Panique sur les places boursières
Photo : Jacques Nadeau
Cellulaire à l’oreille, un courtier surveillait hier le plongeon des indices boursiers sur le tableau lumineux de la Banque Laurentienne, avenue McGill College, hier, à Montréal.
Les marchés boursiers ont connu un autre lundi noir hier. La panique a été planétaire, les investisseurs voyant la crise bancaire prendre plus d'ampleur en Europe et craignant une récession mondiale. Outre-Atlantique, les dirigeants politiques voulaient se faire rassurants en sortant la carte de la garantie d'État offerte sur les dépôts bancaires. Aux États-Unis, le plan de sauvetage de 700 milliards s'est timidement mis en branle alors que la Réserve fédérale gonflait ses facilités de crédit à 900 milliards afin d'éviter que le marché du crédit ne s'assèche complètement.
À Toronto, la séance d'hier a commencé avec des transactions de vente déferlant par vagues. Le délestage a été tel qu'en quelques heures, l'indice S&P/TSX affichait un recul de près de 1200 points, ou de 11 %, pour tomber sous les 10 000 points et effacer tous ses gains cumulés depuis la mi-2005. L'indice baromètre s'est quelque peu ressaisi en fin de séance pour clore la journée à 10 230,43, en baisse de 572,92 points ou de 5,3 %. En dollars, ce recul équivaut à une perte sur papier de 75 milliards.
La semaine dernière, l'indice de référence de Bay Street a perdu 11 %, soit l'équivalent d'une capitalisation de 150 milliards, sous l'hésitation de la Chambre des représentants à adopter le plan orchestré par le secrétaire au Trésor, Henry Paulson. Et depuis son sommet de juin, la fonte de l'indice torontois atteint les 33 %, représentant une érosion sur papier des valeurs boursières de 600 milliards, estimait-on hier.
La Bourse torontoise est très sensible aux cycles économiques avec la moitié de son portefeuille de référence lié au secteur des ressources naturelles. Sa chute a donc été accélérée hier par le plongeon des cours pétroliers sous les 90 $US, à 87,81 $US le baril à New York. L'or noir est revenu à son plus bas niveau des huit derniers mois. Il abandonne désormais 40 %, ou 60 $US le baril, depuis son sommet de 147 $US atteint en juillet. Le dollar canadien n'a pas été épargné, perdant 1,48 ¢US pour terminer à 90,98 ¢US et revenir à son niveau de mai 2007.
La déconfiture boursière a été généralisée, et planétaire. Après avoir perdu plus de 7 % en séance, le Dow Jones a reculé de 3,6 % à New York en clôture, tombant sous les 10 000 points, à son plus bas niveau depuis quatre ans. «C'est de la panique, par définition: tous les ingrédients sont réunis», a noté l'analyste Marc Pado, de la société Cantor Fitzgerald. «Il n'y a nulle part où aller, nulle part où se cacher. Même les valeurs de la consommation ou de la pharmacie, considérées comme des refuges, ont été massacrées.»
En Europe, les bourses ont terminé la séance sur de très fortes chutes, les actions des banques et des compagnies d'assurance affichant les plus lourdes pertes. Paris a cédé 9 %, le plus fort recul en une séance depuis la création de l'indice CAC-40 en 1988, tandis que Londres a chuté de 8 %, alors que le ministre britannique des Finances n'a pas confirmé un plan de recapitalisation des banques. Francfort a perdu 7 %, Milan 8,2 % et Amsterdam 9 %. Moscou a dévissé de 19,1 %, une chute record.
Les marchés boursiers d'Asie-Pacifique, de la région du Golfe et d'Amérique latine ont également connu une journée noire.
Devant le risque de panique chez les épargnants, plusieurs gouvernements européens ont annoncé des mesures de garantie des dépôts, à l'instar de l'Irlande, de l'Allemagne, de la France, du Portugal, de l'Espagne et de l'Islande — où le premier ministre a annoncé que le gouvernement était prêt à prendre le contrôle de toutes les banques du pays pour faire face à la crise financière. La mesure la plus spectaculaire est venue d'Allemagne, où la chancelière Angela Merkel a annoncé dimanche la couverture par l'État de toute l'épargne des ménages, soit plus de 1600 milliards d'euros.
Aux États-Unis, le plan de sauvetage bancaire de 700 milliards accepté vendredi, avec résignation, par le Congrès commençait peu à peu à se mettre en branle. Le président George W. Bush a cependant prévenu que ses effets ne se feraient pas sentir à court terme. «La mise en place de ce plan va prendre du temps — un programme qui, un, est efficace et, deux, qui ne gaspille pas l'argent du contribuable», a-t-il dit. «Cela va prendre un certain temps de restaurer la confiance dans le système financier, mais une chose que les gens doivent savoir, c'est que j'ai signé une loi qui est un grand pas vers la résolution du problème.»
Un peu plus tôt, le Trésor américain lançait le processus en amorçant le recrutement des gestionnaires appelés à gérer la liquidation ordonnée des éléments d'actif devant être rachetés des banques.
Sur la scène monétaire, la Réserve fédérale américaine a précisé hier avoir gonflé à 900 milliards les disponibilités de financement mises à la disposition des banques. Ces liquidités visent à empêcher que le marché du crédit de s'assèche complètement, paralysé qu'il est par la méfiance des institutions financières hésitant à se prêter entre elles. Un marché peu liquide provoque un resserrement des conditions d'octroi du crédit et une hausse des coûts de financement des banques, qui se traduit par une augmentation des taux d'intérêt exigés des clients.
