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Sinon le PCAA, quoi d'autre? - Où investir et combien?

La Caisse aurait pu acquérir d'autres véhicules financiers qui lui auraient permis de minimiser ses pertes

François Desjardins   14 mars 2009  Économie
La Caisse s’est fiée à la très bonne note que l’agence DBRS accordait au PCAA non bancaire.
Photo : Jacques Nadeau
La Caisse s’est fiée à la très bonne note que l’agence DBRS accordait au PCAA non bancaire.
La Caisse de dépôt et placement soutient qu'elle n'avait pas vraiment d'autre solution que d'aller dans le PCAA, parce que les bons du Trésor étaient plus rares. Une affirmation qui ne convainc pas complètement les spécialistes, selon lesquels elle aurait pu éviter de s'y engouffrer, mais les rendements auraient peut-être été moins bons.

Depuis un an et demi, Henri-Paul Rousseau justifie la décision d'investir dans le papier commercial adossé à des actifs (PCAA) par une raison fort simple: on avait beaucoup d'argent liquide à placer, il fallait trouver des endroits sécuritaires, mais nos options étaient plus limitées que vous ne le pensez. La Caisse de dépôt et placement était-elle vraiment obligée de s'y aventurer? Oui et non, disent les spécialistes.

Lorsqu'un investisseur veut placer de l'argent à l'abri des intempéries boursières, il choisit le marché monétaire: titres du gouvernement fédéral, des gouvernements provinciaux et des villes, obligations d'entreprises, acceptations bancaires, etc. La taille de ce créneau, refuge ultime pour quiconque veut se protéger, est d'environ 360 milliards. La part du lion, c'est-à-dire les deux tiers, est composée de bons du Trésor... et de PCAA, qui offre des rendements tout aussi ronflants, mais légèrement supérieurs.

Prié d'expliquer l'aventure du PCAA, M. Rousseau, qui a quitté la présidence de la Caisse en mai 2008, invoque depuis 2007 une rareté de certains titres fédéraux, en raison du fait, principalement, que le gouvernement venait de passer plusieurs années à rembourser sa dette et qu'il émettait moins de titres d'emprunt. Bref, que la Caisse devait chercher ailleurs.

«Pourquoi on en a beaucoup? Ça a trait au fait qu'on gère 33 milliards de liquidités. Sur le marché canadien [...], le gouvernement fédéral et les titres de "money market", comme on les appelle, il y en a de moins en moins. Le Canada est en surplus», a dit M. Rousseau en novembre 2007, lorsqu'il s'est présenté à la Commission parlementaire des finances, à Québec.

La dette nationale, du milieu des années 1990 au milieu des années 2000, est en effet passée de 560 milliards à 460 milliards. Selon ce qu'indique la Banque du Canada, la quantité de bons du Trésor a donc diminué de moitié dans les années 1990. Même si, de 2003 à 2006, les bons du Trésor sont passés de 104 milliards à 127 milliards, ils continuaient d'être plus rares qu'au cours des années de déficits fédéraux. D'autant plus qu'Ottawa s'affairait, en parallèle, à réduire d'environ 30 milliards la part de sa dette qui était à taux fixe, c'est-à-dire les obligations à long terme.

«Le marché était mince», a dit M. Rousseau cette semaine lors du point de presse qui a suivi son discours à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Et la Caisse n'avait pas non plus été voir du côté américain, en raison des risques liés au taux de change.

Pas impossible

Dans ce contexte, le défi pour les grands investisseurs de trouver des titres bien cotés, émis par Ottawa, était-il insurmontable? Non, disent les experts. «Des bons du Trésor, il y en a toujours, mais ça dépend du prix que vous êtes prêt à payer», dit Éric Lascelles, économiste en chef chez Valeurs Mobilières TD. «Aussi, un investisseur aurait pu aller vers les obligations d'entreprises [moins sécuritaires que les titres gouvernementaux] ou les acceptations bancaires.»

Ce «prix à payer», font remarquer les spécialistes, n'est pas sans conséquences. Si l'investisseur doit débourser quelques dixièmes de pourcentage de plus, son rendement annuel — avec le prestige et les primes qui peuvent en découler — peut en souffrir. On est dans un monde de virgules, dit Louis Gagnon, professeur en gestion du risque à l'Université Queens et ancien haut dirigeant à la Banque Royale. «Ces gens-là gèrent des millions. Quelques dixièmes, c'est une fortune.»

