Le salaire des grands patrons augmente plus vite que celui des employés

Si les grands patrons gagnaient un revenu moyen de 105 fois supérieur à ceux des travailleurs canadiens en 1998, l'écart avait encore augmenté 14 ans plus tard.
Photo: Jacques Nadeau -Le Devoir Si les grands patrons gagnaient un revenu moyen de 105 fois supérieur à ceux des travailleurs canadiens en 1998, l'écart avait encore augmenté 14 ans plus tard.

Peu après l'heure du lunch, jeudi le 2 janvier, les dirigeants d'entreprise les mieux payés du Canada auront déjà gagné l'équivalent du salaire annuel de la majorité des Canadiens, selon une étude du Centre canadien de politiques alternatives.

L'organisme a calculé que les 100 Canadiens les mieux payés avaient récolté 7,96 millions $ en 2012. Le salaire moyen des travailleurs canadiens était de 46 634 $.

Il a ajouté que le salaire des grands patrons des entreprises inscrites à la Bourse de Toronto avait gonflé de 73 pour cent entre 1998 et 2012. En comparaison, le salaire moyen des Canadiens n'a grimpé que de six pour cent au cours de la même période.

Si les grands patrons gagnaient un revenu moyen de 105 fois supérieur à ceux des travailleurs canadiens en 1998, l'écart avait encore augmenté 14 ans plus tard. Le revenu des patrons les mieux rémunérés était de 171 fois supérieur à ceux des employés moyens.

Par ailleurs, le salaire minimum annuel pour un employé travaillant 40 heures par semaine était en moyenne de 20 989 $ en 2012.

L'auteur de l'étude, Hugh Mackenzie, a indiqué qu'il n'y avait pas de grandes relations entre les revenus des grands patrons et les normes pour mesure la réussite financière d'une entreprise, ajoutant que malgré les pressions des actionnaires, des médias et de la population en général, les revenus des principaux patrons n'ont pas reculé.

Selon l'étude, le patron le mieux payé au pays serait la tête dirigeante du Canada Pacifique (TSX: CP), Hunter Harrison, qui aurait gagné 49,1 millions $ en salaires, options d'achat et bonis en 2012. Suivent sur ce podium des patrons les mieux rémunérés: James Smith, de Thomson Reuters (TSX:TRI), à 18.8 millions $ et l'ancien haut-cadre de Talisman Energy (TSX:TLM), John Manzoni, à 18.67 millions $.

Le 100e patron le mieux rénuméré était Lino Saputo, de Saputo Inc. (TSX:SAP), à 3,85 millions $.

 
8 commentaires
  • Pierre Germain - Inscrit 2 janvier 2014 11 h 43

    Cela démontre une fois de plus le besoin criant d'une loi préservant le pouvoir d'achat des employés. En fait, les grands patrons d'entreprise arrivent à se payer ces salaires faramineux sur le dos de leurs employés dont ils:

    (i) ne reconnaissent pas l'apport à sa juste valeur,
    (ii) ne préservent pas le pouvoir d'achat, et
    (iii) se séparent aussi facilement qu'une vieille chaussette, sans aucun remord.

    Évidemment, nos gouvernements rampant devant Sagard ou Québécor, ce n'est pas demain la veille qu'un semblant de justice sociale sera rétabli. D'autant plus que même notre gouvernement provincial se fait un point d'honneur de ne pas préserver le pouvoir d'achat de ses employés.

  • Pierre Denis - Inscrit 2 janvier 2014 11 h 45

    Belle motivation.

    Y'a pas à dire. Ça donne le goût d'aller se faire exploiter.

  • Pierre Germain - Inscrit 2 janvier 2014 11 h 56

    Le monde économique foisonne d'exemples de mauvaise foi de la part des grandes entreprises envers leurs employés. En voici un parmi tant d'autres.

    Les grandes banques canadiennes remplacent une partie des augmentations salariales des caissières par des "bonus". Comme les bonus, contrairement aux augmentations salariales, ne se composent pas les précédents sur les suivants, il en résulte après seulement quelques années un effet dévastateur pour ces caissières dont le salaire réel s'en trouve diminué en terme de dollars réel versus le coût de la vie. Avec la différence ainsi épargnée, les grands patrons s'en mettent plein les poches, qu'ils soient efficients ou nuls, que l'économie aille bien ou pas!

    Toutes ces entourloupettes mérient une législation les interdisant mais nos gouvernements de guignols sans colonne s'écrasent à plat ventre devant les multinationales. Ils vont même jusqu'à déplacer le fardeau fiscal des entreprises aux particuliers!

  • simon villeneuve - Inscrit 2 janvier 2014 12 h 12

    Un des vrais problèmes !

    "L'auteur de l'étude, Hugh Mackenzie, a indiqué qu'il n'y avait pas de grandes relations entre les revenus des grands patrons et les normes pour mesure la réussite financière d'une entreprise,..."

    Il y a une grande relation par contre a savoir pourquoi les etats ont de la misere a boucler leurs budgets et pourquoi le travalleur de la classe moyenne a autant de difficulte !

  • alain dallaire - Inscrit 2 janvier 2014 13 h 08

    La misere des riches

    Pourquoi on appelle ça le privé ?
    Toujours en mode demande de subvention.
    Pis le chantage en prime. On va partir.
    La même chanson quand Madame Marois voulait augmenter le % d’impôt pour les plus haut Salarié.

    Pourtant les alumineries comme d’autres privés ont dû être rentable.
    Sinon ils auraient fermé les portes
    Comme le privé est rempli de personne lucide.
    Ils ont dû mettre beaucoup de Cash de côté pour les périodes creuse.
    Ils possèdent tellement le savoir et non la cupidité.

    Ben si vous n’êtes pas capables de faire de l’argent sans subvention.
    Fermer les portes les siphonneux…Un autre compétiteur va vous acheter sans demander de subvention.
    Tsé a un moment donné….
    Les forestières, les pétrolières, les pharmacies, les alumineries, les éoliens, les écoles privée, les firmes d’ingénieur, les mines etc…toujours en train de téter le gouvernement.

    Assez c’est assez. Garder vous un petit gène.
    Couper dans vos dépenses ou dans les salaires ou dans le personnel ou dans vos options d’actions.
    Gouter au remède de cheval que vous les lucides affairistes demander au gouvernement.

    Le Québec a vraiment un système très particulier ou les salariés ‘financent’ la grande entreprise, principalement par l’intermédiaire de l’impôt sur le revenu. Cela permet évidemment au politicien et bureaucrates d’exercer un pouvoir considérable sur la grande entreprise, alors que les coûts de leurs erreurs stratégiques et de leur mauvaise gestion sont absorbés par les travailleurs.(Exemple Mégantic)

    Pourquoi que j’engraisserais les plus riches par mes impôts.
    Je n’ai pas à payer pour les erreurs du privé.
    Je suis d’accord avec vous M. Lauzon si le privé a besoin d’argent allez voir les banques privées pour financer leur projet.

    Misère.