Théâtre - Le ciel par-dessus les toits
Le très beau spectacle de Marie Brassard créé à l'état de work-in-progress au dernier Festival de théâtre des Amériques, le printemps dernier, n'a été redonné que cinq soirs. Dans sa mouture finale, la proposition du spectacle s'était centrée et resserrée. Chaque fragment du faisceau d'histoires qui composent cette oeuvre contribue à renforcer la prise de position très nette de Marie Brassard quant à l'uniformisation qui menace les grandes villes, aussi longtemps que les élus ne freineront pas l'appétit des promoteurs immobiliers avides de transformer tout immeuble en condos de luxe. Cette «gentrification» chasse de leur abri les habitants moins fortunés, parmi lesquels se trouvent naturellement les artistes, les immigrés et les marginaux, que Marie Brassard compare à des lampes qui s'éteignent. En faisant entendre le coeur d'un immeuble situé rue Ontario au centre-ville, elle montre une facette de l'âme de Montréal. Dans une optique plus universelle, le spectacle est un constat lucide face à l'effondrement d'un monde prêt à troquer les valeurs humanistes qui l'ont fondé au profit d'un seul dénominateur: l'argent.
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