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Québec doit intervenir

Jean-Robert Sansfaçon   19 décembre 2007  Économie
Depuis l'annonce de l'acquisition de la Bourse de Montréal par le Groupe TSX, propriétaire de la Bourse de Toronto, des voix fortes se font entendre pour émettre des réserves. Hier, c'était au tour de l'ex-premier ministre, M. Jacques Parizeau, de déclarer au Journal de Montréal qu'il allait témoigner lors des audiences de l'Autorité des marchés financiers (AMF) prévues en janvier. Selon M. Parizeau, l'AMF «peut dire non à cette transaction ou l'accepter en posant des conditions».

Lui-même ne va pas jusqu'à s'y opposer formellement, pour l'instant du moins, apprend-on à la lecture de l'entretien. Mais M. Parizeau s'étonne du revirement de situation auquel nous avons assisté, depuis le projet de fusion avorté qui aurait porté le président de la Bourse de Montréal à la tête de la nouvelle bourse, au début de l'automne, et l'annonce récente de l'acquisition pure et simple de Montréal par Toronto.

Ce matin, c'est l'ancien président de la Caisse de dépôt et placement, M. Jean-Claude Scraire, qui se prononce clairement contre la fusion dans un texte publié ci-contre. Pour M. Scaire, le déplacement du centre de décision de Montréal à Toronto aura des conséquences importantes sur le développement économique du Québec. Les actionnaires des deux bourses étant largement les mêmes, nous assisterions à la suite logique du déménagement des sièges sociaux des grandes banques de Montréal vers Toronto.

Contrairement à M. Parizeau, M. Scraire est plus pessimiste quant à la capacité de l'AMF de bloquer la transaction. Selon lui, la loi invite l'AMF à s'assurer qu'une telle transaction n'empêchera pas le marché de continuer de fonctionner rondement, mais elle ne lui permet pas de l'interdire pour des raisons plus politiques liées au développement économique.

En revanche, le fait que la loi interdise à quiconque de détenir plus de 10 % des actions de la Bourse de Montréal pourrait ouvrir la porte à une intervention: l'offre de Toronto constitue en effet une prise de contrôle totale et non une simple prise de participation.

M. Scraire se scandalise aussi, avec raison, que les dirigeants de la Bourse de Montréal aient accepté de verser à Toronto une pénalité de 46 millions en cas d'échec de la transaction. Une telle somme est plus élevée que les revenus annuels totaux de la Bourse de Montréal! Comment peut-on croire que des membres du conseil puissent voter contre la transaction, alors que son rejet placerait la Bourse et leur investissement dans une situation financière périlleuse? Une telle condition, ajoute M. Scraire, est contraire à l'ordre public et devrait être annulée par la cour ou par l'Assemblée nationale. Voilà deux points de vue qui viennent à propos s'ajouter aux réserves exprimées par la direction de la Caisse de dépôt le jour même de l'annonce de la transaction.

Plus les jours passent, plus il apparaît nécessaire que Québec obtienne rapidement l'assurance contractuelle que Montréal conservera l'exclusivité à long terme des transactions sur les produits dérivés, et ce, quoiqu'il advienne de la propriété du nouveau Groupe TMX. Faute d'une telle assurance, il faudra interdire cette transaction.

j-rsansfacon@ledevoir.com






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  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 19 décembre 2007 07h45
    La trahison de nos élites
    « Des petits fûtés qui se remplissent les poches en vendant un bien patrimonial et en se foutant du bon peuple, c'est rien de bien nouveau dans notre histoire!

    L'histoire de notre peuple c'est l'histoire de la trahison de nos élites. Une longue tradition qui a commencé avec le clergé qui s'est incliné devant le pouvoir anglais après l'Acte de Québec alors que le peuple était tenté de suivre les révolutionnaires américains. La trahison a continué lors de la Révolution des patriotes, qui ont été abandonnés par les élites (sauf Papineau évidemment), statisfaites du statu quo. La trahison a continué avec les crises de la conscription et les référendums. Elle continue quotidiennement dans les éditos de Gesca.

