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    Entrevue

    Dramaturgie en direct

    La LNI démonte nos classiques pour mieux les partager et les faire vibrer

    25 novembre 2017 |Sara Fauteux | Théâtre
    «Je parle de l’auteur, j’explique le contexte sociohistorique et j’insiste sur un certain nombre de caractéristiques formelles ou thématiques», explique Alexandre Cadieux.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir «Je parle de l’auteur, j’explique le contexte sociohistorique et j’insiste sur un certain nombre de caractéristiques formelles ou thématiques», explique Alexandre Cadieux.

    « À la LNI, on aime beaucoup les minuteries. » Si La LNI s’attaque aux classiques propose une mise en scène moins rigide que celle du match d’impro traditionnel, la formule n’échappe pas pour autant à la tradition des chronomètres, s’amuse à l’avance l’ex-critique de théâtre au Devoir Alexandre Cadieux, qui disposera d’une heure top chrono pour mettre la table en plongeant les interprètes en même temps que le public dans l’oeuvre d’un ou d’une auteure de théâtre.

     

    Et quelle table ! Mélangeant improvisation et histoire de l’art, La LNI s’attaque aux classiques renouvelle les codes du match d’impro en assurant chaque soir une immersion dramaturgique tout à la fois ludique, érudite, pédagogique, voire amoureuse. « Je parle de l’auteur, j’explique le contexte sociohistorique et j’insiste sur un certain nombre de caractéristiques formelles ou thématiques », explique Alexandre Cadieux, qui coanimera ce concentré de dramaturgie avec le directeur artistique à la LNI François-Étienne Paré. Dans la deuxième partie, les comédiens s’engagent dans une improvisation de trente minutes « à la manière de » l’auteur en question.

     

    Pour la troisième mouture du spectacle, le duo reprend Shakespeare, Molière, Michel Tremblay et Robert Lepage, mais explore aussi pour la première fois les univers bigarrés de Sarah Kane, Ionesco, Wajdi Mouawad, Carole Fréchette, Larry Tremblay et Michel Marc Bouchard.

     

    Alexandre Cadieux assume en quelque sorte la figure de l’expert du théâtre. Celui qui a été chargé de cours à l’UQAM et à l’Université d’Ottawa, critique et arbitre à la LNI et qui termine présentement un doctorat en études et pratiques des arts y voit la synthèse de tous ses rôles.

    Pour moi, l’histoire de l’art c’est ça : lorsque tu es en contact avec les oeuvres et que tu sais ce à quoi elles renvoient. Cette capacité à faire des liens, c’est ça le plaisir de la culture.
    Alexandre Cadieux

    En conversation avec ce passionné de théâtre et d’improvisation, on comprend en effet que le terrain de jeu, déjà grand, s’est encore élargi et diversifié. Selon la contrainte du canon, la première édition du spectacle n’avait abordé que des oeuvres masculines. « Après avoir fait l’exercice de trouver des auteures dramatiques retenues par l’histoire et qui précéderaient Marguerite Duras, disons, nous avons décidé d’élargir notre idée du classique. »

     

    En 2016, ils ont ainsi intégré à leur corpus l’oeuvre d’Evelyne de la Chenelière et celle de Suzanne Lebeau. Cette incursion dans la dramaturgie contemporaine leur a ouvert de nouveaux horizons, chaque auteur(e) devant être abordé(e) différemment, en regard des possibilités en matière d’impro. Au sujet de l’auteure britannique Sarah Kane, Cadieux s’enthousiasme : « L’idée de l’éparpillement des voix et toutes les questions théâtrales que posent les didascalies dans son oeuvre sont très riches. Comment on montre la violence sans la représenter ? Quels effets de mise en scène peut-on improviser par rapport à ça ? »

     

    Alors qu’à ce jour l’interprétation du spectacle était assurée par un seul trio de comédiens, pour l’édition 2017, ce sont cinq trios d’acteurs de la LNI qui se succéderont sur la scène d’Espace libre pour se mesurer aux classiques du théâtre.

     

    Les adeptes de la LNI, qui ont fêté il y a peu les 40 ans de la compagnie fondée par Robert Gravel et Yvon Leduc, retrouveront le plaisir habituel du match d’impro. Mais lorsqu’elle s’attaque aux classiques, l’impro suscite aussi une autre jouissance, celle de la connaissance. « Pour moi, l’histoire de l’art c’est ça : lorsque tu es en contact avec les oeuvres et que tu sais ce à quoi elles renvoient. Cette capacité à faire des liens, c’est ça le plaisir de la culture. Et nous aimons tous nous faire raconter une histoire, comme dans un cours ou une conférence. » Le tout porté par des comédiens virtuoses qui promettent de s’élancer avec audace et humour. Peu importe la proposition.

    La LNI s’attaque aux classiques
    Animation et dramaturgie d’Alexandre Cadieux et François-Étienne Paré. Avec Sophie Caron, Pier-Luc Funk, Florence Longpré, Jean-François Aubé, Johanne Lapierre, Marie-Ève Morency, Réal Bossé, Suzie Bouchard, Diane Lefrançois, LeLouis Courchesne, Joëlle Paré-Beaulieu, Brigitte Soucy, Salomé Corbo, Amélie Geoffroy et Mathieu Lepage. À Espace libre du 28 novembre au 9 décembre.












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