Du théâtre au cinéma en repassant par le théâtre

Olivier Arteau assure la mise en scène de «Made in Beautiful (La Belle Province)».
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Olivier Arteau assure la mise en scène de «Made in Beautiful (La Belle Province)».

Cet hiver théâtral qui s’ouvre à Québec inscrit près d’une vingtaine de pièces au calendrier. Une saison teintée entre autres, du moins dans le choix des pièces, par l’influence cinéma.

Étant donné son hiver particulièrement chargé en raison des chambardements connus à l’automne, il apparaît normal que ce soit le Périscope (toujours nomade en raison des importants travaux encore en cours à son adresse habituelle), qui ouvre le bal le 16 janvier. Il le fait avec Hôtel-Dieu, le théâtre documentaire mené par Alexandre Fecteau, initialement prévu en octobre, et relocalisé au Théâtre Les Gros Becs.

Photo: Rolline Laporte La metteure en scène Marie-Josée Bastien sera à l’affiche cet hiver à la fois au Périscope et au Trident.

Dans cette saison qui offre une part appréciable aux pièces ayant connu des incursions cinématographiques, on retrouvera d’ailleurs le même Fecteau au Trident, à la barre de l’Amadeus de Peter Shaffer, dont Milos Forman offrait une proposition filmée en 1984. Il y dirigera Jacques Leblanc en Salieri.

En fait de pièces de théâtre revues pour le cinéma, la metteure en scène Marie-Josée Bastien signe à ce chapitre un doublé. Au Périscope, elle s’attaquera à Closer, du dramaturge Patrick Marber, pièce qui a été portée à l’écran en 2004 par Mike Nichols. On se souvient aussi de la lecture par Denis Villeneuve de la pièce de Wajdi Mouawad, Incendies. Sarah Desjardins-Villeneuve et Charles-Étienne Beaulne incarneront les Jeanne et Simon de la pièce sur la scène du Trident.


Autre trace du cinéma peut-être, du moins dans l’esprit, lui qui nous a habitués ces dernières années aux trilogies, deux triptyques se fraient un chemin dans le calendrier d’hiver. L’incroyable légèreté de Luc L., dernier chapitre de la série de Philippe Soldevila sur trois artistes acadiens, viendra clore le cycle ouvert avec Les trois exils de Christian E. et Le long voyage de Pierre-Guy B. Les trois morceaux seront d’ailleurs offerts en intégrale le 24 mars. De son côté, Os, de Steve Gagnon, vient également clore une trilogie, après La montagne rouge (SANG) et Ventre.

Photo: Magali Cancel Steve Gagnon clos avec Os une trilogie amorcée en 2010 avec La montagne rouge (SANG).

D’autres titres attirent par ailleurs notre attention, à commencer par Made in Beautiful (La Belle Province), mené par Olivier Arteau chez Premier Acte (voir l’encadré), ainsi que Dévoré(s), sur un texte de Jean-Denis Beaudoin et une mise en scène de Jocelyn Pelletier au Périscope.

Du côté de La Bordée, Patric Saucier mettra en scène Lucky Lady, un texte du bien embouché Jean Marc Dalpé, et l’ouverture de saison sera l’occasion d’une nouvelle présentation de Mme G., de Maxime Beauregard-Martin. On sera finalement curieux de voir ce que nous réserve Tomates, une nouvelle livraison de L’Orchestre d’hommes-orchestres.

Olivier Arteau, créateur à surveiller

Depuis sa sortie du Conservatoire d’art dramatique de Québec en 2016, Olivier Arteau s’est illustré au jeu (L’éveil et Froid, entre autres), mais plus encore au texte et à la mise en scène. Doggy dans gravel révélait notamment une puissance du point de vue et une grande liberté. Observateur sensible à son environnement et aux possibilités du théâtre, il sera de Made in Beautiful (La Belle Province), un texte collectif dont il assure la mise en scène : une suite de 22 tableaux, étalés entre le référendum de 1995 et aujourd’hui, sera l’occasion d’interroger notre rapport au « rêve collectif » que l’uniformité capitaliste tend à rendre désuet.