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Le premier commandement

Gil Courtemanche   20 septembre 2008  Économie
La Haye — Je ne suis pas économiste, ni conseiller financier, ni courtier, mais je ne suis pas idiot. Je me rends bien compte que les économistes, les conseillers en investissements, les courtiers nous ont menés en bateau, nous ont chanté la sérénade pour accumuler des commissions, protéger leur emploi et parfois simplement pour nous voler notre argent. Deux chansons comme des refrains qui nous ont bercés durant les 20 dernières années: libérer les forces du marché et laisser le marché fonctionner. Le marché possède une sorte de point d'équilibre et puisque la loi de l'offre et de la demande est le premier commandement de Dieu, la prospérité ne peut que suivre. Bien sûr, nous pouvons traverser des périodes de stagnation, des tempêtes, mais le capitalisme, le marché, possèdent selon ces gens une sorte d'immunité contre la maladie mortelle, contre la crise d'angine ou le choléra.

Pourtant aujourd'hui ces gens nous ont menés au choléra et à la crise d'angine et ils prient les gouvernements d'éviter la maladie mortelle. Les gouvernements, les régulateurs, les banques centrales, ces empêcheurs de tourner en rond du capitalisme. Ces obstacles à la croissance et à l'innovation. Ces organisations d'un autre siècle, avant les fonds communs, les fonds souverains, les achats à terme, les «subprimes» les options, les «futures», avant les investisseurs institutionnels, avant les corbeilles de produits financiers, ces gouvernements qui ne comprennent rien à la logique du capitalisme, qui est le profit maximal.

Hier, on pariait sur la performance d'une entreprise qui fabriquait des réfrigérateurs ou des avions, qui tissait des draps ou inventait de nouveaux produits. On posait sa mise sur un tapis réel: de vraies entreprises, de vrais produits. Il existait un rapport entre la réalité économique et la Bourse.

Aujourd'hui, ce rapport n'existe plus. Le marché boursier insatiable, les banques toutes puissantes, les fonds communs, les Caisses de dépôt demandaient plus de rendement.

Le marché est devenu monétaire et de plus en plus virtuel. La Bourse inventait de nouveaux produits, des produits qui n'existent pas, des créations de l'esprit. Le prix du pétrole dans 60 jours combiné avec celui du riz dans 30 jours et le rendement des prêts hypothécaires américains ou polonais, tout cela couplé à l'appréciation de l'euro ou à la possibilité d'un ouragan dans le golfe du Mexique.

Un peu partout dans le monde on observe sans sourciller cette transformation de l'économie d'investissement en économie de spéculation, ce passage du solide à l'illusoire. Mais nulle part ailleurs plus qu'aux États Unis, pays devenu le paradis absolu du laisser-faire et surtout du laisser gagner les petits et les gros malins qui peuvent engranger des dollars. Il y a huit ans, c'est la croissance, le chômage est au plus bas. Les gens n'ont pas de grands revenus, mais ils en perçoivent. Achetez des maisons, c'est le temps! Et la petite classe moyenne se précipite vers les prêteurs hypothécaires, les banques, les compagnies d'assurances qui donnent dans tout. Les analystes de la Réserve fédérale savent bien que les taux outrageusement bas que les prêteurs proposent ne tiendront pas la route, que les versements en remboursement vont exploser à un certain moment. Mais, personne ne dit mot.

Les prêteurs offrent leurs créances à des banques avec des promesses de rendement exceptionnel. On spécule sur des hypothèques de gens insolvables, on se les échange, on crée des obligations appuyées par ces créances. Nous sommes dans le domaine de la folie absolue. Pour faire un peu de profit à court terme, pour satisfaire les actionnaires, on vend des produits dont on sait qu'ils vont exploser dans quelques années. La pensée du prédateur, c'est qu'à ce moment il trouvera bien autre chose à vendre pour voler les pauvres cons de la planète. Pendant ce temps, le gouvernement américain ne fait rien et des banques cupides achètent des créances en espérant faire le bonheur de leurs actionnaires avides. Et puis tout à coup, paf! Le papier n'est que fumée. Il n'existe rien derrière ces entreprises milliardaires, juste une spéculation erronée.

Dans les derniers jours, le gouvernement américain a injecté 300 milliards dans le système financier américain. Les banques centrales de l'Union européenne, de la Grande-Bretagne, du Japon et du Canada ont fourni aux capitalistes mondiaux environ la même somme.