    Nos petites élites ont toujours fait passer leurs intérêts personnels avant ceux du peuple et de la patrie. La vente de notre bourse, vieille d'un siècle et demi, s'inscrit parfaitement dans cette triste tendance de trahison des élites. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 19 décembre 2007 07h58
    Plus d'explications s.v.p.
    « Faudrait que notre nationaliste M. Bernard Landry, qui approuve cette vente de la Bourse de Montréal à Toronto, nous explique pourquoi c'est bon pour le Québec ou s'il s'est trompé un petit peu en parlant trop vite. M. Jacques Parizeau attend de prendre connaissance de la proposition avant de se prononcer ce qui me semble la chose à faire.

    Il est écrit plus haut : «les dirigeants de la Bourse de Montréal aient accepté de verser à Toronto une pénalité de 46 millions en cas d'échec de la transaction».

    C'est qui qui a signé cette affaire bête là sans savoir si l'affaire va vraiment se faire ? »

  • Marc M. Davignon
    Abonné
    mercredi 19 décembre 2007 09h03
    Un peuple de «petit pain»
    « Nous avons énormément de difficulté avec la réussite. Lorsque celle-ci se pointe, nous nous sabotons. Je ne sais pas pourquoi. Est-ce notre passé de « petit pain » qui nous fait mal à ce point ? »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 19 décembre 2007 09h25
    Il n'y a pas de place pour 2 grosses bourses au Canada
    « Comment le Canada avec seulement 34 millions de personne, assis juste à coté du géant de l'économie mondial américain peu t il justifier 2 bourses? Même le USA n'en on qu'une le NYSE. Ceci dit ou cette bourse devrait être localisé? Montréal, Toronto ou Vancouver?

    Vancouver? Bien que Vancouver soit en train de damer le pion à Montréal sur le plan démographique, sa situation géographique vis à vis les gros marchés Américain lui nuise.

    Montréal? Montréal a déjà été le vrai moteur économique du Canada, son déclin a débuté peu après la révolution tranquille. En premier c'était à cause de sa situation géographique, car il y a eu un mouvement au US vers le centre. New York perdait des plumes au dépend de Chicago et Détroit. Puis le FLQ arrive il crée un climat d'incertitude, il y a le RIN puis vient le PQ, tous avec des vision d'un Québec très à gauche avec des visés quasi socialiste. Après les expériences récentes de Cuba et de plusieurs pays d'Amérique du sud le monde des affaires est frileux et il n'aime pas ce qu'il voit. Il y a ensuite la venu du PQ, et personne ne peu le nier il y a eu un exode des capitaux et des familles les plus influentes et fortunées. Le transfert vers Toronto des Bureau chef c'est accéléré. La loi 101 vient encore foutre le bordel, elle qui au début ne contient aucune clause Canada et il devient très difficile d'attirer des gens des autres provinces. Le mouvement s'accentua encore, après il y a les référendums qui viennent confirmer au Canadien qu'il est risqué pour le Canada d'avoir sa place d'affaire dans un endroit ou l'incertitude règne toujours. Maintenant la masse critique est dépassé, il ne peu y avoir de retour en arrière. De moteur de l'économie Canadienne, Montréal est maintenant à la remorque de Toronto.
    Qui est à blâmer? De un il y le climat économique au USA sur lequel nous n'avons aucun pouvoir, de deux la géographie et de trois, celui qui a eu un impact majeur et sur lequel nous avions tous un pouvoir c'est le climat politique, les Taxes, les lois, bref un environment réfractaire aux investissements. Nous avons fait un choix, le choix Québécois eux aussi on fait un choix, le choix Canadien.
    Oui un jour il y aura une remontée pour Montréal, quand Toronto deviendra trop dispendieux. Mais nous devront alors nous battre contre Vancouver, Calgary et Edmonton.
    Et pour ceux qui disent que la seule solution est l'indépendance, alors je leurs dit que oui il y aura un influx massif de bureau chef, car nos dirigeant au non de la nation et du peuple exigerons la présence de bureau chef. Mais ces nouveaux bureaux chef ne seront que des succursales de Toronto, tout comme les bureaux chef d'entreprise américaine au Canada sont des succursales de la compagnie mère au USA. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mercredi 19 décembre 2007 09h57
    Toronto, the Queen!
    « «SHOCKING», cette victoire des royalistes! Mondialisation, globalisation, fusion, rationalisation, centralisation et al sont autant d'abris pour les bluffeurs, membres des loggias lobbyistes et commanditaires de l'Autorité des marchés financiers. La BIG BLUE MACHINE de Toronto est hyper puissante. Que Jacques Parizeau, aux seules fins de sa propre visibilité et de l'apaisement de ses appétits en souffrance, s'en offusque, personne n'est surpris. Il serait même très étonnant que la député séparatiste de Crémazie le soit!

