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Groupe TVA veut que les règles de financement changent

6 mai 2006  Économie
Selon la direction de TVA, l’arrivée des chaînes spécialisées a grugé les revenus publicitaires et les parts de marché des télévisions généralistes.
Photo : Agence Reuters
Selon la direction de TVA, l’arrivée des chaînes spécialisées a grugé les revenus publicitaires et les parts de marché des télévisions généralistes.
L'industrie de la télévision devra voir ses règles changées à moyen terme, confrontée qu'elle est à la fragmentation de l'auditoire, à la hausse des coûts de production et d'acquisition et au «tsunami technologique», affirme la direction de TVA.

Le Groupe TVA souhaite aussi voir modifié le système de versement des redevances, afin que les télévisions généralistes puissent en toucher, au même titre que les chaînes spécialisées.

«C'est l'ensemble des composantes de la télévision qui doit être revu. La révolution numérique nous amène dans une conjoncture différente de ce que la télévision a vécu les 25, 30, 40 dernières années», a indiqué M. Pierre Dion, président et chef de la direction de TVA, à l'occasion de l'assemblée annuelle des actionnaires, hier.

À ses yeux, il faudra reviser non seulement la question des redevances versées aux chaînes de télévision, mais aussi la structure de financement et la relation entre le diffuseur et les producteurs indépendants. «C'est clair qu'il y a un déséquilibre, à l'heure actuelle, au niveau des revenus dans l'industrie de la télévision en général. Nous, on pense qu'il doit y avoir un rééquilibre des redevances. Les spécialisés ont beaucoup de redevances et les généralistes n'en ont pas du tout», a déploré M. Dion.

L'arrivée des chaînes spécialisées a grugé les revenus publicitaires et les parts de marché des télévisions généralistes et la situation doit être corrigée, au nom de l'équité, a-t-il plaidé. «On est générateur de contenus, mais notre modèle d'affaires qui est seulement avec une source de revenu s'en va vers une impasse. Si on veut protéger la culture québécoise et canadienne et continuer à générer du bon contenu, il va falloir refaire cet équilibre dans l'industrie de la télévision.»

Cette réforme doit se faire dans le cadre de la révision de la politique de télévision et lors de l'étude des dossiers de renouvellement des licences, a-t-il noté.

Dans le cadre de l'assemblée, les dirigeants du Groupe TVA ont fait part de leur volonté de miser encore davantage sur la convergence, sur l'utilisation des «contenus» dans plusieurs médias. C'est ainsi que la télévision, l'Internet, les téléphones portables, par exemple, seront de plus en plus mis à contribution pour atteindre le plus grand nombre de consommateurs et offrir davantage aux annonceurs.

Une expérience de convergence assez poussée sera d'ailleurs tentée à Sun TV, une chaîne du groupe à Toronto. M. Dion promet à cette occasion «une façon différente de faire les informations du 21e siècle», le 17 mai, à l'aide du multimédia. L'expérience fera appel à la télévision, mais aussi aux blogues, à la diffusion sur Internet, à des sondages auprès du public, au «journalisme citoyen» et aux journaux conventionnels du groupe.

Ce concept d'interactivité entre la télévision, l'Internet et le consommateur est très prometteur, aux dires de M. Dion, qui aimerait un jour l'exporter au Québec.

Pour son premier trimestre de l'exercice 2006, le Groupe TVA a enregistré une perte nette de 2,7 millions ou 10 ¢ par action comparativement à un bénéfice net de 2,9 millions ou 9 ¢ par action pour le trimestre correspondant de 2005.

La diminution du bénéfice net s'explique surtout par la baisse de 7,3 % des recettes publicitaires dans le secteur de la télévision et par la diminution de la rentabilité du secteur de l'édition.






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