Lockout chez Rio Tinto Alcan - Des syndicalistes de partout dans le monde manifestent à Alma

Les 780 travailleurs de Rio Tinto Alcan à Alma ont été mis en lock-out par la direction de la multinationale, le 30 décembre dernier.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Les 780 travailleurs de Rio Tinto Alcan à Alma ont été mis en lock-out par la direction de la multinationale, le 30 décembre dernier.

Alma - Une grande manifestation d'appui aux 780 travailleurs en lock-out de l'usine Rio Tinto Alcan s'est tenue aujourd'hui à Alma, au Lac-Saint-Jean.

La foule gonflée à bloc était composée des travailleurs et de citoyens d'Alma, fortement mobilisés. La population locale a été rejointe par de nombreuses organisations syndicales, d'aussi loin que l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud.

Selon le porte-parole syndical Marc Maltais, les enjeux de cette bataille dépassent les frontières de l'usine d'Alma, ce qui explique pourquoi toutes les bannières syndicales québécoises se sont pointées sur place. Il accuse au passage Rio Tinto de n'avoir aucun respect pour ses employés.

Les travailleurs sont dans la rue depuis maintenant trois mois et la question de la sous-traitance est au coeur du conflit.

Daniel Roy, directeur québécois des Métallos, s'est réjoui de voir une aussi grande mobilisation, alors que quelques milliers de personnes ont défilé dans les rues.

M. Roy a précisé que les parties ont été rappelé à la table de négociations par le médiateur. Les échanges ont repris, mais rien n'a filtré quant à la teneur des discussions.

«Il faut rappeler que les gens ne demandent pas d'augmentation de salaires, pas plus d'assurance collective, pas plus d'argent dans le régime de retraite, ce qu'ils veulent c'est assurer des emplois de qualité pour les générations futures», a tenu à souligner Daniel Roy.

Pour sa part, le député de Québec solidaire Amir Khadir a lancé une pointe au gouvernement du Québec. Il croit que l'État devrait se presser et imposer la ligne dure envers la multinationale.

«Le gouvernement doit cesser de se mettre à genoux devant la multinationale et exiger qu'elle respecte ses engagements envers les travailleurs du Québec», a dit Amir Khadir.

Quelques autres élus locaux et des étudiants opposés aux hausses des frais de scolarité s'étaient également joints aux manifestants.

  • Roland Berger - Inscrit 31 mars 2012 16 h 24

    L'individualisme syndical

    J'ose espérer que cette solidarité internationale sortira nombre de syndiqués d'ici et d'ailleurs de l'individualisme que leur a instillé les forces du capital, notamment leurs dirigeants.
    Roland Berger

  • Hermil LeBel - Inscrit 31 mars 2012 16 h 35

    Les corporations délinquantes qui bénificient de la corruption des valets polititiciens

    Pendant ce temps-là, Hydro-Québec achète avec votre argent au coût de dizaines de millions à chaque mois de l'électricité dont elle n'a pas besoin à plus de 4 fois le coût de production de la compagnie délinquante Rio Tinto Alcan. À l’heure actuelle, ses employés subissent un lock-out pour ne pas avoir à produire de l’aluminium pendant que le marché est déprimé. Sur le CA de RTA, on y découvre comme par hasard Paul Desmarais qui possède son homme de main également sur le CA d'Hydro-Québec en la personne de Michel Plessis-Bélair. Le dénominateur commun est le Sieur de Sagard et son ccercle de mercenaires omniprésents à l'Assemblée Nationale et dans tout l'appareil de l'état.

    • Roland Berger - Inscrit 31 mars 2012 20 h 23

      Je souscris entièrement à votre propos. Le Québec est entre les mains et à la merci du Sieur de Sagard, qui détermine son destin lors de réunions que Charest qualifie de « sociales ».
      Roland Berger

  • camelot - Inscrit 31 mars 2012 22 h 14

    De toute beauté

    Comme il est rafraîchissant de voir la solidarité syndicale mondiale s'unir ici au Québec. Ceci ouvre la porte à beaucoup d'espoir.

    De même de nos étudiants, garde-fou de la démocratie, qui méritent toute notre admiration dans leur quête. Ils sont notre espoir, notre relève, notre avenir.

  • Daniel Hémond - Inscrit 1 avril 2012 08 h 15

    Ça commence enfin à bouger au Québec

    Il me semble qu'il y a de la contestation dans l'air... les politiciens vendus aux multinationales seront très bientôt dépassées et passées à la moulinette... Il est déjà plus que temps de voire à nos affaires nous mêmes puisque les élus sont vendus avant même de poser leurs fesses à l'assemblée Nationale... La démocratie ça s'exerce tous les jours par le peuple souverain.

  • Hein - Inscrit 1 avril 2012 09 h 51

    Pour une grève internationale

    Il y a actuellement une crise du capitalisme, crise qui sera plus profonde qu’en 1929. Cette crise a été réglée de façon immonde par une guerre mondiale. Charest est comme les autres, Harper et ceux et celles qui se préparent à les remplacer lors des shows électoraux appliquent et appliqueront les mêmes politiques d’austérité que la bourgeoisie des autres pays. Les mêmes attaques se répètent partout : hausse des prix de l’énergie, attaque contre les régimes de retraite, hausse des frais de scolarité, nouvelles taxes, coupures dans le secteur public et fermetures massives d’usine. MABE Canada, Merch, Johnson&Johnson, Electrolux, Rocktenn, Shell, Papiers White Birch, Aveos et Caterpillar en Ontario ne représentent qu’une partie des fermetures. Le problème ce n'est pas les libéraux comme le disent les leaders étudiants mais le capitalisme en crise et son État endetté.

    Nous devons cesser de suivre nos faux amis des organisations syndicales et les politiciens comme ceux de QS qui veulent réformer le capitalisme. Il faut prendre le contrôle des luttes à leur place. Sinon ils détourneront nos luttes vers le cirque parlementaire ou la négociation de notre exploitation. Des manifestations et surtout une grève générale internationale c'est ce qu'il faut faire en élargissant les luttes au plus grand nombre en prenant exemple sur nos frères et sœurs, les prolétaires grecs. Les prolétaires de Grèce nous donnent l’exemple en s’unissant de plus en plus largement malgré le nationalisme et le corporatisme des syndicats, en rejetant les politiciens et en s’attaquant à toute la machine de l’État bourgeois comme lorsqu’ils ont assiégé le parlement qui approuvait les mesures demandées par les capitalistes européens.
    Ce n'est pas aux travailleurs à payer pour leur crise

    • Roland Berger - Inscrit 1 avril 2012 13 h 38

      «...et les politiciens comme ceux de QS qui veulent réformer le capitalisme », écrit Hein. Il me serait utile qu'il fournisse quelques arguments appuyant l'accusation qu'il porte contre le QS, ses membres et ses porte-parole. Son propos sent le préjugé à plein nez. Connaît-il au moins les grandes lignes du programme politique de ce parti ? Si oui, il devrait savoir que ce dernier recommande (recommandait avant lui) exactement ce qu'il invite les lecteurs du Devoir à faire.
      Roland Berger