Le papier commercial d'une valeur de 13 milliards que détenait la Caisse générait de faibles rendements, mais légèrement supérieurs à ceux des titres gouvernementaux. «Il y avait toute une brochette de possibilités. Mais ils ont choisi d'aller dans ces produits-là pour améliorer la performance», dit M. Gagnon.

M. Rousseau, qui concède maintenant que la Caisse a acheté beaucoup trop de PCAA, a toujours soutenu que l'objectif n'était pas lié aux rendements. «Ça n'a pas été fait, là, dans l'optique d'aller chercher trois points de base de plus [c'est à dire 0,03 %]. Ce n'était pas ça, la motivation», a-t-il dit à Québec en novembre 2007. M. Rousseau faisait de l'effet, car le rendement des PCAA, par rapport aux bons du Trésor, était supérieur de 30 à 70 points de base.

Le papier commercial est un titre à court terme (de 30 à 90 jours) qui s'appuie sur des dettes de cartes de crédit, des voitures de location et des hypothèques. Au fil des ans, toutefois, on s'est permis d'y insérer des composantes financières plus complexes, comme des «credit default swaps».

Le PCAA se divise en deux catégories: celui émis par les banques (85 milliards) et le «non-bancaire» émis par des fiducies torontoises (35 milliards) et appuyé par des commanditaires. De manière générale, une première poussée de croissance est survenue à la fin des années 1990, suivie d'une deuxième poussée de 2004 à 2007.

En août 2007, certains établissements financiers ont craint que le PCAA non bancaire soit trop étroitement lié au secteur hypothécaire américain. Du jour au lendemain, les acheteurs se sont évaporés.

Le PCAA des grandes banques s'en est sorti. Mais dans le non-bancaire, la crise est survenue lorsque des banques étrangères, qui auraient dû fournir des lignes de financement pour soutenir ce produit qu'elles commanditaient, ont refusé de soutenir le PCAA par des injections d'argent. Des gros détenteurs canadiens, comme la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui en détenait pour 13 milliards, n'arrivaient plus à s'en défaire.

Au total, 2000 investisseurs, dont 100 sociétés et 1900 individus, ont été coincés. Depuis, le PCAA a été converti en obligations à long terme.

Le PCAA a acquis une réputation d'étrange créature, mais il constitue une grosse partie du marché monétaire. «Si vous étiez un gros joueur, il aurait été très difficile de l'éviter», dit Colin Kilgour, un spécialiste à Toronto qui conseille certains détenteurs québécois de PCAA. «À son sommet, en 2006, le PCAA toutes catégories était d'environ 115 milliards. Les bons du Trésor étaient un petit peu plus gros, disons 130 milliards.»

Si on continue de décortiquer la tarte du marché monétaire, les acceptations bancaires représentaient environ 50 milliards, et les obligations d'entreprises, environ 20 milliards. «Ensuite, vos options étaient rares», dit M. Kilgour. «L'argument de M. Rousseau concernant la minceur du marché est juste. Mais s'il fallait en acheter tant que ça, du PCAA, c'est une autre question.»

Infaillible

Le PCAA s'est développé à une époque où l'économie allait plutôt bien, a fait remarquer M. Kilgour. Les titres obligataires, de manière générale, ici comme aux États-Unis, ne généraient que des faibles rendements. Étant donné l'absence de risque à l'époque, il s'est développé au fil du temps un sentiment d'infaillibilité.

«Même les produits qui comportaient un risque plus élevé généraient du faible rendement», dit M. Kilgour. «Et jusqu'à un certain point, des gens se sont dits: "Wow, les rendements des titres gouvernementaux sont bas, j'ai besoin d'aller chercher tout ce que je peux, et donc je vais aller chercher 10 ou 20 centièmes de plus dans le PCAA".» Le professeur Gagnon est d'accord. Les taux étaient si bas partout, dit-il, que l'évaluation du risque a fait défaut. «On n'avait peur de rien.»

