L'économie canadienne vacille
Après avoir inscrit en début d'année une première contraction de sa croissance en cinq ans, l'économie canadienne ne parvient plus à créer de l'emploi. En fait, derrière un taux de chômage stable se profile, depuis quelques mois, une hémorragie dans l'emploi à plein temps, qui affiche désormais sa plus forte contraction en deux ans.
Selon la dernière lecture de Statistique Canada, l'économie canadienne n'a créé que 8400 emplois en mai, un petit gain qui fait suite à deux mois de légères hausses. L'économie a perdu
32 200 emplois à plein temps le mois dernier, une perte tout au plus compensée par 40 600 nouveaux emplois à temps partiel. En bout de piste, le taux de chômage est demeuré inchangé, à 6,1 %. Ce recul dans l'emploi à temps plein est le deuxième en trois mois, et il marque la plus forte contraction en deux ans dans ce segment, a noté l'économiste Stéfane Marion, de la Financière Banque Nationale (FBN).
Cet écart a pour conséquence que le nombre total d'heures travaillées a reculé de 0,6 % en mai. «Au cours des 12 derniers mois, le nombre total d'heures travaillées a augmenté de 0,9 %, soit la moitié du taux global de croissance de l'emploi», a ajouté Statistique Canada. L'agence fédérale a calculé que, sur 12 mois, l'emploi au pays a progressé de 339 000, ou de 2 %.
Dans l'ensemble, ces données «laissent présager un nouveau trimestre de croissance économique anémique au Canada qui fera basculer l'économie canadienne en situation d'offre excédentaire pour la première fois en quatre ans», a renchéri Stéfane Marion. En d'autres termes, l'économie canadienne devrait flirter avec la récession après avoir inscrit au cours des trois premiers mois de 2008 une première baisse trimestrielle du PIB en cinq ans. Témoignant d'une économie en panne, le recul du PIB canadien s'est établi à 0,3 % (en taux annualisé) après trois mois en 2008 alors que, plus au sud, le PIB américain a progressé de 0,9 % dans l'intervalle. La plus grande économie de la planète a toutefois encaissé une perte de 324 000 emplois depuis le début de l'année.
Revenant à l'économie locale, Statistique Canada a fait ressortir que, étonnamment, l'emploi dans la fabrication avait progressé en mai. Parlant de «hausse disproportionnée», l'économiste de la FBN a chiffré ce gain à 34 200 emplois, le plus fort en six ans. Ce rebond ne peut faire oublier qu'au pays, l'emploi manufacturier demeure dans une tendance baissière depuis novembre 2002, avec une perte de 344 000 emplois au cours de ce laps de temps.
Ce rebond momentané de l'emploi manufacturier, essentiellement concentré dans les provinces centrales, a permis au Québec et à l'Ontario d'être les seules provinces à afficher une création nette le mois dernier. Au Québec, après deux mois consécutifs de baisse, l'emploi a augmenté de 18 000 en mai. Toutefois, en raison d'une progression du nombre de Québécois sur le marché du travail, le taux de chômage a peu changé, s'étant fixé à 7,5 %, contre 7,6 % en avril, a noté Statistique Canada. C'est l'emploi manufacturier qui a fait la différence, avec un gain net de 14 000 en mai. Et, même si le secteur québécois de la fabrication comptait 124 000 travailleurs de moins qu'en novembre 2002, on retient que «ce secteur est demeuré stable au cours des 12 derniers mois, la croissance de l'industrie du matériel de transport ayant fait contrepoids au repli de la fabrication du textile et du vêtement». Au total, pour les 12 derniers mois, la croissance de l'emploi au Québec se situe à 1,2 %, soit un taux inférieur à la moyenne nationale.
En Ontario, 11 200 emplois ont été créés le mois dernier, ce qui n'a pas empêché le taux de chômage de passer de 6,3 à 6,4 %. Là aussi les gains de mai ont été essentiellement comptabilisés dans le secteur manufacturier, qui affiche tout de même une perte de 200 000 emplois depuis novembre 2002, sous le coup de la restructuration qui frappe le secteur automobile. Sur 12 mois, l'emploi ontarien dans son ensemble affiche une augmentation de 2,2 %.
Autres données largement suivies, le taux d'emploi au pays, à 63,8 %, et le taux d'activité, à 68 % en mai, sont restés accrochés à leurs niveaux records. Les pressions sur les salaires sont donc demeurées intactes. «En mai, le salaire horaire moyen a augmenté de 4,8 % par rapport à ce qu'il était un an plus tôt, ce qui est nettement supérieur à la hausse du plus récent indice des prix à la consommation (+1,7%)», a mis en exergue l'agence fédérale. Elle rappelle que, depuis septembre dernier, les hausses sur 12 mois du salaire horaire moyen se situent au-dessus des 4 %.
