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La crise de 2008, ou la revanche de Keynes

Antoine Robitaille   11 avril 2009  Économie
Lors des manifestations contre le Sommet du G20 au début du mois, on pouvait lire un graffiti sur le mur de la Banque d’Angleterre: «Le gouvernement ment, les banques volent, le riche rit.»
Photo : Agence Reuters
Lors des manifestations contre le Sommet du G20 au début du mois, on pouvait lire un graffiti sur le mur de la Banque d’Angleterre: «Le gouvernement ment, les banques volent, le riche rit.»
Deux fois par mois, Le Devoir propose à des professeurs de philosophie et d'histoire, mais aussi à d'autres auteurs passionnés d'idées, d'histoire des idées, de relever le défi de décrypter une question d'actualité à partir des thèses d'un penseur marquant. Cette semaine, conversation avec Gilles Dostaler au sujet du retour en grâce d'un des «grands penseurs de l'économie» (selon les mots mêmes de l'ex-ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget), John Maynard Keynes.

Gilles Dostaler est professeur au département des sciences économiques de l'Université du Québec à Montréal (et actuellement en grève... ), spécialiste en histoire de la pensée économique et auteur, notamment, de: Keynes et ses combats, Albin Michel, 2005; nouvelle édition revue et augmentée, 2009; Le Libéralisme de Hayek, La Découverte, 2001; La Pensée économique depuis Keynes, avec Michel Beaud, Le Seuil, 1993.

Il vient de faire paraître Capitalisme et pulsion de mort, avec Bernard Maris, Albin Michel, 2009.

Après des années où le gouvernement Charest parlait de réingénierie, de réduction de la taille de l'État, de fin de l'interventionnisme, Monique Jérôme-Forget a cité John Maynard Keynes lors de la présentation de son budget pour justifier l'intervention de l'État dans l'économie. Elle l'a qualifié de «grand maître de l'économie». N'est-ce pas, de la part d'une femme politique aux tendances néolibérales, une référence surprenante?

Non, il n'y a là rien d'étonnant. On constate le même phénomène de «conversion» un peu partout à travers le monde aujourd'hui. Nicolas Sarkozy, qui a été élu président de la République française sur la base d'un discours libéral, parle désormais de refonder le capitalisme, de combattre les abus de la spéculation, de réglementer le système financier international. En Angleterre, Gordon Brown partageait avec Tony Blair l'idée que Keynes était dépassé. Il s'en réclame désormais et entreprend de nationaliser des banques. George Bush a lui-même admis, à la fin de son mandat, qu'il fallait intervenir massivement dans l'économie.

Cela est sûrement provoqué par la profondeur de la crise financière actuelle.

Oui, et surtout par le risque d'une récession économique mondiale. La «refondation» du capitalisme apparaît désormais pour plusieurs comme le seul moyen de garder leur pouvoir économique et politique. Les décideurs ne peuvent pas ne pas reconnaître le lien entre cette situation et les politiques de déréglementation, de remise en question de l'interventionnisme et de démantèlement de l'État-providence menées depuis les années 1970. On qualifie ces politiques de «néolibérales», mais il serait plus approprié de parler d'ultralibéralisme ou de libéralisme économique radical. Ce discours, fondé sur une confiance aveugle dans le marché, est de plus en plus discrédité dans l'opinion publique. Économistes, journalistes et autres observateurs connus pour leurs convictions libérales en matière économique reconnaissent que, depuis quelques décennies, les riches s'enrichissent de manière effrénée, les salaires réels stagnent et les écarts de revenu se creusent vertigineusement. Bien sûr, certains irréductibles continuent à défendre le laisser-faire contre vents et marées, allant même jusqu'à imputer à l'excès d'intervention étatique et de réglementation la crise actuelle. Un porte-parole de l'Institut économique de Montréal, un des lieux de regroupement de ces irréductibles, a même évoqué l'héritage socialiste de George W. Bush.

Les plans de relance et autres «stimulus plan» actuels sont-ils keynésiens selon vous?

