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L'ancien p.-d.g. d'Enron se dit «complètement innocent»

11 avril 2006  Économie
L’ancien p.-d.g. d’Enron, Jeffrey Skilling, marche devant son avocat Daniel Petrocelli. «Je combattrai ces accusations jusqu’au jour de ma mort», a déclaré M. Skilling
Photo : Agence France-Presse
L’ancien p.-d.g. d’Enron, Jeffrey Skilling, marche devant son avocat Daniel Petrocelli. «Je combattrai ces accusations jusqu’au jour de ma mort», a déclaré M. Skilling
Houston — L'ancien p.-d.g. d'Enron, Jeffrey Skilling, a clamé son innocence hier, en prenant pour la première fois la barre au procès de la faillite du groupe de courtage en énergie, à Houston.

«Je combattrai ces accusations jusqu'au jour de ma mort», a déclaré M. Skilling, se disant «complètement innocent» lors de sa déposition devant le tribunal.

Jeffrey Skilling, 52 ans, avait dirigé Enron pendant six mois avant de démissionner pour raisons personnelles en août 2001 (quatre mois avant la faillite). Il est jugé avec le fondateur d'Enron, Kenneth Lay, qui avait dirigé l'entreprise avant et après le passage de Jeffrey Skilling à sa tête.

Selon Jeffrey Skilling, Enron «n'avait jamais été dans une telle position de force» lorsqu'il a décidé de quitter l'entreprise en 2001.

Voyant ensuite le groupe en difficultés, il avait proposé à Kenneth Lay de revenir le diriger et de rencontrer les analystes pour les rassurer, une proposition que le nouveau p.-d.g. n'a pas entendue, a-t-il assuré.

À l'époque, le groupe travaillait «à rendre le monde meilleur» et était «du côté des consommateurs» en usant de pratiques innovantes destinées à faire baisser les prix de l'énergie, a assuré M. Skilling, nerveux lors de son témoignage. «En quelque sorte, c'est ma vie qui est en jeu», a-t-il dit.

L'ex-p.-d.g. a rappelé le souvenir d'une conférence avec des analystes en 2001 au cours de laquelle un juron lui avait échappé. Selon lui, c'est ce jour-là qu'il a «perdu sa crédibilité auprès de Wall Street».

Jeffrey Skilling a ensuite accusé des articles de presse du magazine Fortune et du quotidien Wall Street Journal d'avoir précipité la chute d'Enron, en incitant les actionnaires à vendre leurs titres et les autorités boursières (SEC) à s'emparer du cas.

Ces articles, évoquant les partenariats financiers douteux au coeur du dossier, «ont insinué que quelque chose n'allait pas là-dedans», ils semblaient «organisés» pour nuire à l'entreprise, a ajouté l'ancien p.-d.g.

Jeffrey Skilling doit faire face à 28 chefs d'accusation, parmi lesquels fraude, complot, délit d'initié ou encore fausses déclarations aux cabinets d'audit.

Enron s'était hissé au septième rang des plus importantes entreprises américaines avant que les anomalies découvertes dans sa comptabilité ne provoquent l'implosion du groupe et la ruine pour quelque 4 000 de ses employés.

Le groupe s'était déclaré en faillite en décembre 2001, avec des pertes estimées au-delà de

40 milliards de dollars. C'était à l'époque la plus grosse faillite de l'histoire des États-Unis.






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