Le PCAA de la Caisse représentait 40 % du marché canadien. M. Rousseau a déjà affirmé que cela traduisait l'importance de la Caisse sur les marchés. En 2007, il avait dit: «Notre proportion, si on prend le marché par rapport à ce qu'on a, on est un gros joueur, on a une proportion somme toute, oui, légèrement plus que la proportion du marché, mais c'est là... un coup que vous décidez d'en avoir. Bon.» [sic]

L'erreur de la Caisse a été de penser que les banques étrangères allaient tenir leur bout du bâton si jamais les choses se corsaient. Elle se fiait aussi à la très bonne note que l'agence DBRS accordait au PCAA non bancaire. Elle a eu tort. «Le marché du PCAA avait fonctionné adéquatement pendant neuf ans», a dit le président par intérim de la Caisse, Fernand Perreault, à la fin février. «On pensait que ça continuerait d'être liquide.»






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  • Jean Claaude 61
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 09h09
    PCAA: L'aveuglement volontaire de la Caisse.
    Vous dites: "Le PCAA des grandes banques s'en est sorti. Mais dans le non-bancaire, la crise est survenue lorsque des banques étrangères, qui auraient dû fournir des lignes de financement pour soutenir ce produit qu'elles commanditaient, ont refusé de soutenir le PCAA par des injections d'argent"

    Vous faite erreur; les banques étrangères n avaient pas cette obligation.

    Vous reprenez l'argumentaire de M Rousseau. Or cet argument ne résiste pas a l'analyse et il a induit tout le monde en erreur avec cet affirmation a l'effet que les banques étrangères se sont défilées de leurs obligations de garantir la liquidité du marche de PCAA. Comment cet ex BANQUIER a t il pu ignorer que cette garantie était conditionnelle et n offrait donc pa les garantie de solidité des garantie inconditionnelle. Les banque ne se sont pas défiler elles n'ont fait qu'appliquer les clauses du contrat ! C'est exactement pour cela que deux agences deux notations ont refuee la cote AAA a ce produit (seul DBRS, en conflit d intérêt l'a fait). La Caisse a commis des négligences graves ou a pratique l'aveuglemnt volontaire dans le dossier des PCAA.

    D'autant plus inexplicable que la Caisse était principal actionnaire de Conventree qui etait le plus gros promoteur de ce produits (16 milliards). Comment peut on etre du cote acheteur et vendeur d'un produit et prétendre que l'on connait pas la nature du risque qu il représente. Et venir nous dire que c'est un mystère de la vie que l on ait acheté autant.

    Pour comprendre ce Monsieur Rousseau et madame la sacoche nous rient en pleine face et nous prennent pour des valises il faut lire les texte de Me Pierre Cloutier qui a décortiqué tout le dossier avec une rigueur judiciaire:

    Voici son analyse du discours de M Rousseau:
    http://www.vigile.net/Quand-Henri-Paul-Rousseau-ve

    Voici pourquoi il faut une enquête publique:
    http://www.vigile.net/Caisse-de-depot-et-placement

    Conventree et les PCAA non bancaires: A qui profite le "crime" :

    http://www.vigile.net/A-qui-profite-le-crime,18601

    Lisez ces textes attentivement et vous allez pouvoir mieux débusquer ceux qui veulent nous endormir pour ne pas qu il y ait une enquête publique.

    P.s. Conventree , une petite entreprise de Toronto a réussit a pénétrer le système de défense de la Caisse et nous intoxiquer avec ces PCAA (une perte total de 10 milliards pour le Québec). Avec la nomination de Sabia la on vient de donner a Toronto le contrôlé entier de notre Caisse, qui sera en mode dementellement et démolition.
    Le saccage systématique de notre État se poursuit sans que l'on ne voit un signe de réaction quelque part. La passivité des médias a cet égard ressemble a de la démission.

    jcpomerleau

  • Rémi Beaulieu
    Abonné
    samedi 14 mars 2009 09h29
    Qui a fait des profits avec PCAA ?
    Je crois qu'il serait intéressant de savoir pour quels clients la banque Coventree a vendu des actions de PCAA à la CDP? Quels profits ont réalisé ces mêmes clients pour que les dirigeants de Coventree reçoivents des milions en bonis ?

