Le premier ministre de l'Alberta à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain - Les sables bitumineux: de l'Alberta au Québec
Photo : Jacques Nadeau
Le premier ministre de l’Alberta, Ed Stelmach, était de passage à Montréal, hier, pour vanter les mérites des sables bitumineux, fierté de sa province.
Le premier ministre de l'Alberta, Ed Stelmach, s'est donné pour mission de redorer l'image des sables bitumineux, fierté de sa province. Selon lui, il s'agit là d'une production énergétique, non seulement moins dommageable pour l'environnement qu'on voudrait le croire, mais aussi des plus bénéfiques pour l'économie canadienne. Une vision que les écologistes ont décriée hier.
Devant un parterre de gens d'affaires réunis pour l'occasion par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le chef du Parti conservateur albertain s'est ainsi livré à un plaidoyer en faveur de l'exploitation de la deuxième réserve de pétrole bitumineux en importance de la planète. «Les sables bitumineux du nord-est de l'Alberta renferment pas moins de 173 milliards de barils de pétrole, soit une quantité suffisante pour pourvoir aux besoins du Canada pour une période de 500 ans», a-t-il affirmé d'entrée de jeu.
Selon les données qu'il a présentées hier, cette abondante ressource d'énergie fossile a stimulé les investissements au cours des dernières années, et on prévoit que plus de 170 milliards de dollars supplémentaires seront injectés dans le secteur d'ici 10 ans. Certaines entreprises québécoises ont compris la chose. C'est le cas de SNC-Lavalin, qui est déjà un des gros joueurs dans le domaine, a souligné M. Stelmach. Le mois dernier, c'était au tour de Supermétal Structures, un fabricant de charpentes métalliques, d'annoncer deux contrats totalisant pas moins de 150 millions de dollars.
«Ce sont là de bonnes nouvelles pour les travailleurs dans nos deux provinces, a-t-il ajouté. Les estimations démontrent d'ailleurs que 44 % des emplois créés par les sables bitumineux le sont à l'extérieur de l'Alberta.» Une étude datant de 2005 — avec un baril de pétrole qui se transigeait alors à 32 $ — évaluait par ailleurs les retombées financières pour l'État canadien et les provinces à 100 milliards pour la période 2000-2020. Un chiffre qu'il juge nécessaire de revoir à la hausse, avec un baril au-dessus de 80 $.
Il se veut aussi rassurant devant les graves turbulences économiques que traversent présentement les États-Unis. «Je suis certain que la mise à jour [de l'étude de 2005] démontrera que la valeur économique des sables bitumineux — en matière d'emplois, d'investissements et de taxes — est beaucoup plus importante que les évaluations antérieures», a affirmé le premier ministre albertain. Qui plus est, les prochaines années seront plus profitables, puisque la demande énergétique mondiale devrait augmenter de plus de 50 % au cours des 30 prochaines années.
Énergie polluante
Ed Stelmach admet néanmoins que cette production pétrolière possède un «coût environnemental». Il juge toutefois que celui-ci est minime, dans un effort certain pour rassurer les Québécois à quelques semaines du dépôt d'un projet de transport de pétrole bitumineux jusqu'au Québec. Selon lui, les impacts sur la forêt boréale ne sont pas significatifs, les entreprises sont soumises à des règles environnementales très strictes, la qualité de l'air dans les zones d'extraction est «bonne» et 90 % de l'eau utilisée par l'industrie est «recyclée». Enfin, les sables bitumineux ne compteraient que pour 5 % des émissions canadiennes de gaz à effet de serre.
Une vision optimiste que ne partagent absolument pas les écologistes, qui voient les sables bitumineux comme une source d'énergie «extrêmement polluante». Le coordonnateur général d'Équiterre, Sidney Ribaux, a notamment expliqué hier que l'extraction de pétrole bitumineux produit cinq fois plus de gaz à effet de serre que les procédés traditionnels.
Cela a considérablement contribué à la progression des émissions canadiennes. Une situation qui ne peut que s'aggraver, a-t-il prévenu, parce qu'on prévoit tripler la production d'ici quelques années. M. Ribaux préconise plutôt le recours à l'énergie éolienne, à la géothermie ou à des mesures d'efficacité énergétique, autant de solutions qui créeraient, selon lui, autant d'emplois.
Un nouveau rapport, rendu public hier par des chercheurs de l'Université de Toronto, met aussi en garde contre les effets néfastes de l'exploitation des sables bitumineux sur les Grands Lacs. Dix-sept raffineries pourraient être construites autour de ces véritables mers intérieures, essentiellement du côté américain de la frontière. L'eau utilisée pour le traitement du pétrole bitumineux serait lourdement polluée, tout comme l'air de la région, de quoi annuler tous les effets des programmes de dépollution mis en place depuis les années 70, prédisent les auteurs.
Rencontre avec Jean Charest
Par ailleurs, M. Stelmach souhaite une rencontre avec ses homologues provinciaux pour discuter de l'état de l'économie. Il a affirmé hier qu'il devait en discuter plus tard dans la journée avec le premier ministre du Québec, Jean Charest, afin de planifier une rencontre du Conseil de la fédération. Un porte-parole du leader albertain a dit qu'une telle rencontre pourrait avoir lieu aussi tôt qu'en début de semaine prochaine.
