Des profits records de 30 milliards pour les banques canadiennes

Toronto — Dernière des six grandes banques à dévoiler ses résultats financiers, la Scotia a affiché vendredi un bénéfice net de 1,52 milliard pour son quatrième trimestre, en hausse de 31 % par rapport l’an dernier et mettant fin à un exercice financier record au chapitre des profits, avec un bénéfice net de 6,47 milliards après 12 mois. Au total, les six banques ont cumulé un bénéfice net record avoisinant les 30 milliards en 2012.


La Scotia est la dernière des grandes banques canadiennes à dévoiler ses résultats trimestriels, et toutes ont fait état d’une amélioration de leurs performances. Ainsi, pour l’ensemble de l’exercice, les six ont cumulé un bénéfice net de 29,6 milliards, en hausse de 18 % sur celui de 25,1 milliards de l’exercice précédent. Au quatrième trimestre le résultat combiné atteint 7,3 milliards, en hausse de 19 % sur un an. Malgré cette bonne santé, certains craignent qu’elles ne fassent moins bien l’an prochain quand les économies nord-américaine et mondiale seront touchées par l’incertitude qui prévaut en Europe et aux États-Unis.


« La Banque Scotia affiche dans l’ensemble des résultats solides pour l’exercice. Le bénéfice net et les revenus ont atteint un niveau record, et l’apport de nos quatre secteurs d’activité a été excellent », a déclaré par voie de communiqué le chef de la direction, Rick Waugh. « Le positionnement de la banque est idéal pour que tous les secteurs d’activité de celle-ci poursuivent leur progression. » Le bénéfice par action s’est élevé à 1,18 $, ce qui se compare à un bénéfice de 1,16 milliard, ou 97 ¢ par action, l’an dernier.


M. Waugh a précisé que les quatre secteurs d’activité de la Banque Scotia relèveraient désormais de Brian Porter, qui a été nommé président de l’institution financière en octobre. Ce changement à la tête de la banque est généralement perçu comme une étape de la transition ordonnée vers une nouvelle direction planifiée par la banque. La Banque Scotia est la plus internationale des banques canadiennes. En tant que responsable des activités bancaires internationales, M. Porter a supervisé toutes les activités de ses services aux particuliers, aux petites et moyennes entreprises et aux grandes entreprises dans plus de 55 pays à l’extérieur du Canada.


Les services bancaires canadiens ont affiché un bénéfice de 481 millions pour le plus récent trimestre, contre 419 millions l’an dernier, tandis que le secteur des activités internationales a engrangé un profit de 453 millions, comparativement à 371 millions il y a un an. Le bénéfice du secteur mondial de la gestion de patrimoine s’est élevé à 300 millions, contre 262 millions en 2011, tandis que celui des services bancaires et des marchés mondiaux atteignait 396 millions, par rapport à 243 millions. La provision pour pertes sur prêts s’est établie à 321 millions au quatrième trimestre, contre 281 millions pour la période correspondante de l’exercice précédent, ce qui est attribuable en partie à la croissance des activités internationales de la Scotia.


Pour l’ensemble de l’exercice 2012 clos le 31 octobre, les profits se sont élevés à 6,47 milliards, ce qui constitue un record et une hausse de 21 % par rapport à l’exercice précédent. Le bénéfice par action s’est établi à 5,22 $, contre 4,53 $ en 2011.


La Banque Scotia a complété, le mois dernier, l’acquisition de la branche canadienne d’ING auprès de la compagnie mère néerlandaise, pour un total de 3,13 milliards.


D'après La Presse canadienne


9 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 8 décembre 2012 08 h 04

    La «juste part»

    Le banques canadiennes paient-elles leur «juste part» de l'impôt au Canada?
    (Y a-t-il un fiscaliste dans la salle)

    • Martin Blais - Inscrit 8 décembre 2012 11 h 43

      Pourquoi pensez-vous que les taux d'intérêt sont aussi bas depuis aussi longtemps ... emprunter à 1 % et prêter à plus de 5 %, c'est payant ! Ce sont les banques qui en profitent, pas la population !

      C'est tout aussi scandaleux quand on regarde leur rémunération : http://recto-verso.ca/?p=66

      Comme on dit, l'argent mène le monde !

      La solution : « Nationaliser le secteur bancaire ». Il semble que ce secteur soit trop névralgique pour le laisser entre les mains des vautours de la finance néo-libérale.

  • Gaston Carmichael - Inscrit 8 décembre 2012 08 h 41

    Bravo! Mais combien payent-elles en impôt?

    On sait que les actionnaires vont se partager $30 milliards. Au moins, il y en aura quelques-un qui vont passer de joyeuses fêtes.

    On aurait toutefois aimé savoir également combien ces banques contribuent au fonctionnement de la société. Pas en impôts reportés dans un futur indéterminé, mais effectivement déboursé.

    Il serait aussi intéressant de savoir combien de milliards ces magiciens de la finance ont réussis à faire évaporer dans des paradis fiscaux.