  • Linda Hart
    Inscrite
    samedi 14 mars 2009 10h40
    C'est bien de cela qu'il s'agit M. Beaulieu
    Bravo M. Beaulieu, c'est cela qu'il faut savoir. Qui s'est engraissé avec les PCAA ? Qui a touché des commissions ? Pourquoi tellement plus de PCAA au Québec qu'ailleurs ? Nous devons absolument tout savoir ? Nous voulons absolument tout savoir ? Il est temps que les valises se réveillent et qu'elles arrachent leur poignée pour que plus jamais personne ne puisse les prendre pour telles. Nous sommes obligés de participer à ces régimes, nous avons le droit de savoir le fin mot de cette magouille.

  • Jean Claaude 61
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 17h52
    @ Remi Beaulieu
    Voici une élément de réponse: http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/ca

    Ce journaliste confirme ce que je disais ici, il y a 3 semaines:

    http://www.vigile.net/Quebec-sink

    Et encore une fois, consultez: Me Pierre Cloutier sur Vigile.net
    jcpomerleau

  • J.C. Raby
    Inscrit
    dimanche 15 mars 2009 00h04
    Les encercleurs de "wagons"
    Le texte De Francois Desjardins est un des meilleurs articles traitant et qui explique les papiers commerciauc de la Caisse de dépôt et le le PCAA. Suite à la lecture du texte de monsieur François Desjardins, je veux communiquer ma façon de voir les choses.

    Pour la question du rendement de la CDPQ, il n'y a pas plus de questions que les québécois ont raison de poser, après ce qui a été dit par les dirigeants de la CDP, et par Mme Jérôme- Forget et Monsieur Charest. Toutefois, les québécois ont le droit de savoir ce qui s'est passé et je suis entièrement d'accord avec cela. Au moment que j'écris cet article, il y a quelques heures, la nouvelle de la nomination de Michael Sabia a été faite. Je sais qu'il y aura donc un autre débat qui se fera sur cette autre question et sûrement dans le contexte de la Commission parlementaire. Mon article porte sur la question de la performance et sur le rendement de la CDPQ.



    La question est le rendement de la Caisse et en faire une question sur tout : le mandat, les primes, les compétences, le mandat etc. c'e n'est pas juger de la question de la performance de -25%, mais c'est un un raid intellectuel sur tout ce qui peut bouger au niveau politique : Alors, les PQ et l'ADQ ont bien compris, il faut d'abord encercler les wagons et les cowboys et ensuite courir à cheval autour pendant que les spectateurs regardent . De là, les médias s'exclament, la crise semble bien fonctionner, en espérant que les spectateurs vont voter du bon coté.... VOILÀ où le débat en est depuis un mois! Pour moi tout ca est un épouvantail politique.......comme Gommery d'ailleurs : une grosse histoire dans les journaux pour les spectateurs, ca coute cher, on ne sait pas trop ou ca va, à qui ca va faire peur, ca tourne en rond , ca sort la tête , ca cache la tête, c'est comme le monstre du Lockness! Ça profite à ceux qui tiennent le guichet, ici l'ADQ et notre vénérable PQ! En fait c'est une ingérence du politique dans la caisse, comme l'avait fait Parizeau lors du dernier référendum lorsqu'il avait placé des milliards de la CDP à Toronto. Si la caisse n'avait pas eu de PCAA leur rendement aurait été comparable aux autres grosses caisses et tout ce débat de la performance de la cdpq n'aurait pas eu lieu car le PQ et l'ADQ n'aurait pas vraiment eu d'OS à mordre, ou de wagons à encercler, pour leur cause politique pour mousser leur déprime et pour tenter de gagner des votes. Je ne les blâme pas , c'est ça la chose politique : comme c'était la chose politique quand les libéraux criaient au scandale lorsque la CDP avait perdu de l'argent (30millions $) dans des entreprises du Québec.



    Certains s 'attendais que les Charest et Jérôme-Forget devraient avoir réponses aux questions : Moi je dis non! Ce n'est pas à eux à répondre à la question de performance. La question posée a été suite au -25% de rendement. Le PQ et L'ADQ veulent en faire une question beaucoup plus large que de la performance, de façon à faire un meilleur scandale. Moi je dis qu'après avoir entendu les dirigeants , il est clair que le PCAA est la cause réelle du débat actuel. Tenter de l'élargir est du pur opportunisme politique et nous n'avons pas de besoin de cela actuellement dans notre société qui a de plus grand problèmes à s'occuper : la pauvreté, la misère, la santé, le décrochage scolaire, et bien d'autres. Le débat de la CDP autre que le problème de la CDP est du niaisage, une perte de temps, un « encerclement de wagons » pour les spectateurs impressionnés et influencables.



