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Salon aéronautique de Farnborough - Boeing décroche un important contrat du transporteur Emirates

N/A ZZZN/A   19 juillet 2006  Économie
Mike Bair, directeur général du programme 787 de Boeing
Photo : Agence Reuters
Mike Bair, directeur général du programme 787 de Boeing
Farnborough — Boeing a accentué la pression sur Airbus hier, dévoilant une commande de 3,3 milliards de dollars de la compagnie Emirates et prévoyant une augmentation de la demande pour son moyen porteur 787, qui se vend déjà très bien.

James McNerney, p.-d.g. de Boeing, s'est montré détendu au lendemain de la présentation par Airbus d'une refonte du programme de l'A350 pour huit milliards d'euros (11,4 milliards $CAN) afin de concurrencer le 787 «Dreamliner» de Boeing. «La définition de l'avion [A350] est vraiment loin d'être concrète», a-t-il estimé lors d'un entretien accordé à Reuters en marge du salon aéronautique international de Farnborough, près de Londres.

«Si on lit entre les lignes, il leur faudra encore des mois pour avoir une définition concrète ou même établir des paramètres autour de ce qu'ils peuvent proposer par rapport à nous».

La commande d'Emirates, compagnie basée à Dubaï, pour dix Boeing 747-8 cargo est la plus importante en valeur annoncée depuis le début du salon. L'annonce constitue un revers pour Airbus puisqu'Emirates a récemment renoncé à acheter la version cargo du très gros porteur A380.

Devancé par Airbus pendant cinq années d'affilée dans la course aux commandes, Boeing a repris le dessus au premier semestre, engrangeant quatre fois plus de ventes de commandes qu'Airbus.

Airbus, dont EADS détient 80 %, traverse une crise provoquée par les retards subis par l'A380, plus gros avion de ligne du monde, et par les plaintes de ses clients pour son manque de constance dans son programme de l'A350. L'annonce du programme A350 XWB (extra wide body) visait à répondre à ces critiques et, même si Airbus a reçu le soutien de ses clients actuels hier, l'avionneur européen n'a pas forcément convaincu tout le monde.

«On pensait qu'ils auraient pu le baptiser le 360», ironise un responsable du secteur, en référence aux acrobaties stratégiques effectuées par Airbus. Airbus aura fort à faire pour rattraper le Boeing 787 dont les livraisons doivent démarrer en 2008, quatre ans avant le nouvel A350. «On en a encore bien plus en réserve», a fait valoir lors d'un point de presse Mike Bair, directeur général du programme 787, au sujet des commandes. «Il se passe encore beaucoup de choses pour nous [...]. En tous cas, on peut dire que le rythme [des commandes] augmente».

Bair a également déclaré que l'avionneur américain devrait aussi probablement augmenter la cadence de production du 787, dont le lancement est déjà le plus réussi de Boeing, avec 360 commandes en deux ans. Il a refusé de préciser de quelle ampleur serait l'augmentation de la production et quand une décision serait prise. Le carnet de commandes du 787 est rempli jusqu'au premier semestre 2012.

Airbus a reçu de son côté de nouveaux soutiens de clients pour son A350 nouvelle version même si les acquéreurs ont tenu à souligner qu'ils n'avaient pas l'intention de payer plus pour ce qui sera un plus gros avion.

«Je pense que cela va être un meilleur avion», a déclaré Marco Antonio Bologna, directeur général de TAM, première compagnie aérienne brésilienne, lors d'un entretien accordé à Reuters. «Nous ne croyons pas que nous devrions payer plus mais il y a d'autres facteurs à prendre en compte, comme la charge payante, et je m'attends à conserver à la même valeur nette pour l'appareil».

TAM, premier client d'Airbus en Amérique du Sud, a été le premier acquéreur de l'A350-900 à 300 sièges. C'est le plus grand des deux modèles originaux et il sera remplacé par une version à plus longue portée de 314 sièges, devenue l'une des trois variantes de l'appareil. Vijay Mallya, directeur général de la compagnie indienne Kingfisher Airlines, a tenu un discours similaire. «Nos A350 vont nous être livrés en 2012 et si nous obtenons un avion flambant neuf pour le même prix, quelque chose de nettement mieux que les anciens 350, nous aurons des raisons de nous réjouir».






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