Ces immenses sommes d'argent ne sont pas consacrées à un meilleur développement de l'économie, à la création d'emplois ou d'entreprises. Non, elles veulent assurer la stabilité de l'équilibre financier mondial.

Je ne suis pas économiste, mais je sais que sauver Fanny Mae, Freddie Mac et AIG ne crée pas un seul emploi. Cela perpétue l'ordre dominant, celui de la spéculation et de la prédation financière.

Le paradoxe, dans toute cette triste débâcle, c'est qu'elle est due à la cupidité d'entreprises privées que le gouvernement américain a nationalisées pour maintenir l'Amérique en vie. Quel incroyable paysage dont personne ne parle aux États Unis: la nécessité absolue d'un gouvernement pour sauver le pays. Ce pays qui dénonce toutes les nationalisations dans le monde comme étant des aberrations socialistes ou communistes vient, parce qu'il n'a pas fait son travail de gouvernement, de nationaliser littéralement trois des plus grandes entreprises du pays.






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  • Roger Lapointe
    Abonné
    samedi 20 septembre 2008 05h31
    Les USA et les chantres du capitalisme sans barrières de sauvegarde.
    « Voir et entendre Mc Cain,candidat à la présidentielle de son pays faire volteface sur une période de 24 heures concernant la nationalisation de la cie d'assurance AIG en dit long sur cette gigantesque opération pour sauver le système capitaliste mais sans en faire un constat total et surtout public.J'aurais aimé entendre tous les profs LAUZON de ce monde faire l'analyse détaillée de cette faillite du système comme l'avait prédit Marx dans le CAPITAL.La question qu'il faut maintenant se poser, pour combien de temps ce cataplasme va t-il durer?Reste aussi la lancinante situation du COMMERCIAL PAPER et les milliards de$ que nos savants gestionnaires, y compris ceux de notre Caisse de Dépôt et Placement y ont investis: comme placements junkies ,on ne pouvait trouver mieux.A quand le prochain IKE financier et combien va t-il nous coûter? »

  • Roger Lapointe
    Abonné
    samedi 20 septembre 2008 07h36
    Les USA et les chantres du capitalisme sans barrières de sauvegarde.
    « Pour faire court sur cette gigantesque escroquerie de la haute finance étatsunienne sans aucune mode régulatoire:c'est comme confier l'administration de la justice à la Mafia internationale. »

  • henri gabrysz
    Inscrit
    samedi 20 septembre 2008 08h24
    libéralisme
    « Freddie mac et Fannie Mae n'ont pas été nationalisées puisqu'elles étaient déjà dans le giron de l'État américain, en écrivant cela vous [...] discréditez le libéralisme en le réduisant au "laissez-faire" alors que c'est un humanisme qui tient compte de l'individu, l'État lui-même n'est fait que d'individus qui privilégient leurs intérêts et ceux de leur classe, car le soi-disant "intérêt général" n'existe pas, il n'y a que des individus aux intérêts contradictoires et qui doivent apprendre à vivre ensemble, et plus l'État "régule", plus les problèmes s'aggravent car l'État ne se régule jamais lui-même, mais il met les citoyens sous tutelle et les infantilise en leur faisant les fonds de poche pour pouvoir vivre grassement sur leur dos. [...] votre concurrent Le Monde [...] pour une fois a tout compris : "Beaucoup, en Europe, ont applaudi à ce retour en force de l'État, sauveur d'un système financier devenu fou, incapable de s'autoréguler, avec ses banquiers irresponsables, aveugles ou inconscients, en tous les cas avides. La mise sous tutelle de Freddie et Fannie a été perçue comme une sorte de grand soir financier, mettant fin à trois décennies de dérégulation et de libéralisation à tout-va. Cette vision radicale et très rassurante n'a qu'un défaut, mais il est de taille. Elle oublie que l'orbite dans laquelle gravitaient Fannie Mae et Freddie Mac était précisément celle de l'État et que les deux établissements étaient plus régis par des intérêts politiciens que par la loi du profit. (...) Personne, à Washington, n'avait intérêt à remettre en cause cet assemblage de bric politique et de broc financier, qui faisait le bonheur de tous. Jusqu'à ce que la bulle de l'immobilier finisse par éclater. Jusqu'à ce que le marché finisse par prendre sa revanche sur l'État, obligé de payer au prix fort (peut-être plusieurs centaines de milliards de dollars) son incompétence." »