  • Lucie Mayer - Inscrit 8 décembre 2012 09 h 54

    D'où viennent ces profits?

    Entre autre, des frais imposés aux clients qui n'ont pas atteint un certain solde minimum au cours du mois. Pour ma part, si je n'ai pas $1000, on me charge $7.98. Même si j'atteins les $999.99. C'est du vol.

    Un autre vol du 1%, sur le dos des 99%.

    Si au moins les banques étaient proprement taxées...

  • Bernard Moffett - Inscrit 8 décembre 2012 14 h 12

    Impôts des banques pour 2011.

    Selon les données (disponibles sur le Web) de l'Association des banquiers Canadiens, les banques ont payé pour 2011 environ 10 Milliards.
    Il serait intéressant que des spécialistes nous en disent plus long sur les opérations des banques et sur les mécanismes de création de l'argent. Le visionnement des documentaire 'L'argent dette 1 et 2 de Paul Grignon' (http://www.youtube.com/watch?v=kgA2-bWXSN4) rend très perplexe sur le sujet et il semble que bien des mythes mériteraient d'être déboulonnés. Comme le mentionne les documentaires en citant Henry Ford: Si la population savait comment l'argent est créée, demain matin il y aurait la révolution. Ce qui y est raconté par exemple au sujet de la réserve fractionnaire est pour le moins renversant: avec un ratio de 1:10, de 1$ les banques obtiennent le droit d'en créer-passer 10. La Banque du Canada a commencé à opérer en 1934 et a depuis ce temps comme mission de maintenir la stabilité de la monnaie. Ce qui coûtait 100$ en 1934 coûte maintenant 1600$. Stabilité? Les autorités auraient avantage à s'expliquer. C'est pour quand la télédiffusion de ces documentaires ainsi qu'un débat sur ce sujet? On pourrait bien se passer d'Occupation double pour une soirée. Non?

    • Mario Jodoin - Abonné 8 décembre 2012 23 h 06

      «Si la population savait comment l'argent est créée, demain matin il y aurait la révolution. »

      Êtes-vous sérieux? Le peuple se fait exploiter par les détenteurs de capitaux depuis des siècles, et il ne fait rien! Et le mode de création de la monnaie (et non de l'argent) ne joue aucun rôle important dans cette exploitation.

      Le problème est plus la vision que nous avons de la monnaie que la façon dont elle est créée. Ces vidéos sont de la pure supercherie. On y dit que cette méthode est cachée, tandis qu'on l'enseigne dans tous les cours d'économie. Où est le problème dans cette méthode?

      Le principal problème surgit quand il y a une faille dans le réglementation, comme lors de la dernière crise. Sinon, ce système fonctionne bien. Il y a tant de problème dans le système capitaliste et dans le système financier en général que le mode de création de la monnaie est bien le dernier à m'inquiéter!

      «Ce qui coûtait 100$ en 1934 coûte maintenant 1600$»

      Encore là, où est le problème? En passant, le panier des biens de consommation en 1934 n'a rien à voir avec celui de 2012. Il est donc impossible de dire que ce qui coûtait 100 $ en coûte 1600$, car, la majorité des biens et services actuels n'existaient tout simplement pas en 1934!

      Le ratio de la valeur monétaire (ce qu'on obtient pour notre travail ou ce qu'on paye pour un bien ou un service) n'est qu'une convention humaine. Que ce ratio soit de quelque niveau que ce soit, cela ne change rien. Ça m'étonne toujours quand on dit que la livre vaut plus que le dollar! Tout dépend de combien on en a!

      Par ailleurs, l'inflation est beaucoup moins grave que ce qu'on en dit (tant qu'elle ne s'emballe pas pour devenir une stagflation)! Le problème est bien plus que les revenus d'intérêts, de dividende ou de gains en capitaux prennent de plus en plus de place et que la hausse des revenus de travail en prend de moins en moins.

      Bref, attention aux petites vidéos conspirationnistes du Web...

  • Bernard Moffett - Inscrit 9 décembre 2012 12 h 01

    @Mario Jodoin

    Merci pour votre avertissement. En effet, vaut mieux être prévenu qu'un prévenu. Toutes les suggestions sont bienvenues. Toutes? Évidemment pas. Il serait préférable en effet que plus de gens s'adonnent aux écoles de commerce. Ou encore que ces sujets soient abordés plus régulièrement et avec plus de rigueur, de façon à ce que l'on commence à percevoir un minimum de compréhension générale. Ce qui à mes yeux serait pour l'ensemble plus rassurant. C'est ce que je cherche. S'il y a erreur, l'autorégulation agira. Tous les organismes viables ont leurs anticorps parait-il. À part les écoles de commerce d'autres suggestions pour défricher tout cela?

    • Mario Jodoin - Abonné 9 décembre 2012 22 h 13

      «À part les écoles de commerce d'autres suggestions pour défricher tout cela?»

      Je ne suis pas friand des écoles de commerce qui véhiculent elles-mêmes très souvent leur idéologie. À moins que votre commentaire soit ironique...