Les Molson: du hockey depuis 85 ans
Photo : Agence Reuters
Le Centre Bell, résidence du Canadien de Montréal. Un consortium dirigé par les frères Geoffrey, Andrew et Justin Molson vient de racheter l’équipe.
En 1923, quand l'homme d'affaires William Northey, le sénateur Donat Raymond et le patron du Canadien Pacifique Edward Beatty ont eu l'idée de bâtir un nouvel amphithéâtre de hockey dans ce qui était alors la métropole du Canada, ils ont pris contact avec des investisseurs potentiels. Parmi les premiers à répondre positivement à l'appel se trouvaient le colonel Herbert Molson, président de la brasserie du même nom, et son cousin William Molson. L'année suivante, le Forum de Montréal ouvrait ses portes.
Certes, le Forum avait été construit pour accueillir les Maroons de Montréal, l'équipe des «Anglais» de la ville. Mais, au bout de trois ans, il allait aussi devenir le domicile permanent du Club de hockey Canadien. Les Maroons n'ont pas survécu à la Grande Dépression et ont déclaré forfait au terme de la saison 1937-38. Moins de vingt ans plus tard, les Molson refaisaient surface alors qu'un autre sénateur, Hartland Molson, et son frère Thomas se portaient acquéreurs du Canadien. À part deux brefs intermèdes, l'association entre la famille et l'équipe n'a pas défailli depuis.
Par-delà les clivages linguistiques, c'est dire si «Molson» et «hockey» sont synonymes depuis un sacré bout de temps à Montréal et que l'achat du Canadien par le consortium dirigé par les frères Geoffrey, Andrew et Justin Molson annoncé samedi s'inscrit dans l'ordre naturel des choses.
Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a d'ailleurs reconnu le fait hier, saluant le retour du CH dans le giron québécois. «Ça, c'est important, et c'est une bonne nouvelle pour l'équipe», a-t-il dit.
Et le giron est d'autant plus proche de la population qu'en plus de deux partenaires des Molson, qui seraient BCE et le groupe Thomson, le Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs du Québec a fait savoir qu'il était également partie prenante au montage financier qui a mené à l'acquisition du Canadien, du Centre Bell et du Groupe Spectacles Gillett. Le Fonds avait déjà annoncé son adhésion au groupe conduit par Quebecor Media associé à René Angélil, mais il avait par la suite fait savoir que son offre n'était pas exclusive.
«Avec la participation du Fonds à ce rachat, nos actionnaires s'assurent d'une participation dans la propriété d'un actif de grande qualité qui est aussi un véritable morceau de notre patrimoine. J'ai la conviction que cette transaction s'avérera une bonne affaire pour nos 575 000 actionnaires», a déclaré le président de la FTQ et président du conseil d'administration du Fonds de solidarité, Michel Arsenault.
«Nous sommes fiers de nous associer au groupe Molson et nous sommes convaincus que, sous son leadership éclairé, nous pourrons tirer pleinement profit de cette belle acquisition», a ajouté le président du Fonds Yvon Bolduc.
Le Fonds a déjà détenu des parts dans les Nordiques de Québec et les Expos de Montréal.
Le ministre Bachand a par ailleurs réveillé hier de vieux fantômes en déclarant que l'offre d'un prêt gouvernemental de l'ordre de 100 millions par l'entremise d'Investissement Québec — et dont il semble que les Molson n'auront pas besoin — était aussi valable pour des investisseurs, peut-être des candidats malheureux dans le dossier du Canadien, qui voudraient établir une équipe de la Ligue nationale de hockey à... Québec. Un scénario qui demeure hautement hypothétique pour le moment, puisque la LNH fait preuve de sérieuses réticences devant tout déménagement de franchise, comme on l'a vu dans l'histoire de l'homme d'affaires Jim Balsillie et des Coyotes de Phoenix, et que Québec ne dispose pas d'un amphithéâtre suffisamment vaste et doté des loges d'entreprises qui sont devenues un élément incontournable dans le sport professionnel nord-américain.
«Le leadership doit venir de la communauté d'affaires de Québec, et il doit y avoir une équipe disponible», a-t-il cependant prévenu. «Mais le gouvernement du Québec serait heureux de participer à un montage similaire, qui est un prêt avec intérêts. À condition bien sûr que le plan d'affaires soit solide et démontre une rentabilité pour le projet.»