    Pour ce qi est du PCAA : Quelques points importants je crois au sujet des PCAA sont :

    1- La culture parmie le monde des investisseurs et des gestionnaires de fonds avait peu de réflexe de vérifier la liquidité des fonds monétaire avant la crise du PCAA en 2008.. le « T-bills » et les papiers commerciaux, avant 2008 étaient comme du papier peint sur le mur, c'est les « money markets » c'est simple, c'est comme un stationnement bien tranquille , là où on « park » DE L'ARGENT EN ATTENDANT qu'on fasse des placements plus intéressant, c'est l'assiette de beurre dans le garde manger. On ne se soucie pas trop de cet aspect du portefeuille, c'est comme ne pas manger du poisson le vendredi, ou que la Ste Vierge est vierge : Avant 2008, c'était l' état d'esprit des professionnels, des gestionnaires de fonds, incluant ceux à la CDP, particulièrement avec la quotte triple AAA du DBRS. Je crois que c'est pourquoi que l'avis du la Banque du Canada n'a pas été retenue avec sérieux : c'était comme se faire dire que la Ste Vierge n'est pas vierge ! Les gestionnaire étaient bien heureux avec la quotte AAA du DBRS.



    2- Le monde des virgules des rendements, les quelques dizaines de points de rendements ne sont pas sans grande conséquence, mais dans le monde des milliards, ça représente des gros montants. C'est vrai, mais de là à dire que les gestionnaires étaient obsédés par la performance est quand même pousser un peu fort. Comme le disait Monsieur Rousseau le premier objectif des PCAA était de permettre la liquidité. Oui mais pour les gestionnaires du fonds des marchés monétaires, ça ne fait pas de différence dans leur primes ou leur salaire. Toutefois, c'est là que je verrais la Commission parlementaire questionner cette cet aspect des choses dans le contexte de la gestion du risque, le système de rémunération pour les gestionnaires du fonds des « MONEY MARKETS » .



    3-. En arriès, dans les coulisses, les magouilleurs se sont infiltrés, pour penser à des « SCAMS » pour faire des piastres à la saveur Bernie Maddoff . On a alors inventé des techniques pour pouvoir (A) mettre en collatéral des MBS (Mortgage Back Securities) et (B) de là ont a décidé qu'on pouvait juxtaposer toutes sortes d'hypothèques, et de là (C) les Banques aux USA, sans aucun contrôle, y sont allées avec des hypothèques sauvages (toxiques), et (D) de la on y a placé les hypothèques dans les MBS et de €) là les MBS se sont retrouvé dans la PCAA....et (F) voilà le tour a été fait. Il fut de même avec les prêts à la consommation, cartes de crédit folles, automobiles, voitures de location etc. elles ont fait le même cycle que pour les hypothèques folles. ce qu'on appelle les « credit default swaps » des PCAA. Si on met tout ça dans le climat de George Bush et son contexte de 9/11, où Bush disait aux américains de dépenser, d'y aller pour montrer aux terroristes qu'ils ne pouvaient gagner! L' exubérance irrationnelle était alors à son meilleur, et les PCAA prenaient leur place dans cet esprit évangélique républicain et du fou de la consommation malade d'une société. Cet esprit a gagné et s'est propagée en Europe et dans le monde occidental. Le Canada ici, nous avions la SCHL qui a veillée au grain : la SCHL a continué à exiger au 25% de paiement initial sur les hypothèques. Toutefois la pression folle a forcée, avec je me doute d'intervention des politiciens ou de l'esprit facile à consommer, à baisser ce pourcentage de 25% à 20% vers 2005-2006. Toutefois, même à 20% il y avait un engagement assez solide pour les propriétaires de maintenir leur maison et de prévenir certains consommateurs à acheter une maison, parce qu'ils ne pouvaient se payer une maison avec le test du revenu (30% du revenu brut , pourcentage du test de la dette brute,( en anglais : GDRS : Gross debt service ratio) que la SCHL exigeait avant d'assurer une hypothèque . C'est de là que le Canada a été exceptionnel dans tout ça. C'est là que ma fierté est heureuse! . Et sur 75 milliards, le miracle continue, la SCHL avec son fonds d'assurance, sans aucun risque ajouté, elle a payé les banques pour prendre le titre hypothécaires sur 75 milliards des hypothèques assurées. La SCHL a acquis sur les marchés mondiaux les milliards requis, elle ajoute 75 milliards de liquidité aux banques canadiennes, et elle réalisent quelques points de profits pour les canadiens, les intérêts et le remboursement des hypothèques vont à la SCHL....... Si elle réalise 50 points d'écart entre l'emprunt et le coût = 37,5 millions $ de profits dès la première année... Ça n'a rien coûté, c'est sans risque, les banques n'ont pas de problèmes de liquidité, les canadiens gagnent.....C'est ça les bonnes affaires dans mon pays, j'aimerais qu'il y en aurait plus de ces bonnes affaires au Fédéral.



