Foresterie et géomatique - Des ingénieurs en demande
Deux universités québécoises offrent une formation spécifique dans les domaines de la foresterie et de la chimie des pâtes et papiers. Dans le premier cas, les étudiants fréquentent la faculté de foresterie et géomatique de l'université Laval et dans le deuxième cas, c'est au tout nouveau Centre intégré en pâtes et papiers de l'Université du Québec à Trois-Rivières qu'ils iront.
L'université Laval est la seule université au Québec autorisée à former les ingénieurs forestiers qui, une fois le baccalauréat en poche, exercent leur métier en tant que membres de l'Ordre des ingénieurs forestiers du Québec. La faculté de foresterie et géomatique offre deux baccalauréats en génie forestier: l'un en aménagement et environnement forestier et l'autre en opérations forestières.
«L'ingénieur forestier en aménagement planifie ce que l'on fait de l'ensemble des ressources forestières d'un territoire, explique Michel Beaudoin, secrétaire de la faculté. Ces ressources ne comprennent pas seulement les essences ligneuses, mais aussi la flore, la faune et même l'hydrographie du territoire. De plus, il doit tenir compte de tous les utilisateurs de la forêt lorsqu'il dresse un plan d'aménagement.»
L'ingénieur forestier en opérations forestières est spécialisé dans les travaux en forêt, comme la récolte et le transport, ainsi que dans la gestion du personnel. «Au fond, le premier planifie et le second exécute. Comme la moitié de leurs cours sont les mêmes, ils se complètent.»
De plus, la faculté offre aussi un baccalauréat en génie du bois. «On s'intéresse ici au matériau bois et à la manière de le transformer en divers produits.» Étant donné qu'il s'agit ici de procédés industriels, ces ingénieurs sont régis par l'Ordre des ingénieurs du Québec. Ces deux derniers baccalauréats se donnent sous le modèle coopératif avec des stages en entreprise. Tous les étudiants de la faculté ont aussi à leur disposition une forêt aménagée, la forêt Montmorency.
Les étudiants peuvent aussi poursuivre leurs études aux deuxième et troisième cycles, soit en sciences forestières, soit en sciences du bois. Il existe aussi un programme de maîtrise en agroforesterie dispensé en collaboration avec la faculté d'agriculture. «Ce dernier programme intéresse surtout les étudiants européens, parce que c'est en Europe que l'on pratique surtout l'agroforesterie.» L'agroforesterie se pratique là où l'on dispose de peu de territoire et elle consiste à faire cohabiter sur un même territoire les essences ligneuses, les cultures et la production animale.
Pâtes et papiers
Les sciences des pâtes et papiers sont enseignées uniquement à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Les étudiants qui s'intéressent à cette matière devront d'abord compléter un baccalauréat en génie chimique au cours duquel ils suivront quelques cours portant sur les pâtes et papiers. Ils pourront ensuite exercer leur profession dans tous les secteurs du génie chimique, touchant tant les pâtes et papiers que la pétrochimie, et la profession est régie par l'Ordre des ingénieurs du Québec.
La spécialisation en sciences des pâtes et papiers s'effectue lors des deuxième et troisième cycles. Deux maîtrises sont offertes, l'une à l'intention des étudiants réguliers et l'autre pour les professionnels déjà sur le marché du travail. «Ces deux maîtrises accueillent des étudiants du génie chimique, mais aussi des étudiants provenant d'autres disciplines, comme la chimie ou le génie mécanique», précise Patrice Mangin, directeur général du Centre intégré en pâtes et papiers (CIPP).
Ce CIPP, dont le coût s'élève à près de 80 millions de dollars, regroupera dans un nouveau bâtiment — comprenant une école-usine — toutes les activités reliées aux sciences des pâtes et papiers, y compris celles du CIPP. Même les étudiants de niveau collégial en technologies des pâtes et papiers y seront logés.
«C'est une véritable intégration que nous avons voulu faire. Ici, on part du DEC et l'on se rend jusqu'au doctorat. De plus, nous sommes directement reliés à l'industrie.»
La demande et la relève
La foresterie et l'industrie des pâtes et papiers au Québec vivent aujourd'hui une période plutôt difficile. De l'aveu même de Patrice Mangin, l'année 2005 fut «l'annus horribilis de l'industrie». Une opinion que partage son collègue Michel Beaudoin de l'université Laval. «L'image de l'industrie en a pris pour son rhume», précise-t-il. Et Patrice Mangin de rajouter: «C'est une industrie qui est présentement en complète restructuration.»