«Il y a des gens, vous savez, à Québec qui pensent à ça, qui rêvent à ça. Ce n'est pas leur lancer un défi, c'est simplement de dire: nous sommes là si vous avez besoin d'être accompagnés», a déclaré M. Bachand.
Le ministre a indiqué que l'économie de la ville de Québec s'était améliorée depuis le départ des Nordiques en 1995 et que l'avènement d'un plafond salarial dans la LNH rendait l'exploitation d'une équipe moins difficile.
La valeur exacte de la transaction qui a amené les Molson et leurs associés à acquérir 80,1 % des parts du Club de hockey Canadien et la totalité des autres propriétés québécoises de George Gillett n'a pas été divulguée, mais elle dépasserait le demi-milliard de dollars. Les détails de l'entente de principe doivent maintenant être ficelés, et l'accord final concrétisant la vente sera sujet à l'approbation du conseil d'administration de la LNH plus tard cet été. La brasserie Molson continue de détenir les 19,9 % restants de l'équipe.
En 2001, M. Gillett, le seul à avoir alors manifesté son désir d'acheter, avait fait ces acquisitions pour une somme de 275 millions.
Deux groupes québécois avaient annoncé publiquement qu'ils étaient dans la course cette fois-ci, les Molson et Quebecor. Il appert qu'un troisième groupe mené par l'homme d'affaires montréalais Stephen Bronfman et au moins un consortium américain étaient également de la partie.
Samedi, Geoffrey Molson a déclaré dans un communiqué qu'il était «conscient que le Club de hockey Canadien avait une valeur patrimoniale pour la communauté montréalaise et qu'avec ses frères, il s'efforcera de maintenir la tradition glorieuse du club tout en travaillant avec la direction pour bâtir une solide équipe sur la patinoire et viser à ramener à Montréal la coupe Stanley».
«C'est un moment emballant pour ma famille», a-t-il ajouté.
De son côté, M. Gillett a dit qu'il était «ravi de retourner la propriété des Canadiens à la famille Molson qui est associée au club depuis trois générations et engagée dans la communauté montréalaise depuis sept générations».
Quant au commissaire de la LNH Gary Bettman, il a indiqué que «dans la mesure où [M. Gillett] a été en mesure de trouver des gens qui sont de toute évidence passionnés de hockey et de conclure une transaction qui plaît à tous, c'est un plus pour la franchise et pour les partisans de Montréal».
Certes, le Forum avait été construit pour accueillir les Maroons de Montréal, l'équipe des «Anglais» de la ville. Mais, au bout de trois ans, il allait aussi devenir le domicile permanent du Club de hockey Canadien. Les Maroons n'ont pas survécu à la Grande Dépression et ont déclaré forfait au terme de la saison 1937-38. Moins de vingt ans plus tard, les Molson refaisaient surface alors qu'un autre sénateur, Hartland Molson, et son frère Thomas se portaient acquéreurs du Canadien. À part deux brefs intermèdes, l'association entre la famille et l'équipe n'a pas défailli depuis.
Par-delà les clivages linguistiques, c'est dire si «Molson» et «hockey» sont synonymes depuis un sacré bout de temps à Montréal et que l'achat du Canadien par le consortium dirigé par les frères Geoffrey, Andrew et Justin Molson annoncé samedi s'inscrit dans l'ordre naturel des choses.
Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a d'ailleurs reconnu le fait hier, saluant le retour du CH dans le giron québécois. «Ça, c'est important, et c'est une bonne nouvelle pour l'équipe», a-t-il dit.
Et le giron est d'autant plus proche de la population qu'en plus de deux partenaires des Molson, qui seraient BCE et le groupe Thomson, le Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs du Québec a fait savoir qu'il était également partie prenante au montage financier qui a mené à l'acquisition du Canadien, du Centre Bell et du Groupe Spectacles Gillett. Le Fonds avait déjà annoncé son adhésion au groupe conduit par Quebecor Media associé à René Angélil, mais il avait par la suite fait savoir que son offre n'était pas exclusive.
