Un partenariat nucléaire servirait l'intérêt du Québec
4 août 2007
Économie
Parmi toutes les conjectures qui foisonnent dans les médias sur l'avenir de l'industrie nucléaire canadienne, une question a été oubliée: où est l'intérêt du Québec?
AREVA recherche activement des partenariats au Canada. Ceci n'est un secret pour personne et l'idée d'une alliance avec Énergie atomique du Canada limitée (EACL), par exemple, pourrait évidemment nous sembler intéressante.
Le Groupe AREVA, l'une des principales entreprises mondiales du domaine de l'énergie, comptant 61 000 employés et des installations de fabrication dans 41 pays, est au coeur de la renaissance mondiale de l'industrie nucléaire. Au cours des 10 prochaines années, une centaine de centrales nucléaires seront commandées partout dans le monde, dont une trentaine pour les États-Unis et une autre trentaine pour la Chine. Pour répondre à ces attentes, l'industrie se réorganise. D'importants acteurs se regroupent et forment des alliances. Les trois plus grands sont AREVA/Mitsubishi Heavy Industries, General Electric/Hitachi et Westinghouse, qui a récemment été reprise par Toshiba. Même si, dans ce secteur de l'industrie, la barrière à l'entrée est haute, ces alliances sont un moyen efficace de faire sa marque pour les sociétés de l'industrie nucléaire et les provinces où ces sociétés exercent leur activité.
Même si on n'en est encore qu'au stade des hypothèses, j'aimerais préciser deux choses: premièrement, ce serait bon pour le Québec; deuxièmement, un appel d'offres concurrentiel et transparent serait dans l'intérêt de tous.
Examinons d'abord les enjeux pour le Québec: la province dispose d'abondantes ressources hydroélectriques qui restent le fer de lance de l'industrie énergétique du Québec. Néanmoins, le Québec est également actif dans le domaine nucléaire. Hydro-Québec possède la centrale nucléaire de Gentilly-2 située à Bécancour, et une décision devra bientôt être prise au sujet de ce réacteur pour déterminer s'il devrait être remis en état à mi-vie pour prolonger sa durée de vie normale.
Comme tous les Canadiens, les Québécois sont propriétaires d'EACL. À ce titre, ils méritent que toute alliance soit réalisée de la façon la plus avantageuse, ce qui ne se pourrait pas avec un d'appel d'offres fermé et sans transparence.
AREVA est d'ores et déjà solidement implantée dans la province. Le groupe emploie 340 personnes dans sa filiale de transmission et de distribution et gère deux installations de fabrication situées à La Prairie et à Saint-Léonard. Par ailleurs, son enracinement au Québec a encore été renforcé par un contrat de 130 millions de dollars annoncé le 10 juillet pour la construction et la conception d'une nouvelle sous-station électrique destinée à alimenter la fonderie d'Alcan au Saguenay.
Si le Québec décide à l'avenir de continuer dans le nucléaire, AREVA constituera un partenaire de choix. Nous sommes la plus grande société nucléaire au monde. Nous avons construit 98 réacteurs à l'échelle mondiale et deux autres sont en construction en Finlande et en France. Ces nouvelles centrales, qui sont jusqu'à présent les premières de ce type à avoir été construites, sont des réacteurs EPR de troisième génération. Il s'agit à ce jour de la technologie nucléaire la plus avancée au monde. Aux États-Unis, trois compagnies d'électricité ont déjà annoncé qu'elles préféraient notre technologie pour les nouvelles constructions et d'autres marchés devraient confirmer leur intérêt très prochainement.
Nous sommes également la seule société de notre secteur industriel à être organisée pour couvrir l'ensemble du cycle du combustible nucléaire, de l'exploitation minière de l'uranium au retraitement du combustible nucléaire usagé, en passant par la transformation chimique, l'enrichissement, la construction et l'entretien des réacteurs nucléaires, la négociation et le retraitement du combustible usagé. Nos réacteurs fonctionnant à l'eau légère, leur combustible usagé contient 95 % d'uranium utilisable dans les réacteurs Candu, ce qui représente un avantage de taille en matière d'élimination des déchets nucléaires. Un partenariat entre AREVA et l'industrie canadienne permettrait donc de créer d'importantes synergies. Il présenterait également des avantages environnementaux en ce qui concerne la gestion des déchets.