  • Pierre Fournier
    Abonné
    samedi 20 septembre 2008 10h57
    Crise financière... Qu'elle est la réalité pour nous, la population... ?
    « Bonjour Monsieur Gil Courtemanche,
    Référence à votre article « le premier commandement ». Sans être fataliste, pouvons-nous vraiment faire quelque chose ? À part se dire que la masse devrait réagir, boycotter, protester, etc. Ce que, en réalité, nous ne faisons que très rarement dans des événements extrêmes plus locaux. Le seul espoir demeure dans les mécanismes que vous dénoncez... C'est-à-dire que l'histoire démontre que l'homme (ses mécanismes, sa gouvernance, ses élites) a toujours réagit une fois l'extrême limite atteinte. Le capitaliste sera t-il le faire, avant la rupture ? Pour l'instant et encore pour longtemps, la masse suit ou ceux plus informés dénoncent et espèrent...

    Merci, salutations, Pierre

    PS:
    Vos articles ont toujours le mérite d'être profonds. Vous sortez de l'analyse conventionnelle pour mettre à jour les vrais enjeux. Votre contribution à la réflexion des fondements est très appréciée. »

  • yves archambault
    Abonné
    samedi 20 septembre 2008 13h09
    discours-idéologies
    « mais croyez-vous qu'ils-elles vont changer de discours pas du tout je vous invite à lire les âneries des journalistes et chroniqueurs-res et éditorialistes du journal "les affaires". vous aavez l'impression de lire des curés des années cinquantes. pitoyable. »

  • Robert Côté
    Abonné
    samedi 20 septembre 2008 16h15
    L'argent du peuple pour sauver les riches.
    « J'espère que lorsque la crise sera passée,nous les gens du peuple,supposément ignares et idiots en matière d'économie,nous ne serons plus les témoins de dirigeants d'entreprises rémunérés en millionnaires.
    J'espère aussi qu'il y aura de l'argent pour donner accès aux soins de santé à nos amis citoyens américains des classes moyennes et pauvres.Car,ce serait trop injuste que les centaines de milliards que le gouvernement américain vient de pomper dans les deniers publiques ne servent qu'à sauver les riches(qui refusent souvent de payer l'impôt),pour ensuite sabrer dans les maigres mesures sociales ou refuser d'en mettre en place sous prétexte que la caisse est vide. »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    samedi 20 septembre 2008 17h56
    Petit problème
    « Je préfère le capitalisme à toute forme de socialisme; mais quand je vois une société perdre des millions et que le président se verse un salaire faramineux, ça reste de l'escroquerie carabinée.

    Il est innadmissible qu'un président de compagnie se serve sans vergogne dans la caisse quand une compagnie affiche des pertes. C'est du vol. Le vol est un crime dans toute société.

    Si on veut que notre système économique continue d'avancer, il faut que les gouvernement établissent des règles srictes accompagnées de peines sévères pour ce type d'arnaque, ou tout va aller à l'eau à plus ou moins brève échéance.

    On constate déjà un cynisme vis à vis de nos élus et de nos classes politiques qui se qualifient elles mêmes d'élites. Si elles ont le titre d'élites ce n'est plus que parce qu'elles ont été élues et rien d'autre. De telles élites ne sont plus ce qu'il y a de meilleur dans la société mais un ramassi de pirates qui exploitent leurs semblables. »

  • Claude Gamache
    Abonné
    samedi 20 septembre 2008 19h35
    Vive le club sélect!!!
    « Courtiers, écnomistes, spécialistes financiers, tout ce beau monde fait parti d'un club sélect où il faut avoir la foi, croire en une pensée unique, idolatrer des gourous! C'est vrai, ils proviennent tous d'un même réseau scolaire où, peut importe l'école, on y enseigne la même chose. Le néolibéralisme et autre pensées magiques de ce genre. Et il faut croire. C'est désolant. Essayez d'émettre une opinion contraire et vous êtes immédiatement accusés d'hérésie, vous êtes de la gaugauche dépasse, veillote, ridicule, inculte et irresponsable. Bref, vous êtes exclus,mis à l'index et réduit au silence.

    Ces gens qui prétendent avoir une connaissance "scientifique", qui prétendent avoir l'esprit libre et le soucis du bien de leur prochain sont des idiots endoctrinés à qui nons donnons les pleins pouvoirs. Je m'amuse à les comparer aux curés des années 50 qui prétendaient être capable de gérer une société simplement parce qu'ils avaient la foi. Mais le pire, alors que nous avons "jeté les curés dehors", nous sommes encore soumis à ces idiots voleurs qui se donnent le droit de nous gèrer. Ou plutôt, de nous ruiner.

