Île d'Anticosti - Junex précisera le potentiel pétrolier

Attirée par le potentiel pétrolier prometteur de l'île d'Anticosti, Junex y réalisera des relevés sismiques au cours des prochains mois, de façon à déterminer où devraient être forés des puits d'exploration dès 2013. Si les recherches d'énergie fossile s'avèrent concluantes, l'entreprise compte utiliser la fracturation hydraulique pour tenter d'extraire ce pétrole de schiste. Et tout indique que cette méthode inédite au Québec ne fera l'objet d'aucune évaluation de ses impacts environnementaux.

Selon ce qu'a expliqué hier au Devoir Jean-Yves Lavoie, chef de la direction de Junex, les travaux des prochaines semaines devraient permettre d'identifier une dizaine de cibles de forage. L'entreprise sera par la suite en mesure de forer quatre ou cinq puits, et ce, dès l'an prochain. La phase subséquente d'exploration présentement envisagée devrait inclure en 2013 un programme de forage de puits verticaux afin de confirmer le potentiel, suivi par la suite d'une seconde phase de forages horizontaux et de « complétions ».

Ces complétions seront effectuées grâce à de la fracturation en profondeur, a fait valoir M. Lavoie. « Si on a la permission d'aller faire des essais, on va aller forer quelques trous à l'horizontale et on va les fracturer pour voir si on est en mesure d'extraire du pétrole », a-t-il précisé. De tels travaux nécessiteront le recours à des équipements plus imposants que ceux utilisés lors des forages verticaux. « Ça nous prend des partenaires qui ont l'expertise et qui ont la capacité financière pour suivre », a aussi expliqué M. Lavoie, sans plus de précision.

Si Junex va de l'avant en 2014 avec les travaux de fracturation sur Anticosti, ceux-ci seront effectués après la fin de l'évaluation environnementale stratégique (EES) lancée par le gouvernement Charest pour étudier les impacts des opérations de fracturation, notamment pour l'industrie du gaz de schiste. Le comité qui dirige l'EES doit remettre son rapport au ministre Pierre Arcand à l'automne 2013.

Le président du comité, Robert Joly, a déjà dit qu'il se pencherait sur le recours à la fracturation dans l'industrie pétrolière si des travaux étaient menés pendant la durée de son mandat. Pour le moment, tout indique donc que l'industrie pétrolière pourra mener des travaux de fracturation sans avoir à se soumettre au processus d'évaluation environnementale stratégique déjà en cours.

Le ministre Arcand s'en remet pour sa part au comité qui dirige l'EES. « Les enjeux relatifs aux opérations de fracturation, que celles-ci visent à extraire du pétrole ou du gaz, font partie du mandat donné à l'évaluation environnementale stratégique et le ministre s'attend à ce qu'ils soient traités. Le mandat du comité prévoit prendre en considération tous les autres impacts et toutes les autres questions pertinentes relatives à l'exploration et à l'exploitation des ressources pétrolières et gazières. Cela inclut l'aspect du pétrole de schiste », a répondu récemment par courriel Sarah Shirley, l'attachée de presse du ministre.

Junex contrôle cinq permis sur l'île d'Anticosti. Ceux-ci ont été délivrés en octobre 2007, selon ce qu'indiquent les documents officiels du ministère des Ressources naturelles et de la Faune. L'entreprise doit pour le moment débourser 9440,30 $ par année pour payer ses permis d'exploration, à raison de 10 ¢ l'hectare.

Selon Netherland, Sewell & Associates, une firme de consultants pétroliers basée au Texas et reconnue mondialement, le sous-sol situé sous les permis de Junex pourrait receler 12,2 milliards de barils d'or noir. Il s'agit toutefois d'une estimation du « pétrole non découvert initialement en place total ».

