Congrès de l'Union des banques arabes - Au-delà des «dangers géopolitiques»
Photo : Jacques Nadeau
Un des invités les plus remarqués au congrès aura été Earl Anthony Wayne, secrétaire d’État adjoint aux Affaires économiques et commerciales des États-Unis (au centre).
L'Union des banques arabes tient à Montréal un congrès sur un thème qui ne devrait étonner personne, à savoir «les affaires bancaires dans un monde différent». Comme le dit le Dr Joseph Torbey, président de cette association qui regroupe 350 banques et institutions financières installées dans plus de 60 pays, «le monde bouge, la région [où sont concentrés les pays arabes] bouge, ainsi que les institutions financières et la réglementation qui les régissent».
Le monde arabe vit en effet des secousses fort importantes dues à la guerre en Irak, à la situation israélo-palestinienne, aux menaces concernant l'Iran et quoi encore. Le Dr Torbey résume tout cela dans une formule fort diplomatique mais sans doute exacte: «les dangers géostratégiques», lesquels n'ont pas à ses yeux forcément rapport avec les problèmes du terrorisme international et du blanchiment d'argent, deux thèmes qui, après le choc du 11 septembre 2001, devaient dominer ce congrès, prévoyait-on au moment où l'on annonçait, le 18 janvier 2002, la tenue de ce congrès pour la première fois à Montréal. «L'industrie bancaire est secouée», disait alors le Dr Torbey.
Le moins que l'on puisse dire aujourd'hui est que les banques arabes se sont fort bien remises de ce choc. Dans son discours d'ouverture hier matin, le Dr Torbey affirmait que l'industrie bancaire dans le monde arabe a connu une croissance soutenue au cours des dernières années, en dépit des événements défavorables qui ont eu lieu dans la région et dans le monde.
Croissance de 7,3 % en 2002
En 2002 par exemple, le secteur bancaire arabe a enregistré une croissance de 7,3 % de ses actifs pour atteindre 614 milliards $US. Les dépôts des clients ont augmenté de 8,5 % pour totaliser 328 milliards et les prêts ont bondi de 11,4 % pour grimper à 419 milliards. Par ailleurs, la capitalisation s'est accrue de 7,9 % pour un total de 55,7 milliards. La solidité du système est assurée grâce à un ratio de capital qui dépasse 15 %. Enfin, 75 banques arabes se sont ajoutées à la liste des banques internationales.
Le Dr Torbey souligne cependant qu'il y a des différences importantes entre les banques, selon les pays où elles sont situées. Il y a dans le monde arabe des banques qui sont tout aussi performantes que les banques occidentales et d'autres dans les pays en développement qui présentent une rentabilité nettement plus basse. Les chiffres mentionnés pour 2002 sont donc une moyenne générale pour l'ensemble des banques arabes.
L'Union des banques arabes avait choisi de tenir ce congrès à Montréal après les attaques terroristes à New York le 11 septembre 2001. Depuis, il y a eu la guerre en Irak dont les conséquences sont encore très présentes dans toute la région et à tous les niveaux, politique, sécuritaire et économique, constate le Dr Torbey. Ces deux événements à New York et en Irak imposent de nouveaux concepts dans les relations internationales et des changements radicaux dans les règles d'équilibre entre les pays, ajoute-t-il.
En parallèle, il y a la marche vers la globalisation et la libéralisation des marchés dans les services financiers et non financiers. Le système bancaire lui-même connaît des transformations radicales avec une déréglementation accrue, des mesures intensives contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. En somme, les banques arabes sont en mesure de mesurer toute l'ampleur de faire partie d'une économie globale.
Les discussions de Montréal qui ont commencé hier et qui se terminent aujourd'hui portent en somme sur les tendances émergentes dans les affaires bancaires et financières internationales, sur les accords de Bâle, le repositionnement des services, etc. On y parle aussi des possibilités d'investir au Canada, mais il y a surtout la reconstruction du Liban qui est en cours et celle de l'Irak qui est en train de commencer.
Outre les dirigeants de l'ensemble des institutions de l'industrie bancaire, il y a également les représentants de plusieurs banques centrales de pays comme le Qatar, le Soudan, plusieurs ministres, dont ceux évidemment du Québec et du Canada, sans oublier Andrée Corriveau, p.-d.g. du Centre financier international de Montréal, qui a invité l'Union des banques arabes à tenir ce congrès et qui a participé de près à son organisation.