    Claude Gamache »

  • Normand Chaput
    Abonné
    samedi 20 septembre 2008 19h37
    que veut-dire l'expression sécuriser les marchés?
    « J'entend toujours cela quand le gouvernement met de l'argent sur la table. Il dit que c'est pour sécuriser les marchés. C'est quoi un marché. La prochaine victime? »

  • Roger Dion
    Abonné
    dimanche 21 septembre 2008 00h15
    Voila ce qui nous attend avec HARPER le cousin de BUSH
    « Mais comment voulez vous, qu il est du changement,nous sommes en campagne électorale, nous voyons se qui arrive aux ÉTATS UNIS.
    Les gens sont près a élire HARPER majoritaire ,qui est la copie conforme de BUSH, qui a tout laissé faire.
    IL/BUSH/ a tout démantelé , il n y a plus aucun règlement pour contrôler ses gens de la finance,aux sud de nous
    HARPER a dans sa tête,la même approche, lorsqu il veut
    qu un bureau de contrôle, pour la finance aux CANADA ,plutôt qu un bureau par province comme maintenant, pour démanteler comme les américains, tous les contrôles pour la finance,un jour prochainement,les canadiens seront comme les américains, sur le bord de la faillite,il /HARPER/prendra nos taxes, pour sauver ses grosses compagnies financières, comme BUSH a fait cette semaine.
    ROGER MONTREAL »

  • Roger Dion
    Abonné
    dimanche 21 septembre 2008 00h16
    Voila ce qui nous attend avec HARPER le cousin de BUSH
    « Mais comment voulez vous, qu il est du changement,nous sommes en campagne électorale, nous voyons se qui arrive aux ÉTATS UNIS.
    Les gens sont près a élire HARPER majoritaire ,qui est la copie conforme de BUSH, qui a tout laissé faire.
    IL/BUSH/ a tout démantelé , il n y a plus aucun règlement pour contrôler ses gens de la finance,aux sud de nous
    HARPER a dans sa tête,la même approche, lorsqu il veut
    qu un bureau de contrôle, pour la finance aux CANADA ,plutôt qu un bureau par province comme maintenant, pour démanteler comme les américains, tous les contrôles pour la finance,un jour prochainement,les canadiens seront comme les américains, sur le bord de la faillite,il /HARPER/prendra nos taxes, pour sauver ses grosses compagnies financières, comme BUSH a fait cette semaine.
    ROGER MONTREAL »

  • Roger Dion
    Abonné
    dimanche 21 septembre 2008 00h16
    Voila ce qui nous attend avec HARPER le cousin de BUSH
    « Mais comment voulez vous, qu il est du changement,nous sommes en campagne électorale, nous voyons se qui arrive aux ÉTATS UNIS.
    Les gens sont près a élire HARPER majoritaire ,qui est la copie conforme de BUSH, qui a tout laissé faire.
    IL/BUSH/ a tout démantelé , il n y a plus aucun règlement pour contrôler ses gens de la finance,aux sud de nous
    HARPER a dans sa tête,la même approche, lorsqu il veut
    qu un bureau de contrôle, pour la finance aux CANADA ,plutôt qu un bureau par province comme maintenant, pour démanteler comme les américains, tous les contrôles pour la finance,un jour prochainement,les canadiens seront comme les américains, sur le bord de la faillite,il /HARPER/prendra nos taxes, pour sauver ses grosses compagnies financières, comme BUSH a fait cette semaine.
    ROGER MONTREAL »

  • Jasette
    Abonné
    dimanche 21 septembre 2008 00h59
    Les USA et le socialisme.
    « Le dernier paragraphe de votre chronique est intéressant. Êtes-vous en train de dire que les USA sont quasiment en train de devenir socialiste eux aussi, pour sauver la donne capitaliste? Vous dites que l'aide du gouvernement américain pour sauver ces entreprises privées cupides ne crée pas d'emploi mais ne pensez-vous pas que ça en sauve des emplois?

    J'ai toujours pensé que le capitalisme, c'est un peu comme du socialisme à l'envers. C'est-à-dire que les gouvernements subventionnent les entreprises pour soi-disant créer des emplois bien que celles-ci détournent parfois ces subventions à leur avantage au détriment des travailleurs.