Junex, active dans la recherche de pétrole et de gaz de schiste, a inscrit trois lobbyistes au registre québécois. Ceux-ci ont notamment pour mandat d'effectuer des représentations « pour obtenir une prise de participation d'Investissement Québec sous forme de prêt, de participation au capital-actions de l'entreprise ou autre, afin de financer les activités de l'entreprise, notamment d'aider au développement d'un projet de production d'hydrocarbures et au développement de la division de forage pour, entre autres, l'achat d'équipement et l'embauche de personnel supplémentaire ».
3 commentaires
  • Pierre Bellefeuille - Inscrit 26 avril 2012 19 h 44

    La couleuvre et le renard!

    « L'exploitation des gisements pétroliers du Québec pourrait rapporter à la province 400 milliards $, révèle une étude de l'Institut économique de Montréal.

    Selon l'auteur de l'étude, Germain Belzile, plutôt que d'importer le pétrole, le Québec détient la possibilité d'exploiter les gisements de l'Île d'Anticosti, de la Gaspésie et de Old Harry. »

    Source : http://www.rcinet.ca/francais/nouvelle/13_05_20_20

    Ouf! Après la sortie du Conseil du patronat du Québec contre les médias sociaux en début de semaine, on nous fait miroiter les milliards dans l’exploitation du pétrole.

    Une nouvelle qui sort juste à point, surtout qu’une vaste campagne de peur a inondé les médias depuis trois mois : les étudiants doivent faire leur juste part et accepter une augmentation des frais de scolarité, autrement le Québec va vers la faillite. Tiens donc! Ça sent la stratégie du choc à plein nez, où le gouvernement sabote le conflit avec les étudiants, fait croire à la possibilité de la ruine de l’économie du Québec, et tout d’un coup, tombé tout droit du ciel : l’industrie pétrolière viendrait sauver le Québec!

    La femme de Paul Desmarais siège sur le conseil d’administration de l’Institut économique de Montréal! Un vice-président de Power Corp siège sur le conseil d’administration d’Hydro-Québec. Il y a deux ans, Hydro-Québec se départissait de ses parts dans l’industrie du gaz et du pétrole. Alors, à la fin, l’exploitation pétrolière rapportera surtout aux placements des Desmarais dans l’industrie pétrolière.

    Bizarre, j’ai vu une couleuvre, dont l’ombre projetée était celle d’un renard!

  • J. Hardy - Inscrit 26 avril 2012 20 h 14

    Quelques précisions

    Voici ce qui fut écrit par Léo-Paul Lauzon le 8 juillet 2010.
    "Le principal actionnaire et président de Gastem est Raymond Savoie, un ancien ministre libéral, et la compagnie a comme conseiller Jean Guérin, l’ancien président d’Hydro-Québec Pétrole et gaz. Le président de Junex est Jean-Yves Lavoie, un ancien dirigeant de SOQUIP, devenue une coquille vide, et le président du conseil est le lobbyiste André Caillé, l’ex-président d’Hydro-Québec. Comme ces bineries n’ont pas une cenne, elles ont vendu des droits et des actions de leurs entreprises à des firmes étrangères, comme Talisman, Forest Oil, Questerre, Molopo, etc. La compagnie suisse Pilatus, dont le président réside aux Émirats arabes unis, est le principal actionnaire de Pétrolia, qui a comme géologue en chef Bernard Granger, qui occupait le même poste chez Hydro-Québec Pétrole et gaz."

    La division Pétrole et Gaz d'Hydro-Québec fut rapidement liquidée sous Thierry Vandal, un ancien directeur de la Commission politique du Parti libéral du Québec sous Robert Bourassa.

    Les claims ont été donnés. Donnés à qui? Pétrolia, Junex et Gastem. Qui retrouve-t-on au sein de ces entreprises? André Caillé, Jean-Yves Lavoie et Jean Guérin.

    Pensez-y...


    Joey Hardy

  • Louise Lefebvre - Inscrite 26 avril 2012 22 h 31

    Inacceptable

    Il va falloir faire comme les étudiants et aller dans la rue...la fracturation hydraulique pour le gaz de schiste et le pétrole est inacceptable, je ne sais si un jour le gouvernement va entendre raison et reculer.
    Quel québécois rêve au Texas...à part la minorité qui s'en mettra plein les poches!