Les ministres de l'ALENA à Montréal - ZLEA: les États-Unis et le Canada dénoncent les «petites games» des pays du Sud
Photo : Agence Reuters
Robert Zoellick, Pierre Pettigrew et Fernando Canales étaient réunis, entre autres, pour marquer le 10e anniversaire de l’ALENA.
Les États-Unis et le Canada ont sonné la fin de la récréation hier en mettant en demeure les pays du Sud qui ont contribué à l'échec de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Cancún de mettre fin sans délai à leurs «petites games» afin d'aider la réalisation d'une éventuelle Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA).
«Les difficultés que nous avons connues à Cancún augmentent la responsabilité que nous avons de faire des progrès dans la Zone de libre-échange des Amériques», a déclaré hier à Montréal le ministre canadien du Commerce international, Pierre Pettigrew, au terme d'une rencontre de deux jours avec ses homologues américain et mexicain de la Commission de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). «Je sens que plusieurs pays de notre hémisphère, qui ont joué à Cancún leur main d'une certaine façon, réalisent qu'ils doivent jouer leur main différemment s'ils veulent obtenir l'accès au marché nord-américain.»
Se référant notamment au Brésil, à l'origine de la création de la coalition d'une vingtaine de pays en voie de développement (G20+) qui a tenu tête à l'Union européenne et aux États-Unis le mois dernier au Mexique, Pierre Pettigrew a trouvé, dans sa dénonciation des «petites games qui se sont jouées à Cancún», une oreille sympathique chez son invité, le représentant au Commerce des États-Unis, Robert Zoellick.
Observant à son tour que «certains pays du MERCOSUR» risquent de faire problème dans les efforts de sauvetage de la ZLEA au fur et à mesure qu'approche la date butoir du 1er janvier 2005, celui-ci a réitéré la menace de son gouvernement d'étendre, «d'une façon où d'une autre», les principes de l'ALENA à l'ensemble de l'hémisphère, que ce soit au sein de la ZLEA ou par la poursuite de négociations bilatérales.
Étroitement liées au cycle de Doha par leur échéancier, qui est le même que celui de l'OMC, ainsi que par l'imbrication de leurs enjeux respectifs, les négociations de la ZLEA se trouvent en sérieuse difficulté depuis l'échec de Cancún, particulièrement en ce qui a trait aux questions agricoles. Placées d'ici la fin sous la délicate coprésidence des États-Unis et du Brésil, ces négociations doivent s'intensifier à la fin du mois prochain à l'occasion d'une conférence ministérielle à Miami, avant de se déplacer au Mexique au début de l'année prochaine, à l'occasion d'une réunion extraordinaire d'urgence des 34 chefs d'État concernés.
L'ALENA comme modèle
Réunis, entre autres, pour marquer le 10e anniversaire de l'entrée en vigueur de l'ALENA, en janvier 1994, les trois ministres du Commerce ne se sont pas gênés hier pour servir au reste du monde leur accord commercial en exemple des bienfaits que peut apporter une libéralisation des échanges. Constituant le plus grand bloc commercial sur la planète avec environ le tiers de la richesse mondiale, l'ALENA aura notamment aidé le commerce américano-canadien à presque tripler entre 1989 et 2002, ont-ils noté.
C'est toutefois en augmentant la prospérité et la stabilité économiques du Mexique à coup d'emplois de qualité que l'ALENA a démontré qu'une intégration économique pouvait être profitable à la fois aux riches et aux pauvres, estime Robert Zoellick.
Les trois ministres n'ont pas caché leur manque d'enthousiasme à l'égard d'une plus grande intégration politique qui, à l'exemple de l'Union européenne, pourrait prendre la forme d'une union douanière. «Une union douanière nous apparaît surtout comme une fermeture à l'égard des partenaires étrangers», a plaidé Pierre Pettigrew.
«L'une des différences de l'ALENA, comme modèle, est qu'il se concentre sur le secteur privé, a ajouté Robert Zoellick. Pas seulement le monde des affaires, mais aussi [...] une variété d'institutions [de la société civile], que ce soit des médias, des entreprises, ou des ONG. C'est différent que de vouloir fixer des directives gouvernementales.»
Arrivé récemment en poste, le secrétaire mexicain à l'Économie, Fernando Canales, s'est montré hier solidaire de ses collègues. Il a néanmoins souhaité que ces derniers ne fassent pas subir à son économie les nouvelles mesures de sécurité adoptées à la suite des attentats du 11 septembre. Il a également rappelé que le chômage restait un problème brûlant dans son pays et que des ajustements en matière de loi sur l'immigration étaient souhaités.
