Le FMI admet que l’austérité aggrave les inégalités sociales

Ce drapeau européen a été trafiqué par des manifestants qui jugent que l’austérité est un poison. Le dernier rapport du FMI indique en tout cas qu’elle ne sert pas les plus pauvres.
Photo: Agence France-Presse (photo) Filippo Monteforte Ce drapeau européen a été trafiqué par des manifestants qui jugent que l’austérité est un poison. Le dernier rapport du FMI indique en tout cas qu’elle ne sert pas les plus pauvres.

Washington — Des experts du Fonds monétaire international (FMI) ont estimé jeudi que l’austérité mise en oeuvre dans certains pays riches, parfois sous la pression du Fonds lui-même, avait contribué à creuser des inégalités sociales.

 

« La vaste consolidation budgétaire en cours dans plusieurs économies a fait naître des inquiétudes liées à son impact potentiel sur les inégalités », admettent les économistes du FMI dans leur rapport sur les inégalités, le deuxième de l’institution en moins de trois semaines. Selon eux, les plans d’économies budgétaires conduisent traditionnellement à des pertes d’emplois, qui ont tendance à renforcer les inégalités au détriment des moins favorisés, dont les revenus dépendent quasi exclusivement de leurs salaires.

 

Le FMI, qui négocie actuellement un plan d’aide avec l’Ukraine, a déjà reconnu qu’il avait sous-estimé l’impact de l’austérité sur la croissance, mais c’est la première fois qu’il évoque ses effets sur les inégalités sociales.

 

Les pauvres écopent davantage

 

Le rapport, qui ne représente pas la position officielle du Fonds, se penche notamment sur l’Europe, où cinq pays plombés par leur dette publique, dont la Grèce ou l’Irlande, ont dû se soumettre à des cures d’austérité en échange de l’aide de Bruxelles et du FMI. Selon ces experts, les inégalités ont augmenté dans environ la moitié des pays européens qui ont mené des ajustements budgétaires entre 2007 et 2012. Sur cette période, les 10 % les plus pauvres ont ainsi proportionnellement perdu plus de revenus que les classes moyennes en Grèce, et même plus que les 10 % les plus riches en Italie, selon le document.

 

S’inquiétant d’une montée générale des inégalités, les experts du Fonds préconisent des mesures qui sortent de la boîte à outils traditionnelle de l’institution. Afin d’épargner les programmes d’aide sociaux, ils suggèrent ainsi « d’augmenter les dépenses publiques à visées sociales » et de s’appuyer davantage sur une fiscalité plus progressive qui reviendrait à imposer les plus riches.

 

Les pays avec des taux d’imposition sur le revenu uniforme pourraient ainsi envisager des « taux plus élevés sur les plus hauts revenus que pour les classes moyennes », selon le rapport. Le Fonds appelle également à une hausse de l’imposition sur la propriété foncière, qui cible par nature les ménages plus aisés. « Ces taxes sont équitables et efficaces et il y a une marge considérable pour les augmenter dans de nombreux pays », indique le rapport.

7 commentaires
  • Guy Vanier - Inscrit 14 mars 2014 03 h 29

    Paroles,paroles,paroles!

    Du vent du FMI, comme d'habitude... Rien de nouveau, vous pouvez dormir encore un peut les super-riches! Mais le mur se rapproche de plus en plus.

  • Michel Vallée - Inscrit 14 mars 2014 03 h 49

    Qui l’aurait cru ?


    <<L’austérité (…) ne sert pas les plus pauvres.>>

    Alors, qui sert-elle ?

  • Denis Miron - Inscrit 14 mars 2014 10 h 14

    L'argent, c'est «Le sang des pauvres»

    Le temps, c’est de l’argent et l’argent, c’est «le sang des pauvres.» Titre du roman de Léon Bloy. On peut comprendre pourquoi, certains capitaux ont intérêt à prendre la fuite, à s’évader fiscalement comme des criminels, vers des endroits où le droit fiscal est en suspend …avec ce sang qui ne leur appartient pas.
    L’austérité, est une façon politiquement correct d’éliminer en douce, de tuer du monde , sans faire de vague dans les média, en ce sens que ça ne produit pas d’image spectaculaire. L’austérité est ce nœud coulant au cou de la classe moyenne, au cou des institutions qu’elle s’est donnée pour échapper à la barbarie des lois de la jungle qu’est devenu le marché fabriqué par la main qui se croit invisible, par aveuglement volontaire, et qui se cash derrière une fiscalité à deux vitesses avec la complicité de la classe politique sans éthique. Pendant qu’on nous accuse de vivre au-dessus de nos moyens, l’état accorde aux riches entreprises des baisses d’impôts très généreuses. «On plaide pour une responsabilisation individuelle, et on lance la classe moyenne dans une «croisade contre les impôts» qui n’est rien d’autres qu’une guerre contre ce que les impôts financent :l’éducation, la santé publique, les retraites, la culture, tout ce qui a permis à la classe moyenne de ne pas décliner dans les dernières années.Les très riches ont compris qu’ils ont tout à gagner à nous persuader que nous, nous n’existons que comme individus» Gabriel Nadeau Dubois Ici au Québec, il y a le PLQ,le PQ, et la plus évidente de toute,la CAQ, qui préconise ce type de

    • Denis Miron - Inscrit 14 mars 2014 11 h 20

      ....croisade

  • Franck Perrault - Inscrit 14 mars 2014 16 h 35

    Et la lumière fut....

    ....heureusement qu'il y a un interrupteur car comme le dit l'article, "Le rapport qui ne représente pas la position officielle du FMI..."
    On a eu peur, on se mettait à penser que le FMI changerait de doctrine, que nenni, braves gens, on éteint la lumière, rendormez-vous!

  • Patrick Asselin - Inscrit 14 mars 2014 16 h 41

    Tous les pays seront un jours soumis au FMI

    La stratégie des banques est simple:

    1- imprimer et prêter des tonnes d'argent virtuel (réserves fractionnaires)
    2- déficit hors contrôle après plusieurs années
    3- incapacité de rembourser la dette
    4- austérité imposée
    5- saisie d'actifs

    C'est donc une vaste opération de transfert de richesse des pays ruinés vers les banques.

    Quand les grands banquiers de ce monde débarqueront au Québec, ils voudront de l'immobilier, des ressources naturelles , Hydro-Québec, la SAQ etc ...

    • Guy Vanier - Inscrit 14 mars 2014 18 h 18

      La vrais bataille ce fait ici... Ce n'est pas nos politiciens en campagne électorale qui peuvent régler ça.

      Oui,
      <C'est donc une vaste opération de transfert de richesse des pays ruinés vers les banques. >
      tout est organisé présentement pour que la majorité des retraitées n'aurons plus rien à léger à leurs enfants... Les banques vont tout ramasser!