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Théâtre jeunes publics - Partir un peu, beaucoup, passionnément...

27 mai 2004  Théâtre
Il est intéressant de revoir un spectacle qu'on avait d'abord vu dans un festival. Plongé dans le rythme frénétique d'un événement international où on le voit mêlé à une quinzaine (sinon une vingtaine) d'autres productions, on n'en retient dans le meilleur des cas que ce qui le particularise vraiment: habituellement l'audace de son sujet ou de sa forme. Créé aux derniers Coups de théâtre, Deux pas vers les étoiles avait séduit le public du festival par tout cela. Mais le fait de le revoir presque deux ans plus tard permet d'apprécier encore mieux l'ensemble de la production.

C'est toujours la même histoire bien sûr: celle de deux pré-ados, Corneille et Junior, tous deux «à part». Lui vient de subir un premier échec; elle est prête à tout ou presque pour que tout le monde l'aime. Leur contact avec le monde — leurs parents, l'école, les autres — n'est pas simple. Si peu en fait que Junior ne voit pas d'autre solution que de fuir et de tenter de réaliser au plus tôt son rêve — devenir astronaute — plutôt que d'avoir à affronter un père trop parfait qui ne peut comprendre l'échec.

L'autre après-midi à la Maison Théâtre, la salle était survoltée; dès le départ, les «grands de 12 ans» réagissaient au moindre noir, à la moindre réplique, et l'on pouvait craindre le pire. Mais non. La pertinence des questions posées par le texte de Jean-Rock Gaudreault a eu tôt fait de calmer les ardeurs des plus fringants en les amenant à se regarder eux-mêmes. Mais peut-être était-ce aussi la vivacité de Louis Martin Despa et de Marie-Josée Forget, qui donnent de leur personnage une stimulante interprétation. Ou encore la mise en scène alerte de Jacinthe Potvin, qui réussit à faire d'une fugue une simple tentative avortée débouchant sur une profonde relation d'amitié et de complicité. Toujours est-il que les applaudissements fusaient encore après trois rappels au moment où j'ai quitté la salle...

En terminant, il faut souligner que même si la saison de la Maison Théâtre s'achève avec la présentation de Deux pas vers les étoiles, un tout nouveau spectacle prendra l'affiche les 3 et 4 juin prochains. Il s'agit de Paradoxus de Jocelyn Blanchard, une pièce destinée aux enfants de six à onze ans qui vient de gagner le concours annuel de la relève organisé conjointement par la Maison Théâtre, le CEAD et l'Option théâtre du cégep Lionel-Groulx. C'est une histoire bizarroïde dans laquelle les enfants profitent des récréations pour tenir des réunions secrètes visant à mettre fin au rythme de vie effréné que leur imposent les adultes...
 
 
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