Participation au capital des petites entreprises - La Caisse de dépôt s'en remet à l'expertise de la BDC
La Caisse de dépôt et placement du Québec s'en remet à l'expertise «petites entreprises» de la Banque de développement du Canada (BDC). Les institutions ont annoncé, hier, la conclusion d'une alliance à deux volets qui aura également pour effet de doubler, à terme, la présence de la Caisse dans le créneau bien particulier des placements privés se situant entre 0 et 2 millions de dollars. Une présence devenant indirecte.
C'est en réaction aux critiques accusant la Caisse de dépôt de ne pas s'intéresser aux petites entreprises que l'institution québécoise a mis sur pied, il y a sept ans, une filiale dédiée aux placements privés inférieurs à 2 millions de dollars. Accès Capital avait alors pris forme avec un portefeuille qui, en sept ans, a atteint les 150 millions de dollars d'investissements répartis entre 173 dossiers. Cette intervention spécifique de la Caisse a été l'objet d'une restructuration, hier.
Mais, loin de se retirer de ce segment, «on va continuer à s'intéresser aux PME. C'est notre façon de faire qui va changer», a insisté Henri-Paul Rousseau, président du conseil et directeur général de la Caisse de dépôt. «Notre force, c'est la moyenne et grande entreprise», a-t-il ajouté.
Participation de 50 %
L'entente, annoncée hier avec la BDC, prévoit l'achat, par l'institution fédérale, d'un intérêt de 50 % dans un portefeuille convenu de placements privés de 0 à 2 millions de dollars auparavant géré par CDP Capital d'Amérique (anciennement géré par CDP Accès Capital). La BDC assumera la gestion de ce portefeuille et versera une somme de 20 millions pour sa participation, qui pourrait passer à 28 millions selon l'évolution des valeurs sous-jacentes.
Ce portefeuille renfermera une cinquantaine des 173 dossiers initiaux, les autres étant soit fermés (une vingtaine), soit répartis entre trois filiales de la Caisse (dont une cinquantaine de dossiers étant récupérées par CDP Capital d'Amérique). On parle d'une valeur totale estimée entre 40 et 56 millions de dollars.
Le deuxième volet porte sur un renforcement du positionnement de la Caisse dans le segment des PME dans le cadre d'un partenariat avec la BDC prévoyant la création d'un fonds de 300 millions, détenus à parts égales, et dédié à la croissance des PME canadiennes. On cible, ici, les besoins en financement qui varient entre 250 000$ et 10 millions. «La période d'investissement prévue de ce fonds est de trois ans; les deux institutions s'engagent à investir 150 millions de dollars chacune. La gestion de ces nouveaux investissements sera sous la responsabilité de la BDC. Cependant, la Caisse continuera à investir directement dans les entreprises québécoises pour tout montant supérieur à 2 millions de dollars», peut-on lire dans le communiqué diffusé hier.
Le succès dans le nombre
Le numéro un de la Caisse rappelle que le segment des 0 à 2 millions est particulier. Le succès dans ce type de capital de risque repose notamment sur le nombre de transactions proposées. «La BDC en a fait sa spécialité. Elle a une rentabilité démontrée dans ce genre de placement.» M. Rousseau pense aux 21 000 clients de la BDC et à son réseau canadien de 80 succursales. Au Québec, «la Banque dessert plus de 7500 clients et possède un réseau de 18 succursales». Le portefeuille de prêts et d'investissements en capital de risque au profit des PME canadiennes représente environ 6,6 milliards de dollars, lit-on dans le communiqué de la Caisse. «La BDC consacre entre 35 et 50 % de son activité au Québec», a fait remarquer Henri-Paul Rousseau.
Quant à la performance, le rendement du portefeuille d'Accès Capital a été de -23,9 % en 2002. Il a été de -7,7 % sur cinq ans, de -6,7 % sur sept ans. En revanche, sur dix ans, la BDC a fait du 20 %. «La BDC a une rentabilité démontrée dans ce champ d'expertise, a repris M. Rousseau. Nous, notre ticket, c'est la moyenne et grande entreprise. Dans cette niche, Capital d'Amérique a fait du rendement de 15 % en sept ans avec ses placements privés.»
Le Fonds FTQ en lice
Le choix de la BDC s'est fait au terme d'un processus d'appel de soumissions. «La proposition de la BDC s'est avérée la plus avantageuse, tant en termes financier qu'en termes de développement d'affaires pour CDP Capital d'Amérique», a affirmé la Caisse. Le Fonds de solidarité des travailleurs (FTQ) était dans la course. «La Caisse a demandé des offres spécifiques à quelques entreprises. Nous étions du nombre», a déclaré le p.-d.g. du Fonds, Pierre Genest. Sans plus de détails, M. Genest a précisé que dans sa proposition, le Fonds a rappelé sa forte présence en régions, avec ses 17 fonds régionaux. Elle a également fait ressortir que le Fonds était déjà partenaire de la Caisse dans nombre d'entreprises composant le portefeuille d'Accès Capital. «Nous avons fait une offre pour l'ensemble du portefeuille de la Caisse. Nous voulions également l'approcher pour qu'elle participe dans nos fonds régionaux», a ajouté M. Genest.
Par son offre, le Fonds de solidarité voyait également une façon d'atténuer le niveau de compétition dans les régions. Notamment dans les 250 000$ à 2 millions, un segment où il peut être très coûteux d'opérer et dont le succès repose sur l'obtention d'une masse critique. «La BDC y était déjà présente et la Caisse de dépôt s'en éloigne, du moins directement. En cela, oui, on peut affirmer que le paysage s'améliore au chapitre de la compétition avec l'annonce de la Caisse», a ajouté Pierre Genest.