D'ici là, les trois ministres ont annoncé qu'ils s'étaient entendus pour dorénavant permettre aux tiers partis de présenter des mémoires lors de poursuite commerciale engagée en vertu du fameux chapitre 11 de l'ALENA sur les investissements. Ils ont également annoncé que l'on se pencherait sur la possibilité de libéraliser les règles d'origine et d'harmoniser les tarifs de la nation la plus favorisée. Ils ont, enfin, salué la création d'un comité mixte dans l'épineux dossier du commerce de l'acier.
«Les difficultés que nous avons connues à Cancún augmentent la responsabilité que nous avons de faire des progrès dans la Zone de libre-échange des Amériques», a déclaré hier à Montréal le ministre canadien du Commerce international, Pierre Pettigrew, au terme d'une rencontre de deux jours avec ses homologues américain et mexicain de la Commission de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). «Je sens que plusieurs pays de notre hémisphère, qui ont joué à Cancún leur main d'une certaine façon, réalisent qu'ils doivent jouer leur main différemment s'ils veulent obtenir l'accès au marché nord-américain.»
Se référant notamment au Brésil, à l'origine de la création de la coalition d'une vingtaine de pays en voie de développement (G20+) qui a tenu tête à l'Union européenne et aux États-Unis le mois dernier au Mexique, Pierre Pettigrew a trouvé, dans sa dénonciation des «petites games qui se sont jouées à Cancún», une oreille sympathique chez son invité, le représentant au Commerce des États-Unis, Robert Zoellick.
Observant à son tour que «certains pays du MERCOSUR» risquent de faire problème dans les efforts de sauvetage de la ZLEA au fur et à mesure qu'approche la date butoir du 1er janvier 2005, celui-ci a réitéré la menace de son gouvernement d'étendre, «d'une façon où d'une autre», les principes de l'ALENA à l'ensemble de l'hémisphère, que ce soit au sein de la ZLEA ou par la poursuite de négociations bilatérales.
Étroitement liées au cycle de Doha par leur échéancier, qui est le même que celui de l'OMC, ainsi que par l'imbrication de leurs enjeux respectifs, les négociations de la ZLEA se trouvent en sérieuse difficulté depuis l'échec de Cancún, particulièrement en ce qui a trait aux questions agricoles. Placées d'ici la fin sous la délicate coprésidence des États-Unis et du Brésil, ces négociations doivent s'intensifier à la fin du mois prochain à l'occasion d'une conférence ministérielle à Miami, avant de se déplacer au Mexique au début de l'année prochaine, à l'occasion d'une réunion extraordinaire d'urgence des 34 chefs d'État concernés.
L'ALENA comme modèle
Réunis, entre autres, pour marquer le 10e anniversaire de l'entrée en vigueur de l'ALENA, en janvier 1994, les trois ministres du Commerce ne se sont pas gênés hier pour servir au reste du monde leur accord commercial en exemple des bienfaits que peut apporter une libéralisation des échanges. Constituant le plus grand bloc commercial sur la planète avec environ le tiers de la richesse mondiale, l'ALENA aura notamment aidé le commerce américano-canadien à presque tripler entre 1989 et 2002, ont-ils noté.
C'est toutefois en augmentant la prospérité et la stabilité économiques du Mexique à coup d'emplois de qualité que l'ALENA a démontré qu'une intégration économique pouvait être profitable à la fois aux riches et aux pauvres, estime Robert Zoellick.
Les trois ministres n'ont pas caché leur manque d'enthousiasme à l'égard d'une plus grande intégration politique qui, à l'exemple de l'Union européenne, pourrait prendre la forme d'une union douanière. «Une union douanière nous apparaît surtout comme une fermeture à l'égard des partenaires étrangers», a plaidé Pierre Pettigrew.
«L'une des différences de l'ALENA, comme modèle, est qu'il se concentre sur le secteur privé, a ajouté Robert Zoellick. Pas seulement le monde des affaires, mais aussi [...] une variété d'institutions [de la société civile], que ce soit des médias, des entreprises, ou des ONG. C'est différent que de vouloir fixer des directives gouvernementales.»
Arrivé récemment en poste, le secrétaire mexicain à l'Économie, Fernando Canales, s'est montré hier solidaire de ses collègues. Il a néanmoins souhaité que ces derniers ne fassent pas subir à son économie les nouvelles mesures de sécurité adoptées à la suite des attentats du 11 septembre. Il a également rappelé que le chômage restait un problème brûlant dans son pays et que des ajustements en matière de loi sur l'immigration étaient souhaités.
D'ici là, les trois ministres ont annoncé qu'ils s'étaient entendus pour dorénavant permettre aux tiers partis de présenter des mémoires lors de poursuite commerciale engagée en vertu du fameux chapitre 11 de l'ALENA sur les investissements. Ils ont également annoncé que l'on se pencherait sur la possibilité de libéraliser les règles d'origine et d'harmoniser les tarifs de la nation la plus favorisée. Ils ont, enfin, salué la création d'un comité mixte dans l'épineux dossier du commerce de l'acier.
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