieillissants, à la conciliation travail-famille et à l’exécution des tâches quotidiennes peut faire en sorte de reléguer l’avenir et l’épargne-retraite au second plan, a-t-il ajouté.

 

Le sondage a été réalisé en ligne par Pollara auprès d’un échantillon de 800 Canadiens âgés de 45 à 64 ans, entre les 29 et 31 juillet.

 

L’Association de la recherche et de l’intelligence marketing (ARIM), association sans but lucratif qui représente tous les aspects de l’industrie du sondage, estime que les enquêtes en ligne ne peuvent pas présenter une marge d’erreur définitive en raison de leur méthode d’échantillonnage non aléatoire.

 

D’ici 2031, l’avancée en âge des générations déjà en place, particulièrement celles du baby-boom (1946-1966), fera doubler à elle seule le nombre d’aînés, indiquait une analyse publiée en 2012 par l’Institut de la statistique du Québec.

 

« Le vieillissement démographique et ses conséquences sur la vie sociale et économique posent de grands défis à la société québécoise, autant pour les individus et leurs proches que pour l’ensemble de la collectivité », peut-on également lire dans une vaste analyse du vieillissement démographique de la province, commandé par le gouvernement du Québec et rendue publique il y a deux ans.


Avec Le Devoir

6 commentaires
  • Louka Paradis - Inscrit 13 août 2014 08 h 27

    Rien de nouveau

    Les gens qui ont du coeur se sont toujours occupés de leurs parents âgés et de leurs enfants. Il n'y a rien de dramatique ni d'héroïque dans ces faits.

    • Jacques Patenaude - Abonné 13 août 2014 08 h 51

      Assez d'accord avec vous. Un peu tanné des analyse "générationnelles" victimisantes. Oui nous avons besoin de meilleures projets de conciliation travail-famille, de meilleures ressources pour les personnes âgées. Je suis contre les coupures de services que font les gouvernements mais je ne me sent victime parce que je m'occupe de mes parents et de mes petits enfants.

    • Grace Di Lullo - Inscrit 13 août 2014 13 h 11

      Je suis très heureuse d'avoir eu ces dernières années avec mon père. Je ne regrette rien. Maintenant, c'est ma mère que je dois aider et cela me va tout autant. C'est la vie. Ils ont été là dans mes beaux et pires moments et cela est tout à fait normal pour moi d'en faire tout autant.

      J'ai fait le choix de placer plus de poids vers la famille au dépens du travail. J'ai la chance de pouvoir travailler en grande partie de la maison, tout en ayant des activités professionnelles dans un milieu de travail. Certains diront que cela est générationnel et féminin, moi je me dis que cela est humain.

      Avec les années., je constate le peu de ressources disponibles pour aider les ainés et les aidants. Malgré les coupures, je constate la qualité des gens dans le réseau de la santé et des services sociaux.

      Il faut également constater qu'il faut repenser le milieu de travail et le milieu des soins.

      Non nous ne sommes pas des victimes des gens qui nous ont aimés et que nous aimons.

      Salutations.

    • Jacques Gagnon - Inscrit 13 août 2014 14 h 21

      Ça alors, vous ne savez visiblement pas de quoi vous parlez. Quand vous travaillez et que votre père ne peut rester seul une seule minute, c'est un grave problèeme pour vous car les services n'existent pas et vous devez espérer une place dans un mouroir qu'on appelle CHSLD. Un CHSLD qui sera probablement loin de chez-vous et dans lequel vous ne souhaitez vraiment pas que votre aille, mais que ferez-vous si vous n'êtes pas assez riche pour payer des gens pour le surveiller quand vous êtes absent ? Si vous pouvez le faire, vous sera alors au moins inquiet toute la journée.

      De plus, vous aussi vous êtes fatigué, la vie vous devez la gagner durement et souvent la maladie ou les besoins de votre père finiront par vous tuer aussi. Qui est gagnant ? On ne parle ici que d'inquiétude. Je suis révolté par toute cette insensibilité démontrée ici. On parle de personnes âgées qui sont faibles et non autonomes, incontinentes que l'on ne peut laisser une minute sans surveillance.

  • Louise Blanchard - Abonné 13 août 2014 09 h 01

    Et la génération « club-sandwich » ?!

    Un nouveau sondage devrait suivre, portant sur la situation de la génération « club-sandwich », celle des baby-boomers partagés, voire écartelés, entre l'attention à donner à leurs parents âgés, à leurs enfants et à leurs petits-enfants. Libérés bien souvent des contraintes du travail, ils peuvent passer beaucoup de temps à aider ceux qui les précèdent et ceux qui les suivent, et à répondre, dans bien des cas, aux besoins financiers des uns et des autres. L'épargne-retraite peut voler vite en éclats et le fonds de retraite - s'il y en a un - peut être amputé ou hypothéqué pour longtemps. En découlent stress physique, stress psychologique, insécurité financière - des éléments qui n'annoncent pas une vieillesse dorée, ni moins de stress pour la génération suivante qui aura à prendre le relais. Même si l'aide apportée se fait dans un geste d'amour et de générosité individuel, la société doit prendre en considération ce phénomène car elle en paie aussi le prix, ultimement, dans ses services sociaux et de santé notamment.

    • Daniel Lemieux - Abonné 13 août 2014 16 h 36

      Ajoutez à cela le maintien à domicile de nos aînés, prôné par l'État peu importe leur condition.

      L'épuisement psychologique des aidants - surtout ceux qui ont des enfants et des petits-enfants - doit être pris en considération et les coûts du maintien à domicile sont parfois considérables.

      La BMO aura beau produire ces sondages pour nous sensibiliser aux vertus de l'épargne pour la retraite, je suis bien d'accord avec vous.