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Crise financière - L'assureur AIG a besoin de fonds pour éviter la faillite

16 septembre 2008  Économie
Un homme observe attentivement les cotes boursières de Lehman Brothers Holdings Inc., Merrill Lynch Inc. et American International Group Inc., à la Bourse de New York. La bourse a chuté hier, après que la banque Lehman Brothers s’est mise sous la p
Photo : Agence Reuters
Un homme observe attentivement les cotes boursières de Lehman Brothers Holdings Inc., Merrill Lynch Inc. et American International Group Inc., à la Bourse de New York. La bourse a chuté hier, après que la banque Lehman Brothers s’est mise sous la p
New York — Après l'effondrement de Lehman Brothers, l'assureur américain AIG pourrait être la prochaine victime de la crise financière à Wall Street du fait de sa forte exposition à des produits financiers à risque.

L'action d'American International Group (AIG) chutait de 50 % à l'ouverture de la Bourse de New York hier. Depuis de le début de l'année, l'assureur à perdu 90% de sa valeur en Bourse.

AIG doit trouver 20 milliards $US pour faire face à ses engagements envers les investisseurs, s'il veut continuer à fonctionner.

Selon le New York Times, l'ex-numéro un mondial de l'assurance a même demandé à la Réserve fédérale (Fed) de lui consentir un prêt relais de 40 milliards.

AIG, premier assureur américain, a des activités très diverses. Le groupe est notamment présent dans le leasing (location-vente) d'avions, les prêts immobiliers et les prêts à la consommation.

Il détient surtout une filiale spécialisée dans les activités de marchés, AIG Financial Products Corp. (AIGFP), qui s'apparente à une banque d'investissement.

C'est de cette filiale que viennent les principales difficultés du groupe qui a affiché une perte nette de 18 milliards au cours des neuf derniers mois.

Dans le cadre de ces activités de marché, peu développées chez les autres assureurs, AIG a émis un nombre très élevé de «credit default swaps» (CDS), des instruments financiers assurant les investisseurs contre les défauts de paiement d'un émetteur d'obligations.

Ces produits complexes, souvent liés au marché immobilier américain, sont au coeur de la crise bancaire actuelle et ont déjà entraîné d'énormes dépréciations d'actifs à travers le monde.

AIG a déjà dû passer pour 25 milliards de dépréciations, du fait de la recrudescence des défauts de paiement des propriétaires de maisons aux États-Unis.

Selon un document transmis aux autorités boursières américaines (Securities and Exchange Commission, SEC), au 30 juin 2008, AIG avait accumulé une exposition considérable de 441 milliards sur ces produits.

Dans l'immédiat, le danger pour AIG pourrait venir des agences de notation. Si ces agences considèrent que l'assureur est moins solvable et baissent donc sa notation, AIG devrait augmenter ces provisions et pour cela trouver de l'argent frais.

Or, Standard and Poor's fait justement planer la menace d'un abaissement de note depuis vendredi, en raison de l'effondrement du cours de l'action AIG.

AIG envisagerait de céder son activité de financement de leasing d'avions, International Lease Finance Corporation (ILFC), qui compte une flotte de 1000 appareils.

Un appel aux investisseurs est enfin envisagé après une première levée de fonds de 20 milliards de dollars en mai, désormais épuisée. Mais la chute de l'action rend un tel recours plus difficile.

«Je ne peux pas imaginer que la Fed laisse tomber AIG», confiait cependant une analyste d'une grande banque française sous couvert de l'anonymat, hier.

L'assureur compte en effet 74 millions de clients dans le monde, en majeure partie américains, qui se retrouveraient sans assurance en cas de faillite de la société. Il employait 116 000 personnes dans 130 pays fin 2007.






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