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Projet hydroélectrique sur le fleuve Churchill - Terre-Neuve sera maître à bord

9 mai 2006  Économie
Saint-Jean — La santé économique de Terre-Neuve-et-Labrador s'est accrue à un point tel que la province n'a plus besoin de partenaire afin de développer le projet hydroélectrique de plusieurs milliards de dollars envisagé le long du cours inférieur du fleuve Churchill, au Labrador, a annoncé le premier ministre provincial Danny Williams, hier.

Cette annonce marque un tournant symbolique pour la province, qui a passé des décennies à réfléchir à des projets impliquant la recherche de riches partenaires afin de développer l'une des sources d'énergie hydroélectrique les plus prometteuses du continent nord-américain. L'envie de construire davantage de centrales électriques le long du fleuve Churchill remonte à 1972, alors que le barrage hydroélectrique des chutes du même nom a été complété avec l'aide du Québec. En vertu de l'entente passée avec le gouvernement québécois, ce dernier a tiré du projet des revenus ayant atteint près de 1 milliard tandis que Terre-Neuve se retrouvait avec peu ou presque rien.

«C'est l'occasion pour nous de récupérer une partie de ce que nous avons perdu le long du cours supérieur du Churchill, et le fait que nous allons faire ça seuls est significatif», a déclaré M. Williams en entrevue. Il a indiqué que sa province disposait des ressources financières nécessaires. Terre-Neuve-et-Labrador a récemment obtenu 2 milliards du gouvernement fédéral, à la suite de la renégociation d'une entente énergétique extraterritoriale.

Le premier ministre a cependant précisé que le projet n'était pas chose faite. La province n'a pas encore décidé ce qui serait construit et si le projet était réalisable. Une décision finale sera toutefois prise d'ici 2009. Les premiers mégawatts ne pourraient donc être produits avant 2015. Avant d'entamer des travaux, Terre-Neuve devra s'entendre avec les Innus du Labrador et procéder à une importante évaluation environnementale.

La province avait lancé en janvier 2004 un appel d'offres afin d'obtenir plus de 2800 mégawatts d'électricité. Plus de 20 groupes avaient fait des propositions. L'un des projets émanait d'Hydro-Québec, qui s'était allié à la firme SNC-Lavalin de même qu'au gouvernement de l'Ontario.

Hier, le porte-parole de la société d'État Sylvain Théberge a laissé savoir que la décision du gouvernement terre-neuvien ne constituait pas une surprise. Si la proposition d'Hydro avait été retenue, le Québec aurait obtenu les deux tiers de l'électricité produite. La société d'État ne comptait toutefois pas sur cette énergie dans son plus récent plan d'approvisionnement.






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