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    «2017 revue et corrigée» – À quelle heure le «punch»?

    L’édition 2017 de la rétrospective théâtrale est forte en prestations, mais plutôt faible en textes

    6 décembre 2017 | Marie Labrecque - Collaboratrice | Théâtre
    Le président des États-Unis, Donald Trump, n’échappe pas à «2017 revue et corrigée».
    Photo: François Laplante Delagrave Le président des États-Unis, Donald Trump, n’échappe pas à «2017 revue et corrigée».

    Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures, affirme l’adage connu. 2017 revue et corrigée paraît en faire la preuve : deux des meilleures idées contenues dans le spectacle saisonnier du Théâtre du Rideau Vert, sur la « taxe Netflix » et sur l’épidémie de dénonciations dans le milieu culturel, alimentent aussi des numéros fort brefs. Ces sujets chauds, peut-être parce qu’ils sont survenus vers la fin de l’année, sont donc réduits à de lumineux flashes. Alors que d’autres moins inspirants ont droit à de longs sketchs sans guère de substance, ou de punch.

     

    Pourtant resserrée à une heure trente sans entracte, la revue humoristique, pondue par une toute nouvelle équipe d’auteurs, manque souvent de mordant. Prenez ce sketch raillant le cafouillage de l’autoroute 13, un numéro très élaboré pour peu de drôlerie. Ou la réunion, a priori prometteuse, des Trump, Poutine et Kim Jong-un, qui ne va nulle part… Quant à la — longue — parodie d’Occupation double, avec PKP et une Julie Snyder recherchant « un homme qui pourrait [la] ramener au top », elle m’a fait un peu grincer des dents. Peut-être qu’une femme parmi les scripteurs serait de mise ?

     

    Tirant à son habitude dans toutes les directions, le show contient bien sûr son lot de bons coups (tel le numéro, plutôt bien pensé, sur la loi 62 et son fameux visage découvert), et même quelques efforts louables pour sortir des sentiers battus (l’ode à la Catalogne d’André Sauvé, qui nous sort du Québec). Et l’une des surprises tient au sort, jouissif et visuellement brillant, réservé à Régis Labeaume…

     

    Formellement réussie, avec ses vidéos léchées, la rétrospective paraît parfois se rapprocher de plus en plus d’un show de variétés, avec de nombreux tableaux s’achevant par des chansons. Guère étonnant puisqu’elle porte cette année la griffe de René Simard à la mise en scène.

     

    Comme toujours, l’énergie du spectacle est entraînante et la brillance des personnifications fait parfois oublier bien des failles. Le retour de Suzanne Champagne, absente l’an dernier, ne passe pas inaperçu. Que ce soit en hilarante Safia Nolin, ou en Anne-France Goldwater qui arbitre une dispute entre un vendeur de pot et Jean Coutu… Mais toute la troupe, exclusivement constituée de vétérans, s’illustre : Martin Héroux, Julie — Céline — Ringuette, Benoit Paquette (confondant Louis-José Houle), délirant Marc St-Martin.

     

    Ils sont si solides que la formule s’appuie peut-être trop sur eux. Ainsi, le gag du téléthon des sports paraît un prétexte à un défilé de personnages (le classique Ron Fournier, par exemple). Des figures qui, au fil du temps, sont devenues comme les vedettes attendues d’une continuité annuelle.

    2017 revue et corrigée
    Script-édition de Nicolas Lemay. Textes de Patrick Bergeron, François Lafrenière, Nicolas Lemay, Hugo Pellicelli. Mise en scène de René Simard. Du 28 novembre au 6 janvier, au Théâtre du Rideau Vert.












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