    Alors, je demande que la Commission parlementaire à Québec, d'expliquer aux citoyens cet aspect de la sous performance entre -25% et -18%. Je sais que l'encerclement des wagons va continuer et moi à chaque fois, je sais que beaucoup d'observateurs vont rire et vont se brasser la tête....



    Dans la question de cette perspective du rendement de la caisse, les PCAA explique l'écart l'écart entre -18% et -25%. Alors les questions que je suggère à la Commission parlementaire pour cet aspect de la performance sont :



    1-Quelle a été l'avis de la Banque du Canada en 2005, et si pertinent, pourquoi et qui a décidé de ne pas l'avoir suivie cet avis?

    2- En quoi le système de rémunération aurait affecté les décisions des gestionnaires du portefeuille des marchés monétaires à investir autant dans les PCAA ?

    3- Quel est le processus de gestion du risque interne de la CDP et comment a t-il ou n'a t-il pas été rigoureux dans le contexte des PCAA?



    Si la Commission veut s'aventurer ailleurs que sur les PCAA- il y a d'autres questions à demander. Mais là on dépasse le contexte des PCAA qui est vraiment la raison que ce débat a commencé il y a quelques temps. Toutefois si la question du rendement global des 15 fonds de la CDP est du mandat de la commission, j'aurais la question suivante :



    4- Dans le contexte de la théorie des marchés efficients ( i.e. là où l'information rapide fait en sorte que les marchés s'ajustent rapidement et inclus toutes le informations portant sur les données non quantitatives, quantitatives et psychologiques, incluant même les magouilles, il est impossible aux gourous, aux grands analystes de battre les marchés dans la majorité des cas :soit 80% du temps) et l'existence des fonds indiciels, pourquoi la CDPQ n'utilise t-elle pas plus les fonds indiciels? Question importante pour constater la réalité que 11 fonds sur 15 à la CDPQ ne dépassent pas le rendement des fonds indiciels. C'est ça la question qui tue je crois. Je suis certain qu'elle ne sera pas posée, ou du moins pas posée avec substance, ténacité et intelligence : Ça serait trop demander aux « encercleurs de wagons! Espérons que ce n'est pas les cas» .



    Je sais que la nouvelle question qui a explosé il y a quelques heures, au moment où j'écrivais ce texte, est celle de la nomination de Mr. Michael Sabia. Ceci évidemment touche à une très très grosse corde sensible. Il y a plus que la sensibilité des québécois en jeux. Elle sera évidemment la nouvelle corde à jouer lors de la Commission parlementaire. Elle mérite attention et analyse.

  • Gaétan Morneau
    Inscrit
    dimanche 15 mars 2009 13h16
    Une enquête du Vérificateur du Québec s'impose
    Je crois qu'une enquête approfondie par le vérificateur général du Québec, tel que le demandée par l'Association démocratique des retraités (ADR)( www.adr-quebec.org )serait tout à fait appropriée. Le Vérificateur général est une autorité crédible et tout à fait indépendante. Il a fait ses preuves dans le passé, notamment dans le dossier de l'Université du Québec à Montréal portant sur les projets Complexe des sciences Pierre-Dansereau et Ïlot Voyageur. (Décret 353-2007, adopté le 16 mai 2007). Si le gouvernement a confié un tel mandat au Vérificateur dans le cas de l'UQAM, il peut tout au si bien le faire dans le cas la Caisse de dépôt et placement.
    Une enquête publique coûte très chère et est généralement très longue. Un tel type d'enquête risque d'éclabousser non seulement tous le gestionnaires et employés de la Caisse, mais aussi les milliers de compagnies dans lesquelles a investi la Caisse. Elle risque aussi d'éloigner les bons gestionnaires de fonds; car personne n'aime être dans la controverse.

