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    Critique théâtre

    «Post Humains» – Revus et corrigés

    10 octobre 2017 | Christian Saint-Pierre - Collaborateur | Théâtre
    <p>Fruit de quatre ans de recherches, de multiples entrevues, le spectacle présenté ces jours-ci à Espace Libre s’apparente à un voyage dans le futur.</p>
    Photo: Marie-Andrée Lemire

    Fruit de quatre ans de recherches, de multiples entrevues, le spectacle présenté ces jours-ci à Espace Libre s’apparente à un voyage dans le futur.

    Abordant des sujets qui sont aussi fondamentaux et criants d’actualité qu’absents de la majorité des médias, le spectacle documentaire et autofictionnel de Dominique Leclerc soulève une myriade de questions. À la manière de Christine Beaulieu dans J’aime Hydro, la créatrice de Post Humains s’engage dans une véritable quête, une démarche qui la concerne (son diabète de type 1, condition médicale contraignante, a été la bougie d’allumage) tout en la dépassant, un théâtre dont les motivations sont à la fois intimes et collectives.

     

    Fruit de quatre ans de recherches, de multiples entrevues, le spectacle présenté ces jours-ci à Espace Libre s’apparente à un voyage dans le futur, mais alors un futur imminent, un avenir qui s’adresse indubitablement au présent. Menée par une artiste-citoyenne, l’enquête, diablement informative, nous fait entrer avec autant de sensibilité que d’esprit critique, avec autant d’humour que de rigueur, dans l’univers vaste et complexe de ceux qui estiment que la science et la machine peuvent et doivent améliorer le corps humain.

     

    Sur scène, aux côtés de Dominique Leclerc, sous la direction d’Édith Patenaude et de Patrice Charbonneau-Brunelle, on trouve Cadie Desbiens, une vidéaste qui insuffle une bonne dose de poésie à la représentation, Didier Lucien, un comédien qui incarne les différents personnages (scientifiques, artistes, cyborgs et penseurs) de manière irrésistible, et Dennis Kastrup, un journaliste allemand qui est aussi le mari de Leclerc. On constate rapidement que parler des rapports entre l’humain et la machine, c’est nécessairement s’engager sur le terrain de la philosophie et de la spiritualité. Après tout, repousser les limites du corps humain, n’est-ce pas ce que nous faisons depuis la nuit des temps ?

     

    Vaincre la maladie, ralentir le vieillissement, retarder la mort, voire l’abolir, mais également accroître les capacités du corps, ou même en créer de nouvelles… Les souhaits des transhumanistes ne sont pas si éloignés de ce qu’on pourrait appeler l’évolution. C’est un point de vue qui se défend. Cela dit, si le spectacle démystifie le port des implants et des prothèses, n’allez surtout pas croire qu’il fait l’impasse sur les risques qui les accompagnent. De nombreux enjeux éthiques sont évoqués, à commencer par l’inévitable récupération capitaliste d’une mouvance à laquelle, chose certaine, il est devenu impératif de s’intéresser.

    Post Humains
    Texte : Dominique Leclerc. Mise en scène : Dominique Leclerc et Édith Patenaude, assistées de Patrice Charbonneau-Brunelle. Une production de TRS-80. À Espace Libre jusqu’au 14 octobre.












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