    Mais de là s'imaginer que l'ultra mondain séparatiste, «territorialiste» et carto-graphologue des contours de la république du québékistan, sous Lucien Bouchard, Jean-Claude Scraire, réussira à faire bouger le bleu foncé transfuge et rouge pâle minoritaire de Québec et son guignol des Finances, loin s'en faudra. L'eau coulera sous les ponts et les très politiques «coefficients de marée» auront eu leurs cours et inondé la majeure partie des terres basses de l'opposition. Scraire réussira possiblement à faire un plat «ROC», avec cette histoire «écrite dans le ciel bleu», comme il a fait une tablée, sans convives, avec la réaction qu'avait soulevée la nomination de son «chum» Levine à la tête du nouvel hôpital fusionné d'Ottawa (1998). Aux livres du CANADA BASHING, les états d'âme en crise, les montées de lait caillé, la véhémence, la virulence et la provocante jactance de Jean-Claude Scraire, l'ex PDG de la Caisse de dépôt et de placement, font pleines pages. Pour la neutralité, la fidélité et la crédibilité de l'expertise médiatique que tente de livrer Scraire, sans qu'elle n'ait été recherchée de quelque façon et dont les milieux financiers se passeront volontiers, il faudra repasser, si on a du temps à perdre.

    Jour après jour, au-delà de tous les verbalismes de la spéculation oiseuse, Montréal s'insularise, s'érode et s'effondre, sous le poids de ses suffisances passées et de ses arrogances antérieures, au gré des flux de ses aveuglements et des reflux de ses surdités courantes et à venir, quoiqu'en pensent les théocrates des «très haut» Plateaux de l'Île.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Caroline Pilon
    Abonné
    mercredi 19 décembre 2007 12h30
    Réponse à Claude Archambault
    « Certains des éléments de réflexion de M. Archambault sont erroné et il semble confondre plusieurs choses. D'abord, il y a plusieurs bourses d'action au comptant aux USA : NYSE et Nasdaq.

    Par ailleurs, si on veut faire le parallele MX/TSX avec les USA, il faut prendre en compte bien d'autres bourses. En effet, TSX est l,équivalent de NYSE et Nasdaq. MX traite les contrats à terme et les options ; or ces produits ne sont pas traités par NYSE et Nasdaq aux USA mais par le CBOT ainsi que par 6 bourses d'option qui se font concurrence. Bref, il y a beaucoup plus qu'une bourse aux USA et en tant que tel il n'est pas fou d'avoir des marchés différents pour les actions et les dérivés... »

  • Gilbert Belzile
    Inscrit
    mercredi 19 décembre 2007 14h34
    Bravo M. Claude Archambault!
    « Vous avez en quelques paragraphes bien expliqué chronologiquement comment Montréal et le Québec se sont ghettorisés.
    Soyez assuré que beaucoup de gens au Québec, n'osent pas le dire, mais ils sont complètement d'accord avec vous.
    Dommage que vos propos n'ateignent pas un public plus large comme dans un courier du lecteur par exemple. »

  • Michel Galarneau
    Abonné
    jeudi 20 décembre 2007 08h01
    une phrase.
    « quand allez-vous vous occupes de vos affaire.si c'est les autres qui prendron vos places,ce n'est pas votre statu de minoriser perpetuel qui changeras quelques choses.JOYEUSE FÊTE À TOUS »

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