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Acquisition de Pechiney: Alcan obtient trois feux verts

Claude Turcotte   30 septembre 2003  Économie
«L’accord avec le Département de la justice des États-Unis lève la dernière condition liée à notre offre publique d’achat visant Pechiney», a déclaré Travis Engen.
Photo : Jacques Nadeau
«L’accord avec le Département de la justice des États-Unis lève la dernière condition liée à notre offre publique d’achat visant Pechiney», a déclaré Travis Engen.
Alcan a obtenu hier trois importants feux verts dans sa démarche en vue d'acquérir la société française Pechiney. La multinationale canadienne a effet reçu l'aval des autorités réglementaires françaises, européennes et américaines, ce qui n'aurait pas été possible sans la flexibilité manifestée par la direction d'Alcan, qui devra se départir de certains actifs pour éviter de se retrouver en situation de monopole.

Il reste maintenant à Alcan à présenter une offre formelle d'acquisition des actions de Pechiney, ce qui requerra cette fois l'approbation de la Commission des opérations de Bourse en France et de la Securities and Exchange Commission aux États-Unis. Enfin, il restera aux actionnaires de Pechiney à voter pour cette offre publique d'achat de leurs actions. Dans tous les cas, cela ne devrait pas poser de problème. Le conseil d'administration de Pechiney a déjà annoncé son accord pour l'offre d'Alcan.

Prudence et flexibilité

En ce qui concerne les instances gouvernementales qui ont eu à donner le feu vert au projet d'acquisition, Alcan a manifesté cette fois assez de prudence et de flexibilité pour éviter de tomber dans le piège qui lui avait fait perdre Pechiney, il y a près de quatre ans. Cette fois, la direction d'Alcan, forte de l'expérience antérieure, a pris soin de sonder le terrain réglementaire avant de lancer son offre pour bien évaluer à quels compromis elle devrait s'astreindre pour que les autorités concernées ne s'opposent pas à son projet d'acquisition.

En fait, la Commission européenne et le Département de la justice américain ont donné hier un accord conditionnel à ce qu'Alcan se départe de certains actifs, ce à quoi la multinationale s'est engagée formellement. Elle confirmait hier que ces engagements représentaient environ 5 % du chiffre d'affaires cumulé pro forma non vérifié. On sait que le chiffre d'affaires d'une société fusionnée Alcan-Pechiney aurait un chiffre d'affaires de 24 milliards $US, selon les résultats de l'une et l'autre compagnie en 2002. La liquidation d'actifs à effectuer signifierait donc une baisse de 1,2 milliard sur ces revenus.

Pour répondre aux exigences de la Commission européenne, Alcan s'est engagé à céder sa participation de 50 % dans l'usine de laminage AluNorf ainsi que ses usines de laminage Gottigen et Nachterstedt ou alors les usines de laminage Neuf-Brisach, Rugles et, si nécessaire, Annecy qui appartient présentement à Pechiney. Alcan précise que les installations de coulée Latchford pourraient être ajoutées à l'un ou l'autre scénario.

En outre, Alcan s'est engagé envers la Commission européenne à accorder des licences portant sur les technologies d'affinage de l'alumine, les technologies de cuves d'électrolyse de l'aluminium et les conceptions des fours de cuisson des anodes, des domaines dans lesquels Pechiney est le leader mondial incontesté. Alcan s'engage aussi à éliminer le chevauchement provenant de ses propres activités avec celles de Pechiney dans les canettes aérosol et des cartouches en aluminium.

En ce qui concerne les États-Unis, Alcan se départira de l'usine de laminage de l'aluminium de Pechiney qui est située à Ravenswood en Virginie-Occidentale.

«L'accord avec le Département de la justice des États-Unis lève la dernière condition liée à notre offre publique d'achat visant Pechiney. Nous sommes heureux qu'avec les approbations obtenues du Conseil des marchés financiers et de la Commission européenne, l'offre puisse être lancée maintenant», a déclaré Travis Engen, président et chef de la direction d'Alcan. On prévoit que les organismes de réglementation en matière de valeurs mobilières en France et aux États-Unis donneront leur approbation «dans les jours qui viennent».

Offre révisée

L'offre révisée telle que déposée par Alcan le 12 septembre dernier a fait passer le prix par action de 41 à 47,50 euros, ce qui donnait hier 74,45 $CAN. L'offre prévoit un ajout d'un euro si la souscription fait l'objet d'une acceptation par les détenteurs d'au moins 95 % du capital et des droits de vote. Cette offre contient une partie numéraire et un échange d'actions. Quoi qu'il en soit, on parle d'une acquisition qui coûtera plus six milliards $CAN et le nouveau groupe qui sera formé aura près de 88 000 employés dans 50 pays.

Comme cette transaction a été largement anticipée sur les marchés boursiers, le titre d'Alcan n'a connu hier à la Bourse de Toronto qu'une légère hausse de 1,55 %, soit de 80 ¢, pour clôturer à 52,50 $.






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