Toutefois, l'un des invités les plus remarqués aura été Earl Anthony Wayne, secrétaire d'État adjoint aux Affaires économiques et commerciales des États-Unis, qui surveille de près, comme on le devine, toutes les activités des banques arabes, lesquelles ont en revanche également intérêt à bien connaître l'humeur de ce puissant interlocuteur.
Le monde arabe vit en effet des secousses fort importantes dues à la guerre en Irak, à la situation israélo-palestinienne, aux menaces concernant l'Iran et quoi encore. Le Dr Torbey résume tout cela dans une formule fort diplomatique mais sans doute exacte: «les dangers géostratégiques», lesquels n'ont pas à ses yeux forcément rapport avec les problèmes du terrorisme international et du blanchiment d'argent, deux thèmes qui, après le choc du 11 septembre 2001, devaient dominer ce congrès, prévoyait-on au moment où l'on annonçait, le 18 janvier 2002, la tenue de ce congrès pour la première fois à Montréal. «L'industrie bancaire est secouée», disait alors le Dr Torbey.
Le moins que l'on puisse dire aujourd'hui est que les banques arabes se sont fort bien remises de ce choc. Dans son discours d'ouverture hier matin, le Dr Torbey affirmait que l'industrie bancaire dans le monde arabe a connu une croissance soutenue au cours des dernières années, en dépit des événements défavorables qui ont eu lieu dans la région et dans le monde.
Croissance de 7,3 % en 2002
En 2002 par exemple, le secteur bancaire arabe a enregistré une croissance de 7,3 % de ses actifs pour atteindre 614 milliards $US. Les dépôts des clients ont augmenté de 8,5 % pour totaliser 328 milliards et les prêts ont bondi de 11,4 % pour grimper à 419 milliards. Par ailleurs, la capitalisation s'est accrue de 7,9 % pour un total de 55,7 milliards. La solidité du système est assurée grâce à un ratio de capital qui dépasse 15 %. Enfin, 75 banques arabes se sont ajoutées à la liste des banques internationales.
Le Dr Torbey souligne cependant qu'il y a des différences importantes entre les banques, selon les pays où elles sont situées. Il y a dans le monde arabe des banques qui sont tout aussi performantes que les banques occidentales et d'autres dans les pays en développement qui présentent une rentabilité nettement plus basse. Les chiffres mentionnés pour 2002 sont donc une moyenne générale pour l'ensemble des banques arabes.
L'Union des banques arabes avait choisi de tenir ce congrès à Montréal après les attaques terroristes à New York le 11 septembre 2001. Depuis, il y a eu la guerre en Irak dont les conséquences sont encore très présentes dans toute la région et à tous les niveaux, politique, sécuritaire et économique, constate le Dr Torbey. Ces deux événements à New York et en Irak imposent de nouveaux concepts dans les relations internationales et des changements radicaux dans les règles d'équilibre entre les pays, ajoute-t-il.
En parallèle, il y a la marche vers la globalisation et la libéralisation des marchés dans les services financiers et non financiers. Le système bancaire lui-même connaît des transformations radicales avec une déréglementation accrue, des mesures intensives contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. En somme, les banques arabes sont en mesure de mesurer toute l'ampleur de faire partie d'une économie globale.
Les discussions de Montréal qui ont commencé hier et qui se terminent aujourd'hui portent en somme sur les tendances émergentes dans les affaires bancaires et financières internationales, sur les accords de Bâle, le repositionnement des services, etc. On y parle aussi des possibilités d'investir au Canada, mais il y a surtout la reconstruction du Liban qui est en cours et celle de l'Irak qui est en train de commencer.
Outre les dirigeants de l'ensemble des institutions de l'industrie bancaire, il y a également les représentants de plusieurs banques centrales de pays comme le Qatar, le Soudan, plusieurs ministres, dont ceux évidemment du Québec et du Canada, sans oublier Andrée Corriveau, p.-d.g. du Centre financier international de Montréal, qui a invité l'Union des banques arabes à tenir ce congrès et qui a participé de près à son organisation.
Toutefois, l'un des invités les plus remarqués aura été Earl Anthony Wayne, secrétaire d'État adjoint aux Affaires économiques et commerciales des États-Unis, qui surveille de près, comme on le devine, toutes les activités des banques arabes, lesquelles ont en revanche également intérêt à bien connaître l'humeur de ce puissant interlocuteur.
Haut de la page