  • Élisabeth Papineau
    Abonné
    dimanche 15 mars 2009 13h35
    le mystère de M. Rousseau
    Bravo M.Desjadins pour cette analyse très fine de la gestion d'encaisse par la Caisse.
    1.- Il faut douter du chiffre de 35 G$ d'encaisse mentionné par M. Rousseau, cela représente en 2008, 22% de l'actif des déposants (35/120) et 16% de l'actif total sous gestion (35/220). Un tel mouvement de trésorerie (cash flow) me semble improbable.

    2.- Quelle était la différence de rendement entre un PCAA bancaire et non bancaire?
    Sans doute infinitésimale et ne justifiant pas le risque additionnel.

    3.- Selon les chiffres que vous alignez, il y aurait eu assez d'autres sources de fonds de marché monétaire disponibles pour la gestion de l'encaisse de la Caisse.

    4.- En somme, la clef du mystère de M. Rousseau au sujet des PCAA se nomme cupidité, ce qui n'est pas une notion de gestion d'épargnes collectives.

    Votre prochaine recherche devrait porter sur les pertes, définitives celles là, de 8,9G$ en couverture de devises. (alors que l'on peut espérer récupérer à long terme environ 50% des pertes comptables des PCAA non bancaires)
    Une plus grande proportion de l'actif investi au Québec, donc en dollars canadiens, n'aurait pas encouru de pertes sur devises.

    Une autre bonne piste sera de questionner l'effet de l'énorme dette en 2008 de 66,8G$, encourue pour jouer l'effet de levier. Entre 2007 et 2008 l'actif des déposants a reculé de 155,4G$ à 120,1G$. Si cette dette (66,8G$/120,1G$) a été contractée en devises étrangères, selon les règles comptables de la Caisse il a fallu inscrire cette perte sur devises et le coût de la protection contre les fluctuations des devises.

    À la lumière des derniers événements, je pense qu'il existe de plus un vice systémique dans le fonctionnement entre la Caisse et ses déposants et en particulier sur la capacité de ces derniers de bien choisir leurs options de risque versus rendement: ils ne pouvaient se méfier suite à la prestation magistrale de M. Rousseau en commission parlementaire en 2007 où il avait endormi tout le monde au sujet des PCAA, y compris ses maîtres politiques.