Il faut distinguer Keynes et le keynésianisme. La pensée de Keynes a exercé une énorme influence, mais elle a été très diversement interprétée et souvent appauvrie, simplifiée et dogmatisée. C'est un keynésianisme modéré, mécanique, qui a été adopté dans plusieurs pays industrialisés après la guerre. Il se réduisait à un certain nombre de recettes, fiscales et monétaires, pour stimuler l'économie sans remise en question radicale de la structure et du fonctionnement du capitalisme. Tel fut le cas en Amérique du Nord. Dans certains pays européens, on est allé un peu plus loin, en procédant à des nationalisations et en instaurant une certaine dose de planification. Les divers plans de relance actuels peuvent être qualifiés de keynésiens au sens modéré du terme, ou tout simplement d'interventionnistes; Keynes n'étant pas le seul à avoir proposé de telles mesures. Il estimait que des réformes plus radicales étaient nécessaires si l'on voulait éviter la répétition des crises qui risquaient à long terme de provoquer un écroulement de la civilisation et évoluer, à long terme, vers une société dans laquelle le problème économique sera résolu et où l'on pourra se consacrer à l'art de vivre plutôt qu'à l'accumulation névrotique d'argent. Il proposait un contrôle étroit de la spéculation, entre autres par «la création d'une lourde taxe d'État frappant toutes les transactions». À long terme, il considérait que la préséance de l'entreprise sur la spéculation et la finance devait prendre la forme de «l'euthanasie du rentier et du capitalise oisif». Il évoquait aussi, à la fin de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, son oeuvre majeure (1936), «une assez large socialisation de l'investissement», l'État n'étant pas contraint dans ses prises de décision par le critère de la rentabilité financière. Il faut ajouter que Keynes distinguait le diagnostic de l'état de santé du capitalisme et les remèdes nécessaires pour le guérir. Il considérait qu'il n'existe pas de solutions miracle valables en tout temps et en tout lieu. Pragmatique, il estimait qu'il fallait adapter les solutions aux circonstances.

Dans les années 1970, Richard Nixon avait lancé: «Nous sommes tous keynésiens aujourd'hui.» Redeviendrons-nous tous keynésiens aujourd'hui après des années où ses critiques, Friedman et Hayek, ont tenu le haut du pavé? N'y a-t-il pas une revanche de Keynes dans ce phénomène?

Friedman, fondateur du monétarisme, a fait la même déclaration en 1968, mais en ajoutant: «Nous utilisons tous le langage et les instruments keynésiens; aucun d'entre nous n'accepte les conclusions initiales de Keynes.» L'abandon en août 1971 par le président Nixon, dont Friedman était un des conseillers, de la convertibilité du dollar en or marque la fin du système de Bretton Woods, mis en place en 1944, et est l'une des causes lointaines de la crise actuelle. Cela ne va certainement pas dans le sens des idées de Keynes, qui jugeait d'ailleurs que l'accord de Bretton Woods, qu'il avait négocié au nom de la Grande-Bretagne, n'allait pas assez loin. Il proposait en effet la création d'une véritable monnaie internationale émise par une banque centrale mondiale, ainsi qu'un contrôle étroit des mouvements de capitaux. De son côté, Friedrich Hayek, qui entretenait des relations personnelles amicales avec Keynes, n'a cessé de critiquer durement, dès la fin des années 1920 et jusqu'à sa mort en 1991, les thèses interventionnistes en général et celles de Keynes en particulier. Il a créé en 1947 la Société du Mont-Pèlerin vouée à la défense du libéralisme économique menacé à ses yeux autant par l'interventionnisme keynésien que par l'expansion de l'Empire soviétique. C'est là l'origine lointaine de la résurgence d'un libéralisme radical qui s'imposera 30 ans plus tard. L'attribution du prix de la Banque de Suède en sciences économiques (erronément appelé «prix Nobel d'économie») à Hayek en 1974 et à Friedman en 1976 symbolise le retournement de conjoncture et la victoire d'un libéralisme économique que Keynes espérait avoir enterré. Alors que Kennedy était inspiré par des économistes keynésiens, Thatcher était une admiratrice de Hayek pendant que Reagan appréciait Friedman. Opposés à l'intervention de l'État dans l'économie, Friedman et Hayek étaient toutefois prêts à accepter un État autoritaire qui préserverait la liberté économique, comme ce fut le cas du Chili de Pinochet ou comme c'est le cas aujourd'hui de la Chine. Pour Keynes au contraire, comme pour John Stuart Mill, la liberté politique passe avant une liberté économique qui n'a aucun fondement naturel. Il écrit dans La Fin du laisser-faire (1926): «Il n'est pas vrai que les individus possèdent à titre "prescriptif" une "liberté naturelle" dans leurs activités économiques. [...] Il n'est pas correct de déduire des principes de l'économie que l'intérêt personnel éclairé oeuvre toujours à l'intérêt public.» Le libéralisme de Keynes concerne la vie privée et la vie politique. Le projet qu'il défend, le qualifiant tour à tour de nouveau libéralisme (à ne pas confondre avec le néolibéralisme), de socialisme du futur et de socialisme libéral, doit concilier efficacité économique, liberté politique et justice sociale. Pour Hayek, la justice sociale est une illusion et Friedman rejette lui aussi cet objectif.

