Fermeture d'un autre centre de recherche à Montréal

Nouveau coup dur pour le secteur pharmaceutique au Québec. La multinationale AstraZeneca a annoncé hier qu'elle ferme son centre de recherche et développement de Saint-Laurent, dans l'ouest de l'île de Montréal. Cent trente-deux personnes perdront leur emploi d'ici juin prochain.

Avec cette fermeture, l'entreprise réduira son personnel au Canada de près de 20 %. Mais hier, le doute planait sur la possibilité que d'autres centres au pays subissent le même sort. La filiale canadienne de la société anglo-suédoise compte plus de 800 employés au pays et y investit chaque année 100 millions en recherche. Les installations québécoises menaient des travaux liés au très lucratif créneau des médicaments de lutte contre la douleur chronique.

Les employés du Québec n'ont pas été les seuls à se faire montrer la porte hier. Le groupe est en effet engagé dans un processus de compressions à l'échelle du globe. En tout, le siège social d'AstraZeneca, à Londres, a annoncé hier environ 7300 mises à pied, dont 1800 postes dans ses 14 principaux sites de recherche et développement. AstraZeneca a notamment annoncé 1150 mises à pied aux États-Unis, soit environ 24 % de son effectif américain. Elle fermera par ailleurs son centre de recherche et développement à Sodertalje, en Suède, qui se concentrait sur la recherche en neurosciences.

Malgré les congédiements, le groupe s'est dit «engagé à conserver une présence importante au Québec et au Canada» en continuant «à investir dans des partenariats en recherche et en soins de santé», sans donner plus de détails.

AstraZeneca compte 12 lobbyistes inscrits au registre québécois. Jusqu'en décembre dernier, ceux-ci avaient notamment un mandat de «représentations afin qu'une orientation soit prise afin d'assurer le maintien ou l'amélioration d'un environnement de recherche et de développement de l'industrie des sciences de la vie au Québec».

La série noire du secteur pharmaceutique se poursuit donc, avec cette troisième fermeture annoncée en moins de trois semaines. Le 10 janvier, le groupe américain Johnson & Johnson a annoncé la fermeture de son centre de recherche de la métropole, entraînant la mise à pied de 126 travailleurs. Le lendemain, Sanofi Canada a supprimé une centaine d'emplois à son centre de recherche et développement de Laval. En 2010, la multinationale Merck avait elle aussi annoncé la fermeture d'un centre de recherche et la mise à pied de 180 personnes.

Le Parti québécois a déploré cette nouvelle fermeture. «Le constat est navrant: alors que le Québec était considéré il y a dix ans comme un des endroits de prédilection dans le monde pour investir, les compagnies pharmaceutiques novatrices font maintenant l'évaluation que nous ne sommes plus dans le coup. Ainsi, lorsque des réorganisations mondiales surviennent, c'est Montréal qui écope et d'autres juridictions, comme l'Ontario, bénéficient de nouveaux investissements», a affirmé le député de Saint-Jean et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'emploi et de solidarité sociale, Dave Turcotte. Il en impute la faute aux libéraux, qui n'auraient pas, à son avis, su freiner cette saignée dans un secteur où les emplois sont souvent bien rémunérés.
  • Yvan Dutil - Inscrit 3 février 2012 08 h 36

    Pas de problème

    Bah, Au rythme auquel on nivèle par le bas le programme d'éducation, on ne pourra même plus produire de scientifiques.

  • Albert Descôteaux - Inscrit 3 février 2012 09 h 18

    perte d'emplois de qualité

    C'est vraiment désolant de voir fermer un à un ces centres de recherche de sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques qui faisaient la fierté de la région montréalaise et du Québec il y une dizaine d'années.

    Certainement, le gouvernement Charest n'a pas appuyé cette industrie porteuse d'empois de qualités. En effet, une grande partie des travailleurs de cette industrie ont des diplomes de 2e et 3e cycles.

    L'ancien PM Bernard Landry a toujours été un supporteur de ces entreprises qui donnaient un sens à l'expression "économie du savoir". N'était-ce pas l'avenir qui se dessinait pour le Québec? Maintenant, on voit bien que pour Charest et cie, l'économie du savoir ne les intéresse pas. On préfère subventionner à grands frais des emplois dans l'exploitation des ressources naturelles, emplis qui ne nécessitent souvent qu'une éducation de niveau secondaire pour faire rouler un camion ou "opérer une pelle mécanique.

    Pendant ce temps, des pays asiatiques tels la Chine et Singapour investissent à plein dans le recherche biomédicale, car ils savent très bien que les retombées seront énormes. Nous, on leur vendra du minerai et du pétrole pour alimenter leurs économies.

  • Sylvain Auclair - Abonné 3 février 2012 10 h 15

    La recherche devrait être publique

    La recherche pour les médicaments devrait être publique et collaborative, plutôt que privée et secrète. La science progresserait plus rapidement et on serait moins tenté de tourner certains coins rond.

    Seule le fabrication des médicaments devrait être l'œuvre de l'entreprise privée.

    Et pour les coûts, demanderez-vous? De toute manière, c'est déjà les gouvernements qui casquent le plus via leurs achats massifs de médicaments. Ça ne changerait pas grand-chose.

  • Normand Chaput - Inscrit 3 février 2012 13 h 20

    bien d'accord avec Auclair

    Il faut abolir les brevets. Dand tous les domaines. Cela éliminerait les cartels. De quel droit certains s'approprient le génie humain.

  • hexa - Inscrit 3 février 2012 13 h 42

    coopératives ?

    Je suis aussi d'accord avec M. Auclair et c'est t'autant plus vrai que de donner pour la recherche à des organisme qui finances des companies privées pour ensuite nous revendre les médicaments me semble pour le moins un non-sens.

    Mais dans le cas de fermeture de ce genre et cette perte de talent, ne pourrait t'on pas songer à financer l'émergence de coopératives d'ex-employés pour racheter les locaux et équipements de l'entreprise pour poursuivre le même genre d'activités et ce au profit des travailleurs ?

    Il me semble qu'un genre d'incubateur de coopératives dans ce genre de situations pour plusieurs domaines, comme c'est le cas des incubateurs de startup technologiques privés serait un atout majeur dans la rétention des emplois et de l'expertise et un atout essentiel dans la négociation de subventions en général...

    N'est-ce pas ?