jeudi 26 novembre 2009 Dernière mise à jour 17h21


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Conférence sur la gouvernance des sociétés d'État - Québec est accusé d'avoir délaissé une SAQ dans la tourmente

Éric Desrosiers   31 mai 2006  Économie
Le juge John H. Gomery, célèbre pour avoir présidé la commission qui a enquêté sur le scandale des commandites, et l’ancien premier ministre du Québec Jacques Parizeau ont pris la parole à l’occasion d’un colloque sur la gouvernance des soc
Photo : Jacques Nadeau
Le juge John H. Gomery, célèbre pour avoir présidé la commission qui a enquêté sur le scandale des commandites, et l’ancien premier ministre du Québec Jacques Parizeau ont pris la parole à l’occasion d’un colloque sur la gouvernance des soc
Il était du devoir du ministre des Finances, Michel Audet, de défendre la direction de la SAQ lorsqu'elle a fait face à la tourmente cet hiver, estime Raymond Boucher, président démissionnaire du conseil d'administration de la société d'État.

«L'actionnaire, c'est-à-dire le ministre responsable, doit défendre sa société d'État dans le cas où elle attaquée comme elle l'a été, sinon c'est la livrer aux lions et livrer sa direction aux lions», a-t-il déclaré hier lors d'un discours présenté dans le cadre d'une conférence sur la gouvernance des sociétés d'État à l'École des hautes études commerciales à Montréal. «Le vrai scandale de la SAQ, c'est que l'on puisse déstabiliser, paralyser et discréditer une société d'État, ses employés et sa direction par une campagne médiatique comme celle que l'on vient de vivre avec les conséquences sérieuses que cela peut avoir», a ajouté celui qui a quitté son poste à la fin du mois de février.

La démission de Raymond Boucher était survenue au lendemain de l'annonce, par le gouvernement Charest, de la tenue d'une enquête du vérificateur général sur les pratiques commerciales de la Société des alcools du Québec. Le ministre des Finances avait expliqué qu'il espérait ainsi permettre d'endiguer la crise de confiance entourant la politique d'achat et de mise en marché, le mécanisme de fixation des prix et le rôle des agents intermédiaires à la société d'État.

Raymond Boucher a répété hier qu'il n'avait aucun doute que l'enquête du vérificateur général conclura, à l'instar de la firme de comptabilité KPMG, que le conseil d'administration et la direction de la SAQ «ont agi de façon responsable dès que les faits ont été portés à leur connaissance». Il a redit à quel point le traitement réservé à la SAQ et à sa direction lui est apparu injuste compte tenu de ses performances des dernières années.

Les nouvelles règles de gouvernance proposées en avril par le ministre Audet auraient-elles permis, si elles avaient été en vigueur, d'éviter à la SAQ «la cabale médiatique, politique et même syndicale»? Peut-être pas, a dit Raymond Boucher. Mais l'existence, au conseil d'administration, d'un comité de gouvernance lui aurait sans doute permis de réagir plus vite à la crise et «favoriser une plus grande rigueur dans la gestion du dossier».

Nouvelles règles

De façon générale, il salue la volonté du gouvernement du Québec de moderniser les règles de gouvernance de ses sociétés d'État. Il s'est inquiété, toutefois, de l'intention du gouvernement de se garder les pouvoirs de nommer les administrateurs, d'approuver la nomination du chef de la direction, de fixer les paramètres de sa rémunération ou encore d'approuver le plan stratégique de la société. «Mi-figue, mi-raisin, le gouvernement souhaite que le conseil d'administration joue un rôle central et soit imputable des performances de la société d'État, mais veut continuer à s'ingérer dans le processus décisionnel», a-t-il déploré.

La chose est d'autant plus mal venue que le ministère des Finances n'est «fondamentalement intéressé qu'aux dividendes» et n'a généralement «pas les compétences» requises pour se mêler de ces questions.

Sans parler du fait qu'en politique, les ministres changent tout le temps. «Pouvez-vous imaginer une grande entreprise qui changerait d'actionnaire de contrôle à une telle fréquence? Il y a un défi de gestion de continuité qui est énorme», a déclaré Raymond Boucher.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009