Friedman, fondateur du monétarisme, a fait la même déclaration en 1968, mais en ajoutant: «Nous utilisons tous le langage et les instruments keynésiens; aucun d'entre nous n'accepte les conclusions initiales de Keynes.» L'abandon en août 1971 par le président Nixon, dont Friedman était un des conseillers, de la convertibilité du dollar en or marque la fin du système de Bretton Woods, mis en place en 1944, et est l'une des causes lointaines de la crise actuelle. Cela ne va certainement pas dans le sens des idées de Keynes, qui jugeait d'ailleurs que l'accord de Bretton Woods, qu'il avait négocié au nom de la Grande-Bretagne, n'allait pas assez loin. Il proposait en effet la création d'une véritable monnaie internationale émise par une banque centrale mondiale, ainsi qu'un contrôle étroit des mouvements de capitaux. De son côté, Friedrich Hayek, qui entretenait des relations personnelles amicales avec Keynes, n'a cessé de critiquer durement, dès la fin des années 1920 et jusqu'à sa mort en 1991, les thèses interventionnistes en général et celles de Keynes en particulier. Il a créé en 1947 la Société du Mont-Pèlerin vouée à la défense du libéralisme économique menacé à ses yeux autant par l'interventionnisme keynésien que par l'expansion de l'Empire soviétique. C'est là l'origine lointaine de la résurgence d'un libéralisme radical qui s'imposera 30 ans plus tard. L'attribution du prix de la Banque de Suède en sciences économiques (erronément appelé «prix Nobel d'économie») à Hayek en 1974 et à Friedman en 1976 symbolise le retournement de conjoncture et la victoire d'un libéralisme économique que Keynes espérait avoir enterré. Alors que Kennedy était inspiré par des économistes keynésiens, Thatcher était une admiratrice de Hayek pendant que Reagan appréciait Friedman. Opposés à l'intervention de l'État dans l'économie, Friedman et Hayek étaient toutefois prêts à accepter un État autoritaire qui préserverait la liberté économique, comme ce fut le cas du Chili de Pinochet ou comme c'est le cas aujourd'hui de la Chine. Pour Keynes au contraire, comme pour John Stuart Mill, la liberté politique passe avant une liberté économique qui n'a aucun fondement naturel. Il écrit dans La Fin du laisser-faire (1926): «Il n'est pas vrai que les individus possèdent à titre "prescriptif" une "liberté naturelle" dans leurs activités économiques. [...] Il n'est pas correct de déduire des principes de l'économie que l'intérêt personnel éclairé oeuvre toujours à l'intérêt public.» Le libéralisme de Keynes concerne la vie privée et la vie politique. Le projet qu'il défend, le qualifiant tour à tour de nouveau libéralisme (à ne pas confondre avec le néolibéralisme), de socialisme du futur et de socialisme libéral, doit concilier efficacité économique, liberté politique et justice sociale. Pour Hayek, la justice sociale est une illusion et Friedman rejette lui aussi cet objectif.