En même temps, ce partenariat renforcerait la relation d'affaires entre deux nations étroitement liées d'un point de vue historique et culturel. Il ne s'agit pas de sentiments, du moins pas seulement. La France et l'Europe sont actuellement dans une phase de développement des affaires et des échanges commerciaux, ce qui permet d'envisager, à l'avenir, des occasions exceptionnelles de créer des partenariats entre des sociétés françaises et canadiennes, y compris québécoises.
La demande importante en réacteurs signifie que les clients du nucléaire se disputent des ressources limitées, qu'il s'agisse du temps disponible dans les quelques grandes installations d'usinage de pièces de réacteurs, du nombre limité d'ingénieurs nucléaires ou de la capacité des organismes de réglementation pour examiner les demandes et accorder les autorisations. AREVA ne peut répondre à la demande d'un marché sans disposer de ressources localement, comme ce serait le cas si nous devions construire un nouveau réacteur au Canada.
En Finlande, 300 sous-traitants se sont qualifiés pour travailler sur le réacteur EPR d'AREVA, alors que l'industrie finlandaise disposait de moins d'expertise préalable que l'industrie canadienne. Il sera bien plus simple de se fier aux ressources canadiennes étant donné la qualité et l'expertise au sein de l'industrie nucléaire canadienne.
Même si la plus grande part de l'industrie nucléaire canadienne est basée en Ontario et continuera à l'être, le Québec peut prendre une part dans cette montée en puissance de la demande mondiale. La province ne ferait d'ailleurs que poursuivre ce qu'elle a déjà commencé. C'est une entreprise de Montréal, L3-Mapps, qui a été retenue par AREVA pour construire le simulateur de la centrale EPR actuellement en construction en Finlande.
Le Québec a toujours su nourrir la croissance de secteurs technologiques d'avenir, orientés vers l'exportation et qui procurent des emplois de qualité aux jeunes. Les métiers d'AREVA — nucléaire et transmission-distribution — sont aujourd'hui au coeur d'une croissance rapide qui mérite l'intérêt du Québec.
AREVA recherche activement des partenariats au Canada. Ceci n'est un secret pour personne et l'idée d'une alliance avec Énergie atomique du Canada limitée (EACL), par exemple, pourrait évidemment nous sembler intéressante.
Le Groupe AREVA, l'une des principales entreprises mondiales du domaine de l'énergie, comptant 61 000 employés et des installations de fabrication dans 41 pays, est au coeur de la renaissance mondiale de l'industrie nucléaire. Au cours des 10 prochaines années, une centaine de centrales nucléaires seront commandées partout dans le monde, dont une trentaine pour les États-Unis et une autre trentaine pour la Chine. Pour répondre à ces attentes, l'industrie se réorganise. D'importants acteurs se regroupent et forment des alliances. Les trois plus grands sont AREVA/Mitsubishi Heavy Industries, General Electric/Hitachi et Westinghouse, qui a récemment été reprise par Toshiba. Même si, dans ce secteur de l'industrie, la barrière à l'entrée est haute, ces alliances sont un moyen efficace de faire sa marque pour les sociétés de l'industrie nucléaire et les provinces où ces sociétés exercent leur activité.
Même si on n'en est encore qu'au stade des hypothèses, j'aimerais préciser deux choses: premièrement, ce serait bon pour le Québec; deuxièmement, un appel d'offres concurrentiel et transparent serait dans l'intérêt de tous.
Examinons d'abord les enjeux pour le Québec: la province dispose d'abondantes ressources hydroélectriques qui restent le fer de lance de l'industrie énergétique du Québec. Néanmoins, le Québec est également actif dans le domaine nucléaire. Hydro-Québec possède la centrale nucléaire de Gentilly-2 située à Bécancour, et une décision devra bientôt être prise au sujet de ce réacteur pour déterminer s'il devrait être remis en état à mi-vie pour prolonger sa durée de vie normale.