Déjà hier, TD Canada Trust prenait les devants en déplaçant vers le haut ses taux hypothécaires variables. «Bien que TD Canada Trust s'efforce de ne pas transmettre les hausses de taux à ses clients, ce changement reflète les coûts sans cesse croissants du financement dans l'environnement économique actuel», a souligné l'institution.
***
Avec l'Agence France-Presse
À Toronto, la séance d'hier a commencé avec des transactions de vente déferlant par vagues. Le délestage a été tel qu'en quelques heures, l'indice S&P/TSX affichait un recul de près de 1200 points, ou de 11 %, pour tomber sous les 10 000 points et effacer tous ses gains cumulés depuis la mi-2005. L'indice baromètre s'est quelque peu ressaisi en fin de séance pour clore la journée à 10 230,43, en baisse de 572,92 points ou de 5,3 %. En dollars, ce recul équivaut à une perte sur papier de 75 milliards.
La semaine dernière, l'indice de référence de Bay Street a perdu 11 %, soit l'équivalent d'une capitalisation de 150 milliards, sous l'hésitation de la Chambre des représentants à adopter le plan orchestré par le secrétaire au Trésor, Henry Paulson. Et depuis son sommet de juin, la fonte de l'indice torontois atteint les 33 %, représentant une érosion sur papier des valeurs boursières de 600 milliards, estimait-on hier.
La Bourse torontoise est très sensible aux cycles économiques avec la moitié de son portefeuille de référence lié au secteur des ressources naturelles. Sa chute a donc été accélérée hier par le plongeon des cours pétroliers sous les 90 $US, à 87,81 $US le baril à New York. L'or noir est revenu à son plus bas niveau des huit derniers mois. Il abandonne désormais 40 %, ou 60 $US le baril, depuis son sommet de 147 $US atteint en juillet. Le dollar canadien n'a pas été épargné, perdant 1,48 ¢US pour terminer à 90,98 ¢US et revenir à son niveau de mai 2007.
La déconfiture boursière a été généralisée, et planétaire. Après avoir perdu plus de 7 % en séance, le Dow Jones a reculé de 3,6 % à New York en clôture, tombant sous les 10 000 points, à son plus bas niveau depuis quatre ans. «C'est de la panique, par définition: tous les ingrédients sont réunis», a noté l'analyste Marc Pado, de la société Cantor Fitzgerald. «Il n'y a nulle part où aller, nulle part où se cacher. Même les valeurs de la consommation ou de la pharmacie, considérées comme des refuges, ont été massacrées.»
En Europe, les bourses ont terminé la séance sur de très fortes chutes, les actions des banques et des compagnies d'assurance affichant les plus lourdes pertes. Paris a cédé 9 %, le plus fort recul en une séance depuis la création de l'indice CAC-40 en 1988, tandis que Londres a chuté de 8 %, alors que le ministre britannique des Finances n'a pas confirmé un plan de recapitalisation des banques. Francfort a perdu 7 %, Milan 8,2 % et Amsterdam 9 %. Moscou a dévissé de 19,1 %, une chute record.
Les marchés boursiers d'Asie-Pacifique, de la région du Golfe et d'Amérique latine ont également connu une journée noire.
Devant le risque de panique chez les épargnants, plusieurs gouvernements européens ont annoncé des mesures de garantie des dépôts, à l'instar de l'Irlande, de l'Allemagne, de la France, du Portugal, de l'Espagne et de l'Islande — où le premier ministre a annoncé que le gouvernement était prêt à prendre le contrôle de toutes les banques du pays pour faire face à la crise financière. La mesure la plus spectaculaire est venue d'Allemagne, où la chancelière Angela Merkel a annoncé dimanche la couverture par l'État de toute l'épargne des ménages, soit plus de 1600 milliards d'euros.
Aux États-Unis, le plan de sauvetage bancaire de 700 milliards accepté vendredi, avec résignation, par le Congrès commençait peu à peu à se mettre en branle. Le président George W. Bush a cependant prévenu que ses effets ne se feraient pas sentir à court terme. «La mise en place de ce plan va prendre du temps — un programme qui, un, est efficace et, deux, qui ne gaspille pas l'argent du contribuable», a-t-il dit. «Cela va prendre un certain temps de restaurer la confiance dans le système financier, mais une chose que les gens doivent savoir, c'est que j'ai signé une loi qui est un grand pas vers la résolution du problème.»
Un peu plus tôt, le Trésor américain lançait le processus en amorçant le recrutement des gestionnaires appelés à gérer la liquidation ordonnée des éléments d'actif devant être rachetés des banques.
Sur la scène monétaire, la Réserve fédérale américaine a précisé hier avoir gonflé à 900 milliards les disponibilités de financement mises à la disposition des banques. Ces liquidités visent à empêcher que le marché du crédit de s'assèche complètement, paralysé qu'il est par la méfiance des institutions financières hésitant à se prêter entre elles. Un marché peu liquide provoque un resserrement des conditions d'octroi du crédit et une hausse des coûts de financement des banques, qui se traduit par une augmentation des taux d'intérêt exigés des clients.
Déjà hier, TD Canada Trust prenait les devants en déplaçant vers le haut ses taux hypothécaires variables. «Bien que TD Canada Trust s'efforce de ne pas transmettre les hausses de taux à ses clients, ce changement reflète les coûts sans cesse croissants du financement dans l'environnement économique actuel», a souligné l'institution.
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Avec l'Agence France-Presse
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