C'est là encore une interprétation simplifiée de la pensée de Keynes. On associe keynésianisme, accroissement des dépenses publiques et endettement de l'État. On a ainsi expliqué les difficultés apparues dans les grands pays capitalistes dans les années 1970 par l'application des politiques keynésiennes dans les 30 années d'après-guerre. Non seulement Keynes n'a-t-il jamais prôné le maintien systématique de déficits importants, mais c'est avec la montée des politiques néolibérales que les déficits ont littéralement explosé, déficits liés en grande partie aux États-Unis aux dépenses militaires. Cela dit, Keynes, qui était — comme je l'ai dit — essentiellement pragmatique, était opposé à toute règle stricte dans le domaine des politiques économiques, comme par exemple le maintien d'un taux de croissance fixe de la masse monétaire — la «règle monétaire» de Friedman — ou l'obligation de maintenir l'équilibre budgétaire, deux politiques aberrantes et finalement inapplicables, comme on le voit maintenant. Il faut utiliser ces instruments en fonction de la conjoncture, ce qui peut signifier bien sûr des déficits en période de récession, déficits que la croissance doit pouvoir résorber dans des limites de temps raisonnables.

Il est toujours risqué de faire parler les morts; j'ose formuler une question que plusieurs se posent: que dirait Keynes de la crise actuelle, selon vous?

Il dirait sans doute qu'elle confirme son diagnostic des pathologies du capitalisme, et plus particulièrement les méfaits de la spéculation, de la domination de la finance sur l'entreprise, de la primauté donnée aux critères de rentabilité financière à court terme. Il écrivait, dans La Théorie générale: «Les spéculateurs peuvent être aussi inoffensifs que des bulles d'air dans un courant régulier d'entreprise. Mais la situation devient sérieuse lorsque l'entreprise n'est plus qu'une bulle d'air dans le tourbillon spéculatif. Lorsque, dans un pays, le développement du capital devient le sous-produit de l'activité d'un casino, il risque de s'accomplir en des conditions défectueuses.» Il ferait certainement un lien de cause à effet entre la résurrection du libéralisme économique dans les années 1970 et 1980 et cette crise.

On voit que la crise actuelle a des causes psychologiques, au sens où il n'y a pas de prévisibilité absolue. N'est-ce pas là une preuve que l'économie ne peut être une «vraie science», exactement comme Keynes le disait?

Parfaitement. La formalisation et la mathématisation à outrance, que Keynes dénonçait, d'une discipline devenue incompréhensible pour le commun des mortels, donne l'illusion que l'économie est une science exacte au même titre que les sciences naturelles, illusion accentuée par l'attribution annuelle d'un soi-disant «prix Nobel d'économie», d'ailleurs dénoncé par un descendant d'Alfred Nobel qui accuse les économistes de mettre leurs oeufs dans un nid qui ne leur appartient pas. Pour Keynes, l'économie est une science morale, fondée sur les anticipations et les états d'âme d'individus qui n'ont rien à voir avec l'agent rationnel des manuels d'économie. La psychologie y joue un rôle fondamental. L'amour de l'argent, moteur du capitalisme, est ainsi «une passion morbide plutôt répugnante, une de ces inclinations à moitié criminelles, à moitié pathologiques, dont on confie le soin en frissonnant aux spécialistes des maladies mentales». On ne peut modéliser les cycles économiques comme le système solaire. La plupart des économistes croient, eux, dans le caractère «naturel» de l'économie et de ses lois. C'est sur cette illusion que se fonde, depuis le XVIIIe siècle, la foi dans le laisser-faire.






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  • william morris
    Abonné
    samedi 11 avril 2009 09h34
    L'article se répète...
    « Bonjour,
    Je ne sais pourquoi, mais cet article savant se répète, en grande partie c'est à dire que tout se passe comme se quelqu'un avait recopié le texte deux fois, en partie.

    De plus, les dernier mots, <<C'est sur>>sont apparemment le début d'une phrase qui ne se termine pas...

    C'est déroutant !

    Humblement soumis.

    William Morris
    www.lemont.canalblog.com »

  • Alain L'Heureux
    Inscrit
    samedi 11 avril 2009 11h17
    Le capital est aussi une loi sociale.
    « Personne ne mettra en doute que le commerce permet le mieux-être de chaque personne composant la collectivité: s'il fallait que chacune produise, pour elle-même seulement, les biens qui lui sont nécessaires, utiles ou superflus, seuls les plus forts survivraient, et encore. Imaginez-vous avoir à produire toute votre nourriture, vos vêtements, votre habitat. Hum! Personne n'aurait plus le loisir d'étudier Keynes. Depuis la préhistoire l'échange entre les individus d'une tribu, ainsi qu'entre tribus, a permi à l'humanité de se développer.

