Des riches plus riches, un revenu moyen qui stagne

Dans le classement des 100 Canadiens les plus fortunés, les frères André et Paul Desmarais Jr. se classent respectivement au 68e et au 71e rang.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Dans le classement des 100 Canadiens les plus fortunés, les frères André et Paul Desmarais Jr. se classent respectivement au 68e et au 71e rang.

Ottawa — Une étude nouvellement publiée conclut que les 100 Canadiens les plus fortunés ont un revenu annuel désormais 189 fois plus élevé que la moyenne canadienne, et que l'écart continue de croître.

Pour tirer de telles conclusions, la recherche du Centre canadien des politiques alternatives s'est attardée aux rapports financiers des entreprises inscrites à la bourse S&P/TSX, de Toronto.
 
L'économiste Hugh Mackenzie a conclu qu'en 2010, le revenu moyen des 100 Canadiens les plus riches s'est élevé à 8,38 millions $, comparativement à 44 366 $ pour la moyenne des Canadiens.
 
En 1998, les 100 plus riches gagnaient 105 fois plus que le Canadien moyen.
 
De plus, en 2010, dans le calcul de leur revenu moyen, les plus riches ont collectivement profité d'une hausse appréciable de 27 % par rapport aux 100 plus fortunés de 2009, à peine un an plus tôt, dont le revenu moyen avait atteint 6,6 millions $.
 
Entre-temps, les revenus des Canadiens moyens ont fait du sur-place au cours des dernières années.
 
Ce mardi 3 janvier, à midi, un membre du palmarès des 100 plus riches aura déjà empoché le revenu que le Canadien moyen mettra toute l'année à gagner, selon l'étude.
 
Le revenu le plus élevé de 2010 au Canada a été empoché par l'homme d'affaires Frank Stronach, fondateur du manufacturier de pièces d'automobiles Magna International; il s'est élevé à 62 millions $. Les deuxième et troisième rang sont occupés par des dirigeants de la même compagnie, Donald Walker et Siegfried Wolf.
 
Parmi les Québécois inscrits au classement figurent Marc Tellier, de Yellow Media (35e), Claude Mongeau, du Canadien National (47e), Marc Parent, de CAE (50e), André Desmarais et Paul Desmarais Jr, de la Corporation Power (68e et 71e), Louis Vachon, de la Banque Nationale (69e), Pierre Duhaime, de SNC-Lavalin (80e), Pierre-Karl Péladeau, de Quebecor (83e), Robert Dutton, de RONA (98e) et Pierre Beaudoin, de Bombardier (100e).
31 commentaires
  • northernbud - Inscrit 3 janvier 2012 10 h 32

    Dégoûtant

    Et dire qu'il y'a encore du monde pour prendre la défense et faire la promotion des idées libertariennes qui ont mené à ça ! Je me demande parfois si ces gens ne devraient pas aller se faire examiner.
    Autant le communisme pur et dur (où tout le monde était supposé être égal en fortune) était une utopie autant la direction prise actuellement par notre société me semble malsaine, intenable, dangereuse...
    Jusqu'où allons nous laisser cette situation se dégrader avant que le navire ne coule ?

  • Denis Pageau - Inscrit 3 janvier 2012 10 h 52

    Il faut mettre en place deux limites supérieures

    Pour que le système capitaliste fonctionne bien, il faut que la main invisible fonctionne. Or présentement, la main invisible est dysfonctionnelle. Quoiqu'il y a des limites inférieures pour l'accumulation de la richesse et des salaires, nous ne pouvons valoir moins que zéro, et, en théorie il y a un salaire minimum, il n'y a pas de limite supérieure.

    En tant que copropriétaire de nos organisations sociétales, nos sociétés. Nous devrions implémenter des processus de gestion sur l'accumulation de la richesse et les écarts salariaux.

    Denis Pageau
    www.oicgss.org

  • Gilbert Talbot - Abonné 3 janvier 2012 10 h 53

    Et les plus démunis eux ?

    Cette injustice flagrante n'est pas nouvelle, mais avec 44,000$ par année on peut encore vivre convenablemen. Cependant que dire de vivre avec le BS ? 575$ X mois X 12 = 6 9000 $ par année. On pourrait fournir un revenu décent, un revenu minimum garanti à tous les citoyens simplement en imposant un peu plus les énormes salaires de ces cent plus riches pour alimenter la caisse des plus pauvres. Par exemple, si on doublait ce revenu minimum de 6900$ et on le mettait à 14,000$, pour faire un chiffre rond. Ce serait une augmentation de 7,0000$ par BS. Et supposons qu'il y a 500,000$ personnes sur le BS actuellement (chiffre supposé pour le calcul actuel. je ne connais pas le nombre réel). Alors 500,000 X 7,000 = 3,500,000$, soit même pas la moitié d'un seul de ces salaires des 100 plus riches fixés à 8,38 millions, par Hugh MacKenzie, dans cet article. Et si vous divisez ce 3,500,000$ X 100 = 35,000$ par milliardaire. Leur revenu moyen serait encore de 8,380,000- 35,000 = 8,379,965$. Un milliardaire peut vivre encore très convenablement avec ce salaire. Pourquoi n'est-ce pas aussi simple que ça pour un gouvernement de rétablir un peu moins d'inégalité entre les revenus, plutôt que d'accentuer constamment l'écart entre les plus riches et les plus pauvres ?

  • Claude Kamps - Inscrit 3 janvier 2012 11 h 09

    @ G. Talbot....correction de calcul...

    7000.00$ x 500.000=3.500.000.000 ou 3 milliards 500 millions...
    Votre calcul donnerait 7.00 de plus par an à 500.000 personne...

    Mais je convient que les plus pauvres d'entre nous sont vraiment en bas du revenu minimum pour survivre.
    Vivre avec ce revenu veut dire obliger les gens à voler pour survivre, mais ce supplément est payé par les assurances vols des magasins et pas par Charest....

  • Yvan Dutil - Inscrit 3 janvier 2012 11 h 21

    Heu! les maths c'est pas votre fort

    @Gilbert Talbot 500,000 X 7,000 c'est 3,5 G$. Il vout manque un facteur 1000!