vendredi 27 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h58


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Vallée-Jonction - Les syndiqués acceptent à 62 % la quatrième offre d'Olymel

Claude Turcotte   14 février 2007  Économie
Même si les syndiqués de l’usine de Vallée-Jonction ont accepté l’offre de leur patron à 62,2 %, on ne peut pas dire que les deux parties s’entendent pour autant aussi bien que ces deux cochons, plusieurs travailleurs étant très déçus du r
Photo : Agence Reuters
Même si les syndiqués de l’usine de Vallée-Jonction ont accepté l’offre de leur patron à 62,2 %, on ne peut pas dire que les deux parties s’entendent pour autant aussi bien que ces deux cochons, plusieurs travailleurs étant très déçus du r
Ce ne fut pas sans peine, mais Olymel a finalement obtenu ce qu'elle voulait des employés de son abattoir de Vallée-Jonction, à savoir une baisse substantielle de 30 % de la masse salariale. Il aura fallu une quatrième assemblée générale et des débats douloureux parmi les syndiqués pour en arriver hier à un vote secret de 62,2 % en faveur de la recommandation du conciliateur, Jean Poirier, d'accepter la proposition patronale à quelques modifications près.

Sur les 891 syndiqués actuellement à l'emploi de l'usine, 861 ont participé à l'assemblée générale tenue à Tring Jonction; 531 ont voté en faveur de la recommandation, 322 ont voté contre et huit se sont abstenus. Le syndicat reconnaît que la pression qui pèse sur les travailleurs depuis plusieurs semaines a incité ceux-ci à réviser leur position. Mais il y a aussi le fait qu'«Olymel a fait preuve d'un début de respect» en accordant certaines concessions, notamment la conservation de l'actuelle convention collective jusqu'à son expiration en septembre 2007, ainsi que le respect du droit de choisir le moment des vacances et le maintien d'un poste de santé et sécurité au travail.

Néanmoins, plusieurs travailleurs sont très déçus du recul salarial qui leur sera imposé à la fin de la présente convention, ce qui donnera le temps à certains d'entre eux d'aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs. Gino Provencher, le président du syndicat, s'est montré après ce vote aussi calme que d'habitude en mentionnant que l'exécutif syndical avait travaillé dans la transparence en faisant appel au dialogue et au respect. «Il appartient maintenant à Olymel de livrer la marchandise», a-t-il dit. Quand on lui a demandé son évaluation du moral des troupes au terme de cette dure lutte, M. Provencher a reconnu que les derniers mois avaient été épuisants et qu'il fallait laisser retomber la poussière. «Nous voulons prendre quelque temps pour analyser la situation et nous sommes toujours en place», a-t-il dit, en rappelant à l'employeur qu'il lui appartient maintenant de se commettre et de participer à la relance de l'industrie.

Jean Lortie, président de la Fédération du commerce de la CSN, a ajouté ce commentaire: «En effet, si la décision d'aujourd'hui sort l'usine de Vallée-Jonction et la région d'une certaine tourmente, il ne faudrait pas croire pour autant que l'industrie porcine ne souffre d'aucun problème structurel. Pour se sortir définitivement de la crise et faire évoluer cette industrie, Olymel ne peut continuer à se comporter comme elle le fait, en imposant ses vues et en refusant de reconnaître le syndicat comme un interlocuteur valable. Elle doit prendre acte des effets pervers de sa gestion des relations de travail sur le climat de travail. Nous demandons à Olymel et à la Coop fédérée de s'engager à travailler plutôt à développer des relations de travail constructives.»

En outre, Claudette Carbonneau, présidente de la CSN, a fait savoir au syndicat qu'elle mettra tout en oeuvre pour que le gouvernement prenne ses responsabilités. «Le gouvernement du Québec doit assurer un véritable leadership pour la relance de l'industrie porcine au Québec», soutient-elle.

Pour sa part, la direction d'Olymel s'est montrée particulièrement réservée hier dans sa réaction à ce vote allant dans le sens de ses attentes. «La direction d'Olymel se réjouit du résultat du vote tenu par ses employés, membres du syndicat de son usine d'abattage et de découpe de viande de porc de Vallée-Jonction. L'entreprise salue l'engagement de ses employés et de leurs dirigeants syndicaux envers la survie de cet établissement», a-t-elle fait savoir dans un communiqué, annonçant du même coup qu'elle donnerait aujourd'hui une conférence de presse pour faire part de ses commentaires sur l'acceptation de la proposition mise en avant par le conciliateur.

Réjean Nadeau, président-directeur général d'Olymel, qui revient tout juste d'un voyage éclair au Japon pour aller discuter et sans doute rassurer des clients, participe à cette réunion de presse en compagnie du négociateur Lucien Bouchard et du vice-président exécutif Paul Beauchamp.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Sylvie Provost
    Inscrite
    mercredi 14 février 2007 06h22
    !!!
    « Olymel a finalement "consenti" à conserver un poste en santé et sécurité au travail... Je n'en reviens pas!!! Comme si ce poste était inutile! Inutile pour les profits de l'entreprise, mais ça fait mal de constater que l'entreprise se fout complètement de la santé et de la sécurité de ses travailleurs...
    Ainsi, Olymel pourra reprendre ses activités. J'aimerais bien savoir combien de porc sont produits au Québec chaque année. S'il s'agit d'une industrie, le chiffre doit être énorme. Et le purin, il va où? Les mégaporcheries polluent. Nos nappes phréatiques nous fourniront bientôt une eau impropre à la consommation... J'ai vécu à la campagne quelques années et je ne pouvais plus consommer l'eau du puits artésien. Elle dégageait une odeur de purin. Je ne pouvais plus utiliser la corde à linge car l'odeur s'imprégnait sur nos vêtements et serviettes de bain. Je suis inquiète pour notre environnement. J'ai lu dans d'autres articles que les campagnes se vident... Je comprends. Ça pue!!! »

  • Lawrence Morgan
    Inscrit
    jeudi 15 février 2007 02h12
    Olymel récoltera-elle du ...sabotage, en retour?
    « Quand un employeur forçe à ce point ses employés à s'humilier, n'est-il pas normal de croire qu'il en paiera le prix tôt ou tard! En effet, sabotage ou perte de productivité ne sont-ils pas à redouter?

    Il apparait que les employés de cette usine de ...porcs auraient mieux été avisés de refuser cette humiliation. Ainsi, ils auraient pu tranquillement recueillir la succession de l'entreprise et, pour une bouchée de pain ou de ...porc, s'en porter acquéreurs!

    En modernisant ses équipements et installations, et en la mieux gérant, ces travailleurs avec peut-être l'aide de leur Fonds de Solidarité, retrouveraient sans doute la fierté perdue.

    Néanmoins, si les Japonais préfèrent s'abstenir de payer le plein prix du cochon québécois, rien n'interdit de croire que telle décision serait bénéfique pour l'environnement d'ici. Bien au contraire... »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
2 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009