    À l'instar du commerce, le fait d'engranger, d'accumuler des réserves, est aussi un instrument essentiel à la survie de l'individu et des collectivités. C'est une loi naturelle. Les corps animals accumulent de la graisse en prévisions des temps froids, de la maladie, ou de manque de ressources alimentaires.

    L'enfant naissant, jusqu'à l'acquisition de son autonomie, profite du surplus qu'on accumuler ses parents avant lui. Le veillard, de sa perte d'autonomie jusqu'à sa mort, dépense se qu'il a sauvé du gaspillage pendant sa vie productive.

    Que le capital produise en soit un revenu, et même un nouveau capital, n'est pas non plus inutile. Encore là, il s'agit même d'une loi naturelle. Le sol fertile engendre la végétation; l'aridité perpétue le désert: le capital de la biomasse se multiplie.

    Il en découle que le commerce et le capital sont productifs de bien-être pour l'homme; sans nier que le capital peut aussi être aliénant au sens de Marx.

    La monnaie est l'instrument permettant un flux simplifié de ce bien-être. Elle est le sang de la vie économique. Elle demeure efficace pour le commerce et le capital, c'est-à-dire pour le bien-être de chacun, en autant que sa canalisation ne soit pas soumise à nourir ce qui n'est pas productif de bien-être.

    La spéculation n'est pas en soit une mauvaise canalisation économique. Elle résulte d'un choix des individus basé sur la raisonnabilité de ce qui, en perspective, sera le meilleur pour un futur envisagé. La spéculation est la construction aujourd'hui de ce que sera demain.

    Vu que la spéculation est une opinion, elle est sujette à aux changements et à l'erreur. En règle générale, l'effet d'une spéculation donnée correspond à son ampleur. C'est pourquoi, selon la loi des risques partagés, il est préférable qu'une multitude d'individus spéculent, plutôt que de s'en remettent à un système de gestion centralisée, comme l'État et les grandes structures de capitaux. »

  • Richard Dupuis
    Inscrit
    samedi 11 avril 2009 11h53
    Nous verrons bien les conclusions en temps et lieux.
    « Comme le disait William Morris, l'article est difficile à suivre. Je ne sais pas ce que le préposé au "copier-coller" de cet article a fumé, quand il l'a mis en page, mais ça ne devait pas être très "légal"... Enfin, passons.

    L'article s'appelle "La crise de 2008, ou la revanche de Keynes". Je crois plutôt qu'il serait préférable d'attendre l'issue de la crise actuelle, avant de parler d'une vraie revanche. Je veux dire, si les dirigeants des principaux pays industrialisés ont tous choisis des interventions keynésiennes, pour tenter de sortir leur pays respectifs du marasme, n'est-ce pas davantage par mouvement de panique, que par "phénomène de conversion"? Je crois plutôt qu'ils ont peur de passer pour des adeptes du "laisser faire", et que c'est pour cette raison qu'ils interviennent aussi massivement dans l'économie de leur pays.

    Par exemple, la quantité astronomique de stimulus économiques lancées par les USA finira inévitablement par lancer ce pays dans une inflation mirobolante, parce que les titres de crédits américains perdront leur valeur à partir du moment où des détenteurs voudront se faire rembourser, et que la chose sera impossible. Les chinois évoquaient, d'ailleurs, avant le sommet du G20, l'émergence d'une nouvelle monnaie mondiale; ils possèdent quelque chose comme 2000 milliards$ de titres de crédit américains, et commencent à craindre qu'ils ne reverront jamais la couleur de leur argent. Quand cette crainte se généralisera, les titres US perdront irrémédiablement leur valeur, ce qui entraînera les USA dans une inflation incontrôlable. Et tous les pays qui ont mené des politiques semblables se retrouveront dans la même situation. À moins grande échelle, certes, mais s'y retrouveront quand même.

    Une base demeure; les pays, aussi grands soient-ils, n'ont jamais créé de richesse. Ils ne font que répartir les richesses qu'ils prennent de leurs citoyens, et de leurs entreprises. Présentement, les pays industrialisés, les USA loin en tête, impriment de l'argent à crédit. Un jour où l'autre, tout ça va tomber. Et c'est à ce moment seulement que l'on pourra vraiment constater si la crise actuelle est, ou non, "la revanche de Keynes". »

  • Mario Jodoin
    Inscrit
    samedi 11 avril 2009 11h54
    C'est sur...
    « ...cette illusion que se fonde, depuis le XVIIIe siècle, la foi dans le laisser-faire. (partie manquante de la fin de cet article).

