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Fonds spéculatifs: l'Allemagne craint un «effet domino»

12 février 2007  Économie
«Il peut y avoir une crise. Un effet domino où des banques seraient impliquées pourrait déboucher sur une crise mondiale», a commenté le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück.
Photo : Agence France-Presse
«Il peut y avoir une crise. Un effet domino où des banques seraient impliquées pourrait déboucher sur une crise mondiale», a commenté le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück.
Essen — Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbruck, a mis en garde ses homologues du G7, vendredi dernier, contre le poids grandissant des fonds spéculatifs (hedge funds) dans l'économie, évoquant un risque d'effet domino pouvant déboucher sur une crise financière mondiale.

«Il peut y avoir une crise. Un effet domino où des banques seraient impliquées pourrait déboucher sur une crise mondiale», a-t-il commenté devant des journalistes juste avant une réunion à Essen des ministres des Finances des sept pays les plus industrialisés (G7). «Cela pourrait arriver, c'est déjà arrivé», a ajouté l'Allemand, évoquant «un effet de levier quand beaucoup de banques financent les fonds».

Les fonds spéculatifs, très présents aux États-Unis et en Grande-Bretagne, suscitent l'inquiétude car ils font des paris très risqués sur les marchés et prennent une importance croissante, avec 1400 milliards de dollars d'actifs gérés.

De surcroît, ils empruntent une partie de leur argent à des banques commerciales, ce qui fait précisément craindre une contagion en cas de crise. «Si un fonds calcule mal et entraîne plusieurs banques, il pourrait y avoir une crise comme dans les années 1990» en Asie ou en Amérique latine, a-t-il noté.

Dans ce contexte, «il est nécessaire et permis de discuter des potentiels risques systémiques et de la façon de les prévenir.»

M. Steinbruck a néanmoins souligné que «les hedge funds ont des fonctions positives. Ils participent aussi au financement et à l'amélioration de la compétitivité des entreprises.» Ces fonds mettent des liquidités à disposition des entreprises, les poussent aussi à améliorer leurs résultats, a-t-il noté.

L'Allemagne, qui a cette année la présidence du G7/G8, milite pour augmenter la transparence sur l'activité des hedge funds. Une position partagée par les autres pays européens continentaux du G7 (France et Italie) et par le Japon mais pas par les États-Unis et la Grande-Bretagne, peu enclins à réglementer dans ce domaine. «Ce serait plus avantageux si les informations étaient fournies volontairement», a relevé M. Steinbrück, insistant sur la nécessité de discuter aussi avec les dirigeants des fonds spéculatifs.

Les discussions en sont toutefois encore au tout début: c'est la première fois que la question, particulièrement délicate pour les pays anglo-saxons d'où sont originaires la plupart des fonds, était mise officiellement à l'ordre du jour d'un G7. L'Allemagne a déjà prévenu qu'elle n'espérait pas arriver à des recommandations concrètes dès cette année, tout au plus définir un calendrier.






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