Métro de Montréal: Zhuzhou recrute Julius Grey pour défendre ses intérêts

Dans une nouvelle tentative pour mettre le grappin sur le contrat de remplacement des voitures du métro montréalais, le constructeur chinois Zhuzhou Electric Locomotive a fait appel à l'avocat Julius Grey. L'entreprise menace de s'adresser aux tribunaux pour contester les critères établis par la Société de transport de Montréal (STM).

Dans l'avis international lancé vendredi dernier, la STM a précisé que les futurs wagons devraient être munis de pneumatiques. Elle exigeait également que les entreprises intéressées aient, dans les 15 dernières années, fabriqué des voitures utilisant cette technologie. Pour le constructeur chinois, qui propose plutôt des voitures dotées de roues d'acier, il s'agit là d'une manoeuvre pour l'exclure de la course et privilégier le consortium Alstom-Bombardier.

Me Grey a indiqué hier qu'il tentera de démontrer que cette exigence concernant les pneumatiques est déraisonnable. L'avocat évoque la possibilité de déposer une requête en jugement déclaratoire à la Cour supérieure au courant du mois de février.

Selon lui, les roues d'acier offrent de nombreux avantages. Elles permettraient notamment au métro montréalais de rouler en surface, une alternative moins coûteuse que la construction de tunnels. D'ailleurs, fait-il remarquer, la majorité des métros dans le monde ont recours à cette technologie.

Dans son avis international, la STM a accordé 30 jours aux entreprises pour manifester leur intérêt. Me Grey souhaite déposer sa requête avant la fin de ce délai. «On ne veut pas se retrouver devant un fait accompli. C'est plus difficile de défaire une chose, même illégale, que de l'empêcher», a-t-il expliqué.

Rappelons que le gouvernement du Québec et la STM, qui craignaient d'éventuelles poursuites devant les tribunaux, ont convenu la semaine dernière de lancer un avis d'intention à l'échelle internationale afin d'inciter les concurrents de Bombardier et Alstom à manifester leur intérêt. Si d'autres entreprises respectent les critères, la STM pourrait devoir lancer un nouvel appel d'offres, ce qui aurait pour effet de retarder la livraison du nouveau parc de wagons de métro.

Si aucun autre joueur ne se manifeste, elle pourra signer le contrat déjà négocié avec les constructeurs Alstom et Bombardier. Ce contrat prévoit la construction de 1053 voitures de métro à un coût évalué à plus de trois milliards de dollars.
2 commentaires
  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 27 janvier 2010 11 h 58

    C'est Zhuzhou qui est déraisonnable

    Je n'ai rien contre à ce que la compagnie chinoise participe à l'appel d'offre, surtout si ça permet, par la concurrence, d'avoir un meilleur deal pour Montréal.

    Cela étant dit, je trouve illogique leur argument que d'exiger des roues pneumatiques est déraisonnable ; c'est la technologie que nous utilisons actuellement, et il me semble qu'il leur serait facile de concevoir des roues pneumatiques pour se conformer à nos exigences. Changer tous les rails, car c'est ce que l'adoption de roues d'acier implique, m'apparait déraisonnable ; si, par exemple, vous magasinez une voiture ou une bicyclette, et que le concessionnaire vous dit qu'il n'en a qu'avec des roues d'acier, vous allez voir ailleurs non?

    De plus, si nous voulions avoir un métro hors-terre (que je doute qu'il soit adapté à notre climat), nul besoin d'avoir des roues d'acier ; il existe des pneus d'hiver pour voitures et bicyclettes, et c'est ce qu'on utilise.

    J'invite donc Zhuzhou à participer à l'appel d'offre avec des trains à roues pneumatiques.

  • Pascal MALLET - Inscrit 3 février 2010 12 h 46

    Choix technologique pour les 40 ans à venir

    Le choix du métro à pneus était surement pertinent il y a 40.
    Mais sa reconduction pour les 40 ans à venir ne doit pas être automatique, mais au contraire permettre une confrontation des meilleures technologies disponibles en 2010. A ce jour, le fer a été adopté par 97% de sréseaux dans le monde et le pneu par 3%. Est-ce un hasard ?
    Par ailleurs, dans cette confrontation, les coûts de transformation partielle et progressive des installations fixes doivent bien entendu être évaluées honnêtement. C'est ce débat qui s'ouvre aujourd'hui.