Comme tous les Canadiens, les Québécois sont propriétaires d'EACL. À ce titre, ils méritent que toute alliance soit réalisée de la façon la plus avantageuse, ce qui ne se pourrait pas avec un d'appel d'offres fermé et sans transparence.
AREVA est d'ores et déjà solidement implantée dans la province. Le groupe emploie 340 personnes dans sa filiale de transmission et de distribution et gère deux installations de fabrication situées à La Prairie et à Saint-Léonard. Par ailleurs, son enracinement au Québec a encore été renforcé par un contrat de 130 millions de dollars annoncé le 10 juillet pour la construction et la conception d'une nouvelle sous-station électrique destinée à alimenter la fonderie d'Alcan au Saguenay.
Si le Québec décide à l'avenir de continuer dans le nucléaire, AREVA constituera un partenaire de choix. Nous sommes la plus grande société nucléaire au monde. Nous avons construit 98 réacteurs à l'échelle mondiale et deux autres sont en construction en Finlande et en France. Ces nouvelles centrales, qui sont jusqu'à présent les premières de ce type à avoir été construites, sont des réacteurs EPR de troisième génération. Il s'agit à ce jour de la technologie nucléaire la plus avancée au monde. Aux États-Unis, trois compagnies d'électricité ont déjà annoncé qu'elles préféraient notre technologie pour les nouvelles constructions et d'autres marchés devraient confirmer leur intérêt très prochainement.
Nous sommes également la seule société de notre secteur industriel à être organisée pour couvrir l'ensemble du cycle du combustible nucléaire, de l'exploitation minière de l'uranium au retraitement du combustible nucléaire usagé, en passant par la transformation chimique, l'enrichissement, la construction et l'entretien des réacteurs nucléaires, la négociation et le retraitement du combustible usagé. Nos réacteurs fonctionnant à l'eau légère, leur combustible usagé contient 95 % d'uranium utilisable dans les réacteurs Candu, ce qui représente un avantage de taille en matière d'élimination des déchets nucléaires. Un partenariat entre AREVA et l'industrie canadienne permettrait donc de créer d'importantes synergies. Il présenterait également des avantages environnementaux en ce qui concerne la gestion des déchets.
En même temps, ce partenariat renforcerait la relation d'affaires entre deux nations étroitement liées d'un point de vue historique et culturel. Il ne s'agit pas de sentiments, du moins pas seulement. La France et l'Europe sont actuellement dans une phase de développement des affaires et des échanges commerciaux, ce qui permet d'envisager, à l'avenir, des occasions exceptionnelles de créer des partenariats entre des sociétés françaises et canadiennes, y compris québécoises.
La demande importante en réacteurs signifie que les clients du nucléaire se disputent des ressources limitées, qu'il s'agisse du temps disponible dans les quelques grandes installations d'usinage de pièces de réacteurs, du nombre limité d'ingénieurs nucléaires ou de la capacité des organismes de réglementation pour examiner les demandes et accorder les autorisations. AREVA ne peut répondre à la demande d'un marché sans disposer de ressources localement, comme ce serait le cas si nous devions construire un nouveau réacteur au Canada.
En Finlande, 300 sous-traitants se sont qualifiés pour travailler sur le réacteur EPR d'AREVA, alors que l'industrie finlandaise disposait de moins d'expertise préalable que l'industrie canadienne. Il sera bien plus simple de se fier aux ressources canadiennes étant donné la qualité et l'expertise au sein de l'industrie nucléaire canadienne.
Même si la plus grande part de l'industrie nucléaire canadienne est basée en Ontario et continuera à l'être, le Québec peut prendre une part dans cette montée en puissance de la demande mondiale. La province ne ferait d'ailleurs que poursuivre ce qu'elle a déjà commencé. C'est une entreprise de Montréal, L3-Mapps, qui a été retenue par AREVA pour construire le simulateur de la centrale EPR actuellement en construction en Finlande.
Le Québec a toujours su nourrir la croissance de secteurs technologiques d'avenir, orientés vers l'exportation et qui procurent des emplois de qualité aux jeunes. Les métiers d'AREVA — nucléaire et transmission-distribution — sont aujourd'hui au coeur d'une croissance rapide qui mérite l'intérêt du Québec.
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