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En pleine crise, les hauts dirigeants d'EADS se réunissent au sommet

20 juin 2006  Économie
Noël Forgeard semble de plus en plus fragilisé au sein d’EADS mais aussi en dehors.
Photo : Agence Reuters
Noël Forgeard semble de plus en plus fragilisé au sein d’EADS mais aussi en dehors.
Paris — Les plus hauts dirigeants d'EADS se sont réunis hier à Munich pour tenter de sortir de la crise qui secoue le groupe aéronautique européen, empêtré dans les retards de l'A380 qui ont fait chuter le cours de Bourse, et des ventes d'actions controversées qui mettent Noël Forgeard sur la sellette.

Mais «aucune décision n'a été arrêtée à l'issue de cette réunion qui s'est déroulée de 10h à 13h», a-t-on affirmé chez EADS, sans plus de précisions. «C'était une réunion de travail pour faire le point après la crise de ces derniers jours à la suite des problèmes des retards de l'A380», a ajouté une source proche du dossier.

Cette réunion a rassemblé les présidents français et allemand du conseil d'administration du groupe aéronautique et de défense, Arnaud Lagardère et Manfred Bischoff, et les deux présidents exécutifs français et allemand, Noël Forgeard et Thomas Enders, selon une autre source proche du dossier.

Un porte-parole français avait évoqué dans la matinée «une réunion informelle à Munich» avec «MM. Forgeard et Enders» et dont «le sujet du jour serait Airbus», démentant la tenue d'un conseil d'administration, évoquée par le ministre français délégué à l'Industrie François Loos et des quotidiens.

La réunion de Munich était la première à ce niveau depuis la chute boursière du groupe mercredi dernier après l'annonce par sa filiale Airbus de retards de livraison de l'A380, et la controverse sur des ventes d'actions massives par Noël Forgeard et d'autres hauts dirigeants en mars.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a indiqué vendredi enquêter «depuis plusieurs semaines sur le marché du titre EADS».

La rencontre d'hier intervient dans un contexte de chasse aux responsables au sein d'EADS et de regain des tensions franco-allemandes dans le groupe, illustrées en 2005 par la «guerre des chefs» ayant précédé l'intronisation à la tête d'EADS de Noël Forgeard aux côtés de Tom Enders.

«Je n'observe aucun élément qui nourrirait de quelconques dissensions entre Français et Allemands», a cependant dit M. Forgeard hier dans le quotidien français La Tribune. Il avait pourtant épinglé vendredi «certaines usines» du groupe, notamment Hambourg, pour les retards de l'A380, dédouanant le site français de Toulouse et mettant en cause implicitement son successeur chez Airbus, l'Allemand Gustav Humbert.

Noël Forgeard semble de plus en plus fragilisé au sein d'EADS mais aussi en dehors.

Si Manfred Bischoff a pour l'instant gardé le silence, M. Enders a réagi hier pour la première fois sur les ventes d'actions de M. Forgeard, avec lequel il a pris ses distances en indiquant que lui n'avait pas fait de même car ce n'était «pas opportun». Arnaud Lagardère avait jugé la semaine dernière qu'il n'était «pas question de faire payer un lampiste» et que l'avenir de M. Forgeard ferait l'objet d'une «discussion [...] avec Manfred Bischoff». De quoi relancer la rumeur de l'arrivée à la tête d'EADS du p.-d.g. de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) Louis Gallois, représentant de l'État français au conseil d'administration du groupe.

À la Bourse de Paris hier l'action EADS, qui avait perdu le quart de sa valeur mercredi, progressait de 1,3 % à 20,16 euros dans un marché en hausse de 1 %.






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