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Des déboires du subprime américain à la crise financière internationale

16 septembre 2008  Économie
Un employé de Lehman Brothers vide son bureau à New York. La banque s’est placée hier sous la protection de la loi sur les faillites.
Photo : Agence France-Presse
Un employé de Lehman Brothers vide son bureau à New York. La banque s’est placée hier sous la protection de la loi sur les faillites.
Paris — Lehman Brothers est la dernière victime en date de la crise américaine du subprime, du nom des crédits hypothécaires à haut risque aux États-Unis, qui s'est étendue à tout le système financier mondial.

Voici les principales dates de cette crise:

- Février 2007: les défauts de paiements sur les crédits hypothécaires se multiplient aux États-Unis et provoquent les premières faillites d'établissements bancaires spécialisés.

- Juin: la banque d'investissement Bear Stearns, qui annonce la faillite de deux fonds spéculatifs, est la première grande banque à subir les dommages de la crise du subprime.

- Juillet: la banque allemande IKB est mise en difficulté.

- 3 août: les places boursières chutent face aux risques de propagation de la crise.

- 9 août: la banque française BNP Paribas annonce le gel de trois de ses fonds d'investissement exposés au marché du subprime.

La Banque centrale européenne (BCE) injecte 94,8 milliards d'euros de liquidités et la Réserve fédérale américaine 24 milliards $US. La Banque du Japon, la Banque nationale suisse (BNS) ou encore la Banque du Canada interviennent également.

- 10 août: les Bourses plongent. Les grandes banques centrales injectent de nouveau des liquidités dans le système bancaire.

- 14 septembre: la Banque d'Angleterre accorde un prêt d'urgence à Northern Rock, cinquième banque de Grande-Bretagne, pour lui éviter la faillite. Des clients paniqués se précipitent pour retirer leur épargne.

- 1er octobre: UBS, première banque suisse, annonce une dépréciation d'actifs de 2,4 milliards d'euros, principalement sur le marché du subprime. La banque américaine Citigroup annonce être aussi touchée par cette crise.

- Décembre: l'économie américaine souffre des effets de la crise de l'immobilier et du crédit. Les craintes de récession augmentent.

- 22 janvier 2008: la Fed baisse son taux directeur de trois quarts de point à 3,50 %, une mesure d'une ampleur exceptionnelle.

- 17 février: la banque Northern Rock, en situation critique, est nationalisée par le gouvernement britannique.

- 11 mars: les banques centrales conjuguent de nouveau leurs efforts pour soulager le marché du crédit. La Fed se dit prête à fournir si besoin jusqu'à 200 milliards à certaines grandes banques.

- 16 mars: le géant bancaire américain JP Morgan Chase annonce le rachat de Bear Stearns, pour seulement 236 millions, avec l'aide financière de la Fed. Le prix sera quintuplé une semaine plus tard.

- Juillet/août: la pression monte sur Freddie Mac et Fannie Mae, les deux institutions américaines du refinancement hypothécaire, qui voient leur cours en Bourse s'effondrer.

- 7 septembre: Le Trésor américain annonce une mise sous tutelle gouvernementale de Freddie Mac et Fannie Mae, le temps que ceux-ci restructurent leurs finances. Il garantit leur dette à hauteur de 100 milliards de dollars pour chacune de ces deux institutions. Les Bourses mondiales accueillent favorablement cette mesure.

- 15 septembre: La banque d'affaires Lehman Brothers annonce son placement sous la protection de la loi sur les faillites après l'échec de discusions initiées par la Réserve fédérale de New York pour la sauver.

Simultanément, l'une des principales banques américaines, Bank of America, annonce le rachat d'une autre banque d'affaires de Wall Street, Merrill Lynch, pour 50 milliards.

Dix banques internationales mettent en place un fonds de liquidité de 70 milliards pour faire face à leurs besoins les plus urgents. La Réserve fédérale américaine accepte de recevoir des banques des titres considérés comme risqués en échange de liquidités.

Ces mesures n'empêchent pas les bourses asiatiques et européennes de chuter lourdement alors que le dollar s'affaiblit sur les marchés des changes.






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