Pourtant la demande est bel et bien là. «On avait prédit que les besoins mondiaux de papier en 2010 atteindraient 420 millions de tonnes, explique Patrice Mangin. Mais maintenant, à cause de la Chine et de l'Inde, on a réévalué la demande à 480 millions de tonnes. On risque même de ne pas avoir assez de fibres.»
D'autre part, on s'attend à subir au Québec d'ici cinq à sept ans une pénurie de main-d'oeuvre à la fois en foresterie et dans les pâtes et papiers. «Plusieurs de ceux qui y travaillent approchent l'âge de la retraite, précise Michel Beaudoin, et il faudra les remplacer. Même avec les mises à pied que l'on a connues dernièrement, il n'y a pas de surplus de main-d'oeuvre sur le marché. Je reçois des offres d'emploi de la part d'industriels que souvent je n'arrive pas à combler.»
Pareille situation pourrait faire croire qu'il est facile de recruter de nouveaux candidats, d'autant plus que le salaire moyen avoisine facilement 45 000 $ par année en début de carrière. Mais ce n'est pas tout à fait le cas. Pour le moment, il n'y a pas de pénurie d'étudiants dans le domaine du génie forestier en aménagement. Mais en opérations forestières et en génie du bois, tout comme en sciences des pâtes et papiers, la situation est plus corsée.
«En fait, les étudiants préfèrent l'aménagement forestier parce que c'est plus proche de l'écologie et de l'environnement, souligne Michel Beaudoin. Nous avons plus de difficulté à recruter lorsqu'il s'agit d'exploitation forestière ou de procédés industriels.»
Selon les deux hommes, l'image de l'industrie dans son ensemble est responsable de cette situation. «On ne peut pas dire que l'image présente de notre industrie au Québec est reluisante», rajoute Patrice Mangin. De son côté, Michel Beaudoin demeure malgré tout optimiste. «Tout dans notre industrie n'est pas noir. Oui, on peut mieux cultiver nos forêts, mais on doit aussi s'en servir. Ce que les gens doivent comprendre, c'est que la forêt est une ressource renouvelable.»
Collaborateur du Devoir
L'université Laval est la seule université au Québec autorisée à former les ingénieurs forestiers qui, une fois le baccalauréat en poche, exercent leur métier en tant que membres de l'Ordre des ingénieurs forestiers du Québec. La faculté de foresterie et géomatique offre deux baccalauréats en génie forestier: l'un en aménagement et environnement forestier et l'autre en opérations forestières.
«L'ingénieur forestier en aménagement planifie ce que l'on fait de l'ensemble des ressources forestières d'un territoire, explique Michel Beaudoin, secrétaire de la faculté. Ces ressources ne comprennent pas seulement les essences ligneuses, mais aussi la flore, la faune et même l'hydrographie du territoire. De plus, il doit tenir compte de tous les utilisateurs de la forêt lorsqu'il dresse un plan d'aménagement.»
L'ingénieur forestier en opérations forestières est spécialisé dans les travaux en forêt, comme la récolte et le transport, ainsi que dans la gestion du personnel. «Au fond, le premier planifie et le second exécute. Comme la moitié de leurs cours sont les mêmes, ils se complètent.»
De plus, la faculté offre aussi un baccalauréat en génie du bois. «On s'intéresse ici au matériau bois et à la manière de le transformer en divers produits.» Étant donné qu'il s'agit ici de procédés industriels, ces ingénieurs sont régis par l'Ordre des ingénieurs du Québec. Ces deux derniers baccalauréats se donnent sous le modèle coopératif avec des stages en entreprise. Tous les étudiants de la faculté ont aussi à leur disposition une forêt aménagée, la forêt Montmorency.
Les étudiants peuvent aussi poursuivre leurs études aux deuxième et troisième cycles, soit en sciences forestières, soit en sciences du bois. Il existe aussi un programme de maîtrise en agroforesterie dispensé en collaboration avec la faculté d'agriculture. «Ce dernier programme intéresse surtout les étudiants européens, parce que c'est en Europe que l'on pratique surtout l'agroforesterie.» L'agroforesterie se pratique là où l'on dispose de peu de territoire et elle consiste à faire cohabiter sur un même territoire les essences ligneuses, les cultures et la production animale.
