Crise: les régimes de protection sociale dans le monde sont sous pression
25 avril 2009
Économie
Photo : Agence Reuters
Genève — La crise économique et financière a mis les systèmes de protection sociale dans le monde «sous pression», entre la baisse des contributions et l'augmentation des dépenses due à la flambée du chômage, a prévenu hier l'Association internationale de la sécurité sociale (AISS).
«Les systèmes de protection sociale sont clairement mis sous pression en raison de la baisse des contributions [...] alors que les dépenses ont augmenté de façon spectaculaire», a expliqué à l'AFP le secrétaire général de l'AISS, Hans-Horst Konkolewsky, en marge d'un séminaire sur la crise.
Les systèmes gérés nationalement ont jusqu'à présent montré «l'efficacité de leur rôle d'amortisseurs de la crise» permettant d'éviter une trop forte crise sociale, a poursuivi le responsable de la structure dépendante de l'Organisation internationale du travail (OIT). Mais «si la pression continuait, ils pourraient être confrontés à un manque de liquidités problématique», prévient-il.
Déjà, fait-il valoir, les fonds de réserve de nombreux régimes nationaux ont fondu parallèlement avec la chute des marchés financiers. Selon une étude de l'AISS publiée hier à l'occasion du séminaire, des fonds d'une quarantaine de pays ont perdu à eux seuls 225 milliards de dollars en 2008.
Les plus grands perdants sont ceux qui ont pris le plus de risque, comme l'Irlande, le Canada ou encore les Pays-Bas, ayant investi dans des titres promettant des rendements élevés mais qui se sont avérés illiquides en raison de la crise des subprimes américains. Pour certaines structures, «ces pertes ne représentent pas moins de 5 ans de revenus d'investissements» et «près de 25 % de la valeur globale du fond», souligne encore l'AISS.
Ces déboires confirment, selon l'Association, les travers des systèmes de protection sociale basés sur la capitalisation. «La protection sociale non fondée sur la répartition a donné la preuve de son échec», a souligné lors du séminaire le directeur du département de sécurité sociale de l'OIT, Michael Cichon.
Et de citer en exemple le cas des fonds de pension privés. Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques, ces fonds ont vu s'évaporer 5000 milliards de dollars en 2008, avec pour conséquence directe une baisse drastique des niveaux de retraites de millions de personnes âgées notamment aux États-Unis.
Pour l'AISS, il est important de tirer toutes les leçons de ces douloureux évènements à savoir que «le système par capitalisation a largement contribué à la croissance malsaine des marchés financiers», s'avérant ainsi beaucoup «trop instable pour servir de base à un système de retraite sûr».
Il en ressort que les États doivent absolument assurer les minima sociaux, un objectif tout aussi possible dans les pays industrialisés riches que dans ceux en développement qui, selon l'Association, ont quoiqu'on en pense les moyens de mettre en place les filets sociaux nécessaires.
«Les taux de chômage à venir vont réclamer davantage de solidarité de la part des plus riches», prévient encore l'AISS. Selon les estimations du Bureau international du travail, la crise pourrait faire plus de 50 millions de nouveaux chômeurs d'ici la fin de l'année.
«Les systèmes de protection sociale sont clairement mis sous pression en raison de la baisse des contributions [...] alors que les dépenses ont augmenté de façon spectaculaire», a expliqué à l'AFP le secrétaire général de l'AISS, Hans-Horst Konkolewsky, en marge d'un séminaire sur la crise.
Les systèmes gérés nationalement ont jusqu'à présent montré «l'efficacité de leur rôle d'amortisseurs de la crise» permettant d'éviter une trop forte crise sociale, a poursuivi le responsable de la structure dépendante de l'Organisation internationale du travail (OIT). Mais «si la pression continuait, ils pourraient être confrontés à un manque de liquidités problématique», prévient-il.
Déjà, fait-il valoir, les fonds de réserve de nombreux régimes nationaux ont fondu parallèlement avec la chute des marchés financiers. Selon une étude de l'AISS publiée hier à l'occasion du séminaire, des fonds d'une quarantaine de pays ont perdu à eux seuls 225 milliards de dollars en 2008.
Les plus grands perdants sont ceux qui ont pris le plus de risque, comme l'Irlande, le Canada ou encore les Pays-Bas, ayant investi dans des titres promettant des rendements élevés mais qui se sont avérés illiquides en raison de la crise des subprimes américains. Pour certaines structures, «ces pertes ne représentent pas moins de 5 ans de revenus d'investissements» et «près de 25 % de la valeur globale du fond», souligne encore l'AISS.
Ces déboires confirment, selon l'Association, les travers des systèmes de protection sociale basés sur la capitalisation. «La protection sociale non fondée sur la répartition a donné la preuve de son échec», a souligné lors du séminaire le directeur du département de sécurité sociale de l'OIT, Michael Cichon.
Et de citer en exemple le cas des fonds de pension privés. Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques, ces fonds ont vu s'évaporer 5000 milliards de dollars en 2008, avec pour conséquence directe une baisse drastique des niveaux de retraites de millions de personnes âgées notamment aux États-Unis.
Pour l'AISS, il est important de tirer toutes les leçons de ces douloureux évènements à savoir que «le système par capitalisation a largement contribué à la croissance malsaine des marchés financiers», s'avérant ainsi beaucoup «trop instable pour servir de base à un système de retraite sûr».
Il en ressort que les États doivent absolument assurer les minima sociaux, un objectif tout aussi possible dans les pays industrialisés riches que dans ceux en développement qui, selon l'Association, ont quoiqu'on en pense les moyens de mettre en place les filets sociaux nécessaires.
«Les taux de chômage à venir vont réclamer davantage de solidarité de la part des plus riches», prévient encore l'AISS. Selon les estimations du Bureau international du travail, la crise pourrait faire plus de 50 millions de nouveaux chômeurs d'ici la fin de l'année.
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