C'est en réaction aux critiques accusant la Caisse de dépôt de ne pas s'intéresser aux petites entreprises que l'institution québécoise a mis sur pied, il y a sept ans, une filiale dédiée aux placements privés inférieurs à 2 millions de dollars. Accès Capital avait alors pris forme avec un portefeuille qui, en sept ans, a atteint les 150 millions de dollars d'investissements répartis entre 173 dossiers. Cette intervention spécifique de la Caisse a été l'objet d'une restructuration, hier.
Mais, loin de se retirer de ce segment, «on va continuer à s'intéresser aux PME. C'est notre façon de faire qui va changer», a insisté Henri-Paul Rousseau, président du conseil et directeur général de la Caisse de dépôt. «Notre force, c'est la moyenne et grande entreprise», a-t-il ajouté.
Participation de 50 %
L'entente, annoncée hier avec la BDC, prévoit l'achat, par l'institution fédérale, d'un intérêt de 50 % dans un portefeuille convenu de placements privés de 0 à 2 millions de dollars auparavant géré par CDP Capital d'Amérique (anciennement géré par CDP Accès Capital). La BDC assumera la gestion de ce portefeuille et versera une somme de 20 millions pour sa participation, qui pourrait passer à 28 millions selon l'évolution des valeurs sous-jacentes.
Ce portefeuille renfermera une cinquantaine des 173 dossiers initiaux, les autres étant soit fermés (une vingtaine), soit répartis entre trois filiales de la Caisse (dont une cinquantaine de dossiers étant récupérées par CDP Capital d'Amérique). On parle d'une valeur totale estimée entre 40 et 56 millions de dollars.
Le deuxième volet porte sur un renforcement du positionnement de la Caisse dans le segment des PME dans le cadre d'un partenariat avec la BDC prévoyant la création d'un fonds de 300 millions, détenus à parts égales, et dédié à la croissance des PME canadiennes. On cible, ici, les besoins en financement qui varient entre 250 000$ et 10 millions. «La période d'investissement prévue de ce fonds est de trois ans; les deux institutions s'engagent à investir 150 millions de dollars chacune. La gestion de ces nouveaux investissements sera sous la responsabilité de la BDC. Cependant, la Caisse continuera à investir directement dans les entreprises québécoises pour tout montant supérieur à 2 millions de dollars», peut-on lire dans le communiqué diffusé hier.
Le succès dans le nombre
Le numéro un de la Caisse rappelle que le segment des 0 à 2 millions est particulier. Le succès dans ce type de capital de risque repose notamment sur le nombre de transactions proposées. «La BDC en a fait sa spécialité. Elle a une rentabilité démontrée dans ce genre de placement.» M. Rousseau pense aux 21 000 clients de la BDC et à son réseau canadien de 80 succursales. Au Québec, «la Banque dessert plus de 7500 clients et possède un réseau de 18 succursales». Le portefeuille de prêts et d'investissements en capital de risque au profit des PME canadiennes représente environ 6,6 milliards de dollars, lit-on dans le communiqué de la Caisse. «La BDC consacre entre 35 et 50 % de son activité au Québec», a fait remarquer Henri-Paul Rousseau.
Quant à la performance, le rendement du portefeuille d'Accès Capital a été de -23,9 % en 2002. Il a été de -7,7 % sur cinq ans, de -6,7 % sur sept ans. En revanche, sur dix ans, la BDC a fait du 20 %. «La BDC a une rentabilité démontrée dans ce champ d'expertise, a repris M. Rousseau. Nous, notre ticket, c'est la moyenne et grande entreprise. Dans cette niche, Capital d'Amérique a fait du rendement de 15 % en sept ans avec ses placements privés.»
Le Fonds FTQ en lice
Le choix de la BDC s'est fait au terme d'un processus d'appel de soumissions. «La proposition de la BDC s'est avérée la plus avantageuse, tant en termes financier qu'en termes de développement d'affaires pour CDP Capital d'Amérique», a affirmé la Caisse. Le Fonds de solidarité des travailleurs (FTQ) était dans la course. «La Caisse a demandé des offres spécifiques à quelques entreprises. Nous étions du nombre», a déclaré le p.-d.g. du Fonds, Pierre Genest. Sans plus de détails, M. Genest a précisé que dans sa proposition, le Fonds a rappelé sa forte présence en régions, avec ses 17 fonds régionaux. Elle a également fait ressortir que le Fonds était déjà partenaire de la Caisse dans nombre d'entreprises composant le portefeuille d'Accès Capital. «Nous avons fait une offre pour l'ensemble du portefeuille de la Caisse. Nous voulions également l'approcher pour qu'elle participe dans nos fonds régionaux», a ajouté M. Genest.
Par son offre, le Fonds de solidarité voyait également une façon d'atténuer le niveau de compétition dans les régions. Notamment dans les 250 000$ à 2 millions, un segment où il peut être très coûteux d'opérer et dont le succès repose sur l'obtention d'une masse critique. «La BDC y était déjà présente et la Caisse de dépôt s'en éloigne, du moins directement. En cela, oui, on peut affirmer que le paysage s'améliore au chapitre de la compétition avec l'annonce de la Caisse», a ajouté Pierre Genest.
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