Pâtes et papiers
Les sciences des pâtes et papiers sont enseignées uniquement à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Les étudiants qui s'intéressent à cette matière devront d'abord compléter un baccalauréat en génie chimique au cours duquel ils suivront quelques cours portant sur les pâtes et papiers. Ils pourront ensuite exercer leur profession dans tous les secteurs du génie chimique, touchant tant les pâtes et papiers que la pétrochimie, et la profession est régie par l'Ordre des ingénieurs du Québec.
La spécialisation en sciences des pâtes et papiers s'effectue lors des deuxième et troisième cycles. Deux maîtrises sont offertes, l'une à l'intention des étudiants réguliers et l'autre pour les professionnels déjà sur le marché du travail. «Ces deux maîtrises accueillent des étudiants du génie chimique, mais aussi des étudiants provenant d'autres disciplines, comme la chimie ou le génie mécanique», précise Patrice Mangin, directeur général du Centre intégré en pâtes et papiers (CIPP).
Ce CIPP, dont le coût s'élève à près de 80 millions de dollars, regroupera dans un nouveau bâtiment — comprenant une école-usine — toutes les activités reliées aux sciences des pâtes et papiers, y compris celles du CIPP. Même les étudiants de niveau collégial en technologies des pâtes et papiers y seront logés.
«C'est une véritable intégration que nous avons voulu faire. Ici, on part du DEC et l'on se rend jusqu'au doctorat. De plus, nous sommes directement reliés à l'industrie.»
La demande et la relève
La foresterie et l'industrie des pâtes et papiers au Québec vivent aujourd'hui une période plutôt difficile. De l'aveu même de Patrice Mangin, l'année 2005 fut «l'annus horribilis de l'industrie». Une opinion que partage son collègue Michel Beaudoin de l'université Laval. «L'image de l'industrie en a pris pour son rhume», précise-t-il. Et Patrice Mangin de rajouter: «C'est une industrie qui est présentement en complète restructuration.»
Pourtant la demande est bel et bien là. «On avait prédit que les besoins mondiaux de papier en 2010 atteindraient 420 millions de tonnes, explique Patrice Mangin. Mais maintenant, à cause de la Chine et de l'Inde, on a réévalué la demande à 480 millions de tonnes. On risque même de ne pas avoir assez de fibres.»
D'autre part, on s'attend à subir au Québec d'ici cinq à sept ans une pénurie de main-d'oeuvre à la fois en foresterie et dans les pâtes et papiers. «Plusieurs de ceux qui y travaillent approchent l'âge de la retraite, précise Michel Beaudoin, et il faudra les remplacer. Même avec les mises à pied que l'on a connues dernièrement, il n'y a pas de surplus de main-d'oeuvre sur le marché. Je reçois des offres d'emploi de la part d'industriels que souvent je n'arrive pas à combler.»
Pareille situation pourrait faire croire qu'il est facile de recruter de nouveaux candidats, d'autant plus que le salaire moyen avoisine facilement 45 000 $ par année en début de carrière. Mais ce n'est pas tout à fait le cas. Pour le moment, il n'y a pas de pénurie d'étudiants dans le domaine du génie forestier en aménagement. Mais en opérations forestières et en génie du bois, tout comme en sciences des pâtes et papiers, la situation est plus corsée.
«En fait, les étudiants préfèrent l'aménagement forestier parce que c'est plus proche de l'écologie et de l'environnement, souligne Michel Beaudoin. Nous avons plus de difficulté à recruter lorsqu'il s'agit d'exploitation forestière ou de procédés industriels.»
Selon les deux hommes, l'image de l'industrie dans son ensemble est responsable de cette situation. «On ne peut pas dire que l'image présente de notre industrie au Québec est reluisante», rajoute Patrice Mangin. De son côté, Michel Beaudoin demeure malgré tout optimiste. «Tout dans notre industrie n'est pas noir. Oui, on peut mieux cultiver nos forêts, mais on doit aussi s'en servir. Ce que les gens doivent comprendre, c'est que la forêt est une ressource renouvelable.»
Collaborateur du Devoir
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