    Jean-Yves Papineau
    Mont-Tremblant

  • J.C. Raby
    Inscrit
    mardi 17 mars 2009 13h21
    Les lucides e mM. Sabia
    Il m'apparaît moi aussi que la séquence des événements dans la nomination de Sabia sent la manoeuvre politique à plein nez. Il y a eu un peu comme un coup de tête, comme si Mme Jérôme Forget et Charest disaient :..... je vais leur montrer...... : « Ils vont en baver ces fatigants » , en parlant de leurs adversaires politiques. Oui, ça sent la vendetta, c'est un coup de tête et ca donne l'impression que le processus de sélection de monsieur Sabia a été fait à la hâte, ce qui n'est pas une bonne impression pour rallier les gens autour de cette décision importante. D'ici, le gouvernement Charest va sûrement référer les questions aux dirigeants de la CDPQ et le PQ et l'ADQ vont rester sur leur appétit.
    Les citoyens eux, ils regardent ce spectacle, ils veulent des réponses et espèrent que la performance de la CDPQ sera suffisante. Deux perspectives principales occuperont l'esprit des gens : celle de la rencontre de la performance et celle du rôle de la CDPQ dans l'économie du Québec.
    Le premier enjeux est celui de la performance. Enjeux important de pouvoir rencontrer les comptes à payer de la Caisse. Un rendement de 7% est requis sur le long terme. Les citoyens, sont inquiets suite à la sous performance de -25%. Ils ne veulent pas revoir un tel scénario car cette fois ci, la répétition d'un tel rendement serait quasi fatal pour le bon déroulement du paiement des pensions : Un rendement de -25% est facilement gérable sur le long terme mais -50% est une toute autre histoire.
    Alors, les citoyens soucieux seulement par cette perspective du rendement se posent la question : comment monsieur Sabia, le conseil d'administration pourront s'acquitter de leurs tâches pour relever le vrai défi du 7% actuariel!
    Le deuxième enjeux est celui du rôle de la CDPQ dans l'avenir politique et économique du Québec;
    Ceux qui croient que cet enjeux est le plus important considèrent plus les dimensions politiques. Ils se soucient du 7% de performance requis mais aussi, ils attachent beaucoup d'importance au rôle de la CDPQ, comment elle jouera un rôle politique, comment elle pourra jouer un rôle pro actif dans l'économie du Québec, comment elle aura le pouvoir d'influencer l'avenir politique du Québec.
    Ces gens soucieux du rôle politique de la Caisse, ne sont généralement pas sympathiques à la nomination de monsieur Sabia. Ils croient que monsieur Sabia n'est pas l'homme de la situation et qu'il est inacceptable qu'un homme comme lui soit en charge du bas de laine des québécois, un homme qui a été du coté du NON et un partisans de l'unité canadienne, un membre du comité du NON d'Ottawa! Sa nomination a provoqué un malaise. Certains fatiguent à savoir que c'est un Ontarien, un anglophone, et qui en plus, n'est pas un «pure laine».
    Quand ils communiquent leur opposition à la nomination de M. Sabia, les politiciens du PQ ou de l'ADQ font attention au choix de leurs mots, ils savent qu'ils faut éviter le langage qui pourrait démontrer toute forme d'ethnocentrisme. Alors, déjà nous pouvons commencer à observer le choix d'intéressants des mots, des mots prudents, des mots qui veulent dire beaucoup mais qui pourraient aussi passer comme inoffensifs et même banal. Monsieur Landry a parlé de provocation, qu'il déplore que le nouveau président de la Caisse de dépôt ait une «culture nationale canadian» : intéressante expression qui est remplie de sens mais qui évite de dire des mots qui pourraient laisser sous entendre toute forme d'ethnocentrisme ou de mots à la Parizeau. Faudrait-il que les dirigeants des sociétés d'État subissent un test de culture québécoise? Mme Marois a dit qu'elle aurait préféré voir à la direction de la CDPQ «une personne qui fasse davantage l'unanimité» : encore du langage qui laisse place à beaucoup d'interprétation et beaucoup de place pour les partisans du « pure laine » . Choix de mots importants, mots politiques pas si banal que ça!
    Observons au cours des semaines à venir, les mots utilisés. Par ces mots subtils, nous trouverons beaucoup de sens et beaucoup sur la façon de penser des émetteurs.

    Le troisième balcon des observateurs, celui des lucides et des pragmatiques:
    Michael Sabia est un homme brillant, mais controversé. Le fait qu'il fut celui à la tête de BCE est quand même une certaine indication que le type n'est pas un « deux de pique ». Certains le vénèrent, d'autres le détestent. Pour certains il a relevé un défi colossal en faisant le ménage à BCE et pour d'autres, l'entreprise a piétiné sous sa direction hésitante et technocratique. Pour les gens pragmatiques et les lucides, la faiblesse du curriculum vitae de M. Sabia est qu'il n'a aucune expérience dans l'industrie financière. Comment peut-on nommer un homme sans expérience forte dans une entreprise à vocation financière à la tête de la Caisse de Dépôt ? De plus, M. Sabia, selon certains, n'est pas intégré au réseau de Québec inc., le réseau des québécois décideurs et entrepreneurs.
    Ce brillant individu a été choisi, par ce qui apparaît, par le premier ministre et non par le C.A. de la Caisse. Il apparaît que le processus de dotation suivi, a été un processus bidon. Il est inadmissible que le chef de la direction de l'institution financière la plus importante de la province soit choisi à l'issue d'un processus bidon ayant M. Charest et Mme Jérôme Forget en coulisses. Comment des personnes aussi respectées que M. Tessier et les gens du C.A. Ont-elles pu se prêter à ce jeu ?
    Selon moi, les lucides sonner le ton et rappeler l'importance du 7% de rendement à la Caisse. Ils devraient aussi promouvoir l'appui à M. Sabia et à son Conseil d'Administration et encourager l'optimisme en regardant l'avenir.
    Il faut éviter que le débat et les distractions nuisent à l'atteinte des objectifs vrais objectifs pour l'avenir des citoyens et de leur bas de laine.

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