S'il s'est dit confiant, M. Stelmach a tout de même indiqué qu'il fallait suivre la situation de près. «Il faut tout faire pour aider les Canadiens à garder confiance dans leur économie. Entre 60 et 65 % de celle-ci est basée sur la consommation, et si les gens deviennent nerveux, ils cessent de consommer. Dans ce cas, on pourrait assister à une diminution de l'activité économique.»
Devant un parterre de gens d'affaires réunis pour l'occasion par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le chef du Parti conservateur albertain s'est ainsi livré à un plaidoyer en faveur de l'exploitation de la deuxième réserve de pétrole bitumineux en importance de la planète. «Les sables bitumineux du nord-est de l'Alberta renferment pas moins de 173 milliards de barils de pétrole, soit une quantité suffisante pour pourvoir aux besoins du Canada pour une période de 500 ans», a-t-il affirmé d'entrée de jeu.
Selon les données qu'il a présentées hier, cette abondante ressource d'énergie fossile a stimulé les investissements au cours des dernières années, et on prévoit que plus de 170 milliards de dollars supplémentaires seront injectés dans le secteur d'ici 10 ans. Certaines entreprises québécoises ont compris la chose. C'est le cas de SNC-Lavalin, qui est déjà un des gros joueurs dans le domaine, a souligné M. Stelmach. Le mois dernier, c'était au tour de Supermétal Structures, un fabricant de charpentes métalliques, d'annoncer deux contrats totalisant pas moins de 150 millions de dollars.
«Ce sont là de bonnes nouvelles pour les travailleurs dans nos deux provinces, a-t-il ajouté. Les estimations démontrent d'ailleurs que 44 % des emplois créés par les sables bitumineux le sont à l'extérieur de l'Alberta.» Une étude datant de 2005 — avec un baril de pétrole qui se transigeait alors à 32 $ — évaluait par ailleurs les retombées financières pour l'État canadien et les provinces à 100 milliards pour la période 2000-2020. Un chiffre qu'il juge nécessaire de revoir à la hausse, avec un baril au-dessus de 80 $.
Il se veut aussi rassurant devant les graves turbulences économiques que traversent présentement les États-Unis. «Je suis certain que la mise à jour [de l'étude de 2005] démontrera que la valeur économique des sables bitumineux — en matière d'emplois, d'investissements et de taxes — est beaucoup plus importante que les évaluations antérieures», a affirmé le premier ministre albertain. Qui plus est, les prochaines années seront plus profitables, puisque la demande énergétique mondiale devrait augmenter de plus de 50 % au cours des 30 prochaines années.
Énergie polluante
Ed Stelmach admet néanmoins que cette production pétrolière possède un «coût environnemental». Il juge toutefois que celui-ci est minime, dans un effort certain pour rassurer les Québécois à quelques semaines du dépôt d'un projet de transport de pétrole bitumineux jusqu'au Québec. Selon lui, les impacts sur la forêt boréale ne sont pas significatifs, les entreprises sont soumises à des règles environnementales très strictes, la qualité de l'air dans les zones d'extraction est «bonne» et 90 % de l'eau utilisée par l'industrie est «recyclée». Enfin, les sables bitumineux ne compteraient que pour 5 % des émissions canadiennes de gaz à effet de serre.
Une vision optimiste que ne partagent absolument pas les écologistes, qui voient les sables bitumineux comme une source d'énergie «extrêmement polluante». Le coordonnateur général d'Équiterre, Sidney Ribaux, a notamment expliqué hier que l'extraction de pétrole bitumineux produit cinq fois plus de gaz à effet de serre que les procédés traditionnels.
Cela a considérablement contribué à la progression des émissions canadiennes. Une situation qui ne peut que s'aggraver, a-t-il prévenu, parce qu'on prévoit tripler la production d'ici quelques années. M. Ribaux préconise plutôt le recours à l'énergie éolienne, à la géothermie ou à des mesures d'efficacité énergétique, autant de solutions qui créeraient, selon lui, autant d'emplois.
Un nouveau rapport, rendu public hier par des chercheurs de l'Université de Toronto, met aussi en garde contre les effets néfastes de l'exploitation des sables bitumineux sur les Grands Lacs. Dix-sept raffineries pourraient être construites autour de ces véritables mers intérieures, essentiellement du côté américain de la frontière. L'eau utilisée pour le traitement du pétrole bitumineux serait lourdement polluée, tout comme l'air de la région, de quoi annuler tous les effets des programmes de dépollution mis en place depuis les années 70, prédisent les auteurs.
Rencontre avec Jean Charest
Par ailleurs, M. Stelmach souhaite une rencontre avec ses homologues provinciaux pour discuter de l'état de l'économie. Il a affirmé hier qu'il devait en discuter plus tard dans la journée avec le premier ministre du Québec, Jean Charest, afin de planifier une rencontre du Conseil de la fédération. Un porte-parole du leader albertain a dit qu'une telle rencontre pourrait avoir lieu aussi tôt qu'en début de semaine prochaine.
S'il s'est dit confiant, M. Stelmach a tout de même indiqué qu'il fallait suivre la situation de près. «Il faut tout faire pour aider les Canadiens à garder confiance dans leur économie. Entre 60 et 65 % de celle-ci est basée sur la consommation, et si les gens deviennent nerveux, ils cessent de consommer. Dans ce cas, on pourrait assister à une diminution de l'activité économique.»
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