N'empêche, face à l'anémie économique qui persiste, les économistes sont unanimes à croire que la Banque du Canada commandera une nouvelle réduction de son taux directeur, d'au moins 25 points, lors de sa réunion de mardi. Le taux cible à un jour avait été abaissé de 50 points, à 3 %, en avril dernier.
Selon la dernière lecture de Statistique Canada, l'économie canadienne n'a créé que 8400 emplois en mai, un petit gain qui fait suite à deux mois de légères hausses. L'économie a perdu
32 200 emplois à plein temps le mois dernier, une perte tout au plus compensée par 40 600 nouveaux emplois à temps partiel. En bout de piste, le taux de chômage est demeuré inchangé, à 6,1 %. Ce recul dans l'emploi à temps plein est le deuxième en trois mois, et il marque la plus forte contraction en deux ans dans ce segment, a noté l'économiste Stéfane Marion, de la Financière Banque Nationale (FBN).
Cet écart a pour conséquence que le nombre total d'heures travaillées a reculé de 0,6 % en mai. «Au cours des 12 derniers mois, le nombre total d'heures travaillées a augmenté de 0,9 %, soit la moitié du taux global de croissance de l'emploi», a ajouté Statistique Canada. L'agence fédérale a calculé que, sur 12 mois, l'emploi au pays a progressé de 339 000, ou de 2 %.
Dans l'ensemble, ces données «laissent présager un nouveau trimestre de croissance économique anémique au Canada qui fera basculer l'économie canadienne en situation d'offre excédentaire pour la première fois en quatre ans», a renchéri Stéfane Marion. En d'autres termes, l'économie canadienne devrait flirter avec la récession après avoir inscrit au cours des trois premiers mois de 2008 une première baisse trimestrielle du PIB en cinq ans. Témoignant d'une économie en panne, le recul du PIB canadien s'est établi à 0,3 % (en taux annualisé) après trois mois en 2008 alors que, plus au sud, le PIB américain a progressé de 0,9 % dans l'intervalle. La plus grande économie de la planète a toutefois encaissé une perte de 324 000 emplois depuis le début de l'année.
Revenant à l'économie locale, Statistique Canada a fait ressortir que, étonnamment, l'emploi dans la fabrication avait progressé en mai. Parlant de «hausse disproportionnée», l'économiste de la FBN a chiffré ce gain à 34 200 emplois, le plus fort en six ans. Ce rebond ne peut faire oublier qu'au pays, l'emploi manufacturier demeure dans une tendance baissière depuis novembre 2002, avec une perte de 344 000 emplois au cours de ce laps de temps.
Ce rebond momentané de l'emploi manufacturier, essentiellement concentré dans les provinces centrales, a permis au Québec et à l'Ontario d'être les seules provinces à afficher une création nette le mois dernier. Au Québec, après deux mois consécutifs de baisse, l'emploi a augmenté de 18 000 en mai. Toutefois, en raison d'une progression du nombre de Québécois sur le marché du travail, le taux de chômage a peu changé, s'étant fixé à 7,5 %, contre 7,6 % en avril, a noté Statistique Canada. C'est l'emploi manufacturier qui a fait la différence, avec un gain net de 14 000 en mai. Et, même si le secteur québécois de la fabrication comptait 124 000 travailleurs de moins qu'en novembre 2002, on retient que «ce secteur est demeuré stable au cours des 12 derniers mois, la croissance de l'industrie du matériel de transport ayant fait contrepoids au repli de la fabrication du textile et du vêtement». Au total, pour les 12 derniers mois, la croissance de l'emploi au Québec se situe à 1,2 %, soit un taux inférieur à la moyenne nationale.
En Ontario, 11 200 emplois ont été créés le mois dernier, ce qui n'a pas empêché le taux de chômage de passer de 6,3 à 6,4 %. Là aussi les gains de mai ont été essentiellement comptabilisés dans le secteur manufacturier, qui affiche tout de même une perte de 200 000 emplois depuis novembre 2002, sous le coup de la restructuration qui frappe le secteur automobile. Sur 12 mois, l'emploi ontarien dans son ensemble affiche une augmentation de 2,2 %.
Autres données largement suivies, le taux d'emploi au pays, à 63,8 %, et le taux d'activité, à 68 % en mai, sont restés accrochés à leurs niveaux records. Les pressions sur les salaires sont donc demeurées intactes. «En mai, le salaire horaire moyen a augmenté de 4,8 % par rapport à ce qu'il était un an plus tôt, ce qui est nettement supérieur à la hausse du plus récent indice des prix à la consommation (+1,7%)», a mis en exergue l'agence fédérale. Elle rappelle que, depuis septembre dernier, les hausses sur 12 mois du salaire horaire moyen se situent au-dessus des 4 %.
N'empêche, face à l'anémie économique qui persiste, les économistes sont unanimes à croire que la Banque du Canada commandera une nouvelle réduction de son taux directeur, d'au moins 25 points, lors de sa réunion de mardi. Le taux cible à un jour avait été abaissé de 50 points, à 3 %, en avril dernier.
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