«Avec la participation du Fonds à ce rachat, nos actionnaires s'assurent d'une participation dans la propriété d'un actif de grande qualité qui est aussi un véritable morceau de notre patrimoine. J'ai la conviction que cette transaction s'avérera une bonne affaire pour nos 575 000 actionnaires», a déclaré le président de la FTQ et président du conseil d'administration du Fonds de solidarité, Michel Arsenault.
«Nous sommes fiers de nous associer au groupe Molson et nous sommes convaincus que, sous son leadership éclairé, nous pourrons tirer pleinement profit de cette belle acquisition», a ajouté le président du Fonds Yvon Bolduc.
Le Fonds a déjà détenu des parts dans les Nordiques de Québec et les Expos de Montréal.
Le ministre Bachand a par ailleurs réveillé hier de vieux fantômes en déclarant que l'offre d'un prêt gouvernemental de l'ordre de 100 millions par l'entremise d'Investissement Québec — et dont il semble que les Molson n'auront pas besoin — était aussi valable pour des investisseurs, peut-être des candidats malheureux dans le dossier du Canadien, qui voudraient établir une équipe de la Ligue nationale de hockey à... Québec. Un scénario qui demeure hautement hypothétique pour le moment, puisque la LNH fait preuve de sérieuses réticences devant tout déménagement de franchise, comme on l'a vu dans l'histoire de l'homme d'affaires Jim Balsillie et des Coyotes de Phoenix, et que Québec ne dispose pas d'un amphithéâtre suffisamment vaste et doté des loges d'entreprises qui sont devenues un élément incontournable dans le sport professionnel nord-américain.
«Le leadership doit venir de la communauté d'affaires de Québec, et il doit y avoir une équipe disponible», a-t-il cependant prévenu. «Mais le gouvernement du Québec serait heureux de participer à un montage similaire, qui est un prêt avec intérêts. À condition bien sûr que le plan d'affaires soit solide et démontre une rentabilité pour le projet.»
«Il y a des gens, vous savez, à Québec qui pensent à ça, qui rêvent à ça. Ce n'est pas leur lancer un défi, c'est simplement de dire: nous sommes là si vous avez besoin d'être accompagnés», a déclaré M. Bachand.
Le ministre a indiqué que l'économie de la ville de Québec s'était améliorée depuis le départ des Nordiques en 1995 et que l'avènement d'un plafond salarial dans la LNH rendait l'exploitation d'une équipe moins difficile.
La valeur exacte de la transaction qui a amené les Molson et leurs associés à acquérir 80,1 % des parts du Club de hockey Canadien et la totalité des autres propriétés québécoises de George Gillett n'a pas été divulguée, mais elle dépasserait le demi-milliard de dollars. Les détails de l'entente de principe doivent maintenant être ficelés, et l'accord final concrétisant la vente sera sujet à l'approbation du conseil d'administration de la LNH plus tard cet été. La brasserie Molson continue de détenir les 19,9 % restants de l'équipe.
En 2001, M. Gillett, le seul à avoir alors manifesté son désir d'acheter, avait fait ces acquisitions pour une somme de 275 millions.
Deux groupes québécois avaient annoncé publiquement qu'ils étaient dans la course cette fois-ci, les Molson et Quebecor. Il appert qu'un troisième groupe mené par l'homme d'affaires montréalais Stephen Bronfman et au moins un consortium américain étaient également de la partie.
Samedi, Geoffrey Molson a déclaré dans un communiqué qu'il était «conscient que le Club de hockey Canadien avait une valeur patrimoniale pour la communauté montréalaise et qu'avec ses frères, il s'efforcera de maintenir la tradition glorieuse du club tout en travaillant avec la direction pour bâtir une solide équipe sur la patinoire et viser à ramener à Montréal la coupe Stanley».
«C'est un moment emballant pour ma famille», a-t-il ajouté.
De son côté, M. Gillett a dit qu'il était «ravi de retourner la propriété des Canadiens à la famille Molson qui est associée au club depuis trois générations et engagée dans la communauté montréalaise depuis sept générations».
Quant au commissaire de la LNH Gary Bettman, il a indiqué que «dans la mesure où [M. Gillett] a été en mesure de trouver des gens qui sont de toute évidence passionnés de hockey et de conclure une transaction qui plaît à tous, c'est un plus pour la franchise et pour les partisans de Montréal».
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