    Merci à messieurs Robitaille et Dostaler pour ce texte qui sait bien camper les idées du plus grand économiste ayant existé et les distinguer de ceux qui s'en revendique en les trafiquant trop souvent. Je souhaiterais que tout journaliste qui parle d'économie lise ce texte (et le comprenne !) et cesse de présenter l'économie comme une discipline n'ayant qu'un seul courant de pensée. Je ne veux (et ne peux !) plus lire «les économistes considèrent que...» sans qu'on précise lesquels ! »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    samedi 11 avril 2009 22h08
    Beaucoup se réfèrent au crédit
    « John Maynard Keynes en tête de liste dirige la parade actuellement. Ça va fonctionner un certain temps; mais après cette période de temporisation on va d.couvrir les erreurs qui se font en se basant sur ces préceptes fallacieux.

    La théorie du crédit social va de l'avant avec quelques manipulations en quelques sortes. Il n'y a plus de répondant à part la surproduction de biens et la sur consommation et le sur-endetement. Ceci va à l'encontre de toute écologie des ressource de la planette qui va nous rattraper.

    Quand est-ce que l'implosion va nous tomber dessus? Dans 10 ans, dans 20 ans ou dans 5 ans? Je ne saurais le dire ; mais une chose reste certaine, ça va nous rattraper mondialement. Seule la Chine en sortira vaincoeur.

    C'est à moment là que la théorie de John Maynard Keynes sera vue comme étant un simple canular. »

  • Claire-Marie Noël
    Abonnée
    samedi 11 avril 2009 23h24
    Entrevue en ligne avec Gilles Dostaler
    « Une entrevue avec Gilles Dostaler à propos de son dernier livre est disponible sur le site des publications universitaires.

    Le professeur y explique ce qui l'a mené à écrire son livre en compagnie de Bernard Maris.

    Disponible ici:
    http://www.publications-universitaires.qc.ca/?p=65 »

  • Michel Lemay
    Inscrit
    dimanche 12 avril 2009 23h53
    Simple reflexion d'un petit entrepreneur...
    « Il est vrai que le commerce a contribué au mieux-être des individudus et a permis à une partie de l'humanité de se développer. Il est également vrai que l'épargne est un instrument essentiel à la survie des individus et des collectivités. Il est certes légitime de réaliser un profit sur le capital qui sert à réaliser la production de biens ou services utiles à la société. L'économie est d'abord et avant tout un geste social. Au cours des siècles, les états n'ont eu d'autres choix que de régir les rapports sociaux. Qui aujourd'hui remettrait en question l'utilité ou le besoin du code civil, du code criminel, du vérificateur général, des commissaires au lobbyisme ou à l'éthique ? Pourtant, certains secteurs de l'économie échappe à tout contrôle. En volume monétaire, les fraudes économiques rivalisent avec le traffic des drogues au niveau planétaire. Il a fallu la crise actuelle pour le réaliser. Le laisser-faire a même jouer contre l'innovation et l'entrepreneurship en favorisant le cartel et même la collusion. À l'échelle micro, je planifie, j'organise et je contrôle les activités de mon entreprise. À l'échelle macro, mon entreprise fait partie d'un tout économique sur lequel je n'ai aucun contrôle. L'histoire récente a démontré que l'auto-régulation ne pouvait prévenir les dérives du système. Je laisse au théoriciens les idéologies économiques et les concepts rigides de gauche et de droite car leur application nous ont conduit au bord du goufre à chaque fois: crise de 29, dictature communisme et crise actuelle. La vraie vie demande des compromis. L'argent ne jouera un rôle utile que s'il favorise le mieux-être des individudus, l'émancipcipation des sociétés, les droits de l'homme et la conservation des ressources pour les générations futures. Utiliser à d'autres fins, c'est l'exploitation, le chaos économique, la disparition des ressources, l'anarchie ou la guerre...
    Michel Lemay, Kamouraska »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    mardi 14 avril 2009 10h47
    La reéaction de monsieur Lemay
    « Cette réaction des plus sensée et pragmatique.

    C'est à lire. »

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