    JM »

  • Raphaël Labrosse
    Abonné
    dimanche 21 septembre 2008 10h18
    C'est la fin.
    « La démonstration est éclatante, c'est un revers inéluctable. Les conséquences seront désastreuses pour les États-Unis. Les travailleurs paieront, pendant des années. La dette était énorme, elle vient de se défoncée. »

  • loiselet
    Abonné
    dimanche 21 septembre 2008 13h11
    Détour obligé
    « Allez donc faire un tour chez l'éditorial de Mme Bombardier qui jase...d'incompétence à propos de ces rapaces inhumains et calculateurs. »

  • Claude Olivier
    Inscrit
    dimanche 21 septembre 2008 14h34
    gagner du temps
    « si le temps est de l'argent ou l'argent du temps à gagner $$$$. gagner du temps est-ce une fin universellement partagable demande le philosophe »

  • Léon Labrecque
    Inscrit
    dimanche 21 septembre 2008 14h45
    Ça devait arriver...
    « Le problème c'est que l'on ne sait quand...Et on a réussi à privatiser les profits et à étatiser les pertes. »

  • Gilbert Talbot
    Abonné
    dimanche 21 septembre 2008 16h47
    À bas le néo-libéralisme.
    « La section Perspective est particulièrement intéressante cette semaine, en ce qu'elle nous présente des points de vue particulièrement contradictoires. Monsieur Courtemanche dénonce avec raison le Premier commandement de l'investisseur capitaliste outrancier : la loi divine de l'offre et de la demande. En opposition, deux articles dénoncent l'intervention des artistes québécois dans la campagne électorale. Michel Fréchette nous annonce que les artistes perdent la guerre de l'opinion publique, ce qui est loin d'être sûr, alors que dans la section Philosophie, Carle Bergeron, par la bouche de Bernanos, criotique lui aussi la lettre que les artistes ont écrit à monsieur Harper, pour dénoncer les coupures de certains programmes. Il le fait au nom d'un "socialisme d'État" qu'aurait vilipendé Bernanos après la Seconde guerre mondiale. Cette critique me semble s'appliquer davantage à ces spéculateurs verreux, qui après avoir poussé d'énormes entreprises financières à la faillite voient maintenant les affres de leur faillite couvertes par le rachat des États, à des coups superastronomiques dépassant les mille milliards. Voilà le vrai visage du "socialisme d'État" qu'instaure présentement le gouvernement Bush : une socialisme pour les riches, qui vient encore voler l'argent dans la poche des simples contribuables. Ce ne sont pas les artistes qui volent ainsi les gens avec leur petite subvention de 47 millions, mais les plus grosses entreprises que les gouvernements rachètent à coup de billions. Pour moi, l'artiste est encore et toujours un comhattant pour la conscience et le liberté, quoi qu'en dise monsieur Carl bergeron. J'en veux pour exemple, cet artiste bolivien, César Brie, (p.C3 de la même section) qui a utilisé son art de documentariste, pour dénoncer un massacre d'Idigène à Sucre, le 24 mai dernier. Il était un artiste réputé et du jour au lendemain, il est devenu un homme humilié, dénoncé et souvent menacé de mort. Je pourrais vous parler aussi d'artistes québécois réputés, comme Gilles Vigneault ou Félix Leclerc, ou un peu avant eux, tous les signataires du Refus Global.

    Comme le remarque si bien Monsieur Courtemanche à la fin de sa chronique, les riches dénoncent le socialisme lorsqu'il se met au service de la population globale d'un pays, mais ils n'hésitent plus à piller les ressources de l'État par la nationalisation des plus grosses entreprises financières des USA, pour maintenir en vie un système capitaliste qui en dominant le monde, a produit les pires abominations, les guerres et et les génocides les plus atroce, le pillage et la destruction de la planète entière. C'est pour maintenir la cupidité au pouvoir que les gouvernements de la planète aujourd'hui volent au secours des pires criminels de l'histoire.

    À bas le néo-libéralisme. Vive la création artistique libre. C'est l'art qui sauve le monde, pas l'argent ni la politique. »

  • Élisabeth Germain
    Abonnée
    dimanche 21 septembre 2008 21h42
    Mais on va tous laisser faire...
    « ...parce que nos fonds de retraite sont emmêlés avec cette spéculation et qu'on ne veut surtout pas devenir des vieux pauvres.
    Je te tiens par la barbichette!
    Ça aussi, j'aimerais le lire sous votre plume, monsieur Courtemanche.
    Élisabeth Germain »

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