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    Critique spectacle

    The Phantom of the Opera — Toujours sous son emprise

    7 octobre 2017 21h29 |Christian Saint-Pierre | Théâtre
    Le jeu de Derrick Davis et Eva Tavares est technique. Leurs voix sont puissantes et justes, mais sans aspérités, dénuées de la ferveur à laquelle on aurait été en droit de s’attendre.
    Photo: Matthew Murphy Le jeu de Derrick Davis et Eva Tavares est technique. Leurs voix sont puissantes et justes, mais sans aspérités, dénuées de la ferveur à laquelle on aurait été en droit de s’attendre.

    Depuis sa première à Londres en 1986 et sur Broadway en 1988, sans oublier Toronto en 1989, où elle a tenu l’affiche pendant une décennie, l’oeuvre du compositeur Andrew Lloyd Webber et du parolier Charles Hart a été présentée aux quatre coins du monde, fracassant les records. Il y aurait près de 25 ans que The Phantom of the Opera ne serait pas passé par Montréal.

     

    Imaginées par le romancier Gaston Leroux en 1910, les amours interdites de Christine et du Fantôme ne sont pas sans rappeler celles de la Belle et la Bête, ou encore celles d’Esmeralda et Quasimodo. Voilà bien le genre de mythe littéraire dont la comédie musicale raffole : romantisme tragique, cruauté du monde, pureté des sentiments et nécessité cruciale de voir au-delà des apparences. Entre la soprano, jeune et innocente, muse au talent étincelant, et le Fantôme, un homme défiguré, vengeur, compositeur terré dans son repaire, la passion est aussi dévorante que maudite.

     

    La visite est non seulement rare, elle est également grande. En effet, le spectacle mis en scène par Laurence Connor, nouvel homme de confiance du producteur Cameron Mackintosh, en est un d’envergure. Loin de laisser transparaître le fait qu’elle a été conçue pour la tournée, la scénographie est franchement grandiose. Les nombreux changements de décor et l’usage parcimonieux des projections, sans oublier les flammes, les explosions et le majestueux candélabre, ne cessent de surprendre et d’émerveiller. C’est tout naturellement qu’on passe d’un lieu à l’autre, des coulisses au plateau, des loges au bureau des directeurs, de la salle de bal au cimetière. La première incursion dans les catacombes de l’Opéra de Paris est à couper le souffle.

     

    Le rafraîchissement des orchestrations et des chorégraphies ne fait pas de mal, mais il faut reconnaître que, trente ans après sa création, le coeur de l’oeuvre n’a pas pris une ride. L’essentiel, ce sont les airs, riches et entêtants, mais aussi, et peut-être même surtout, l’intelligente construction du récit : cette alternance entre les tableaux intimes et à grand déploiement, entre les hauteurs de la scène et les bas-fonds du théâtre, entre l’univers céleste des beaux et celui, tellurique, des laids, sans oublier cette manière fort ingénieuse dont les morceaux d’opéras comiques inventés par Webber font progresser l’action.

     

    Vous dire comme on aurait aimé être subjugué par le timbre vocal et la présence scénique des interprètes du Fantôme et de Christine. Malheureusement, le jeu de Derrick Davis et Eva Tavares est technique. Leurs voix sont puissantes et justes, mais sans aspérités, dénuées de la ferveur, voire de la rage à laquelle on aurait été en droit de s’attendre. Néanmoins, le reste de la production est si maîtrisé que la magie opère. Pas de doute, l’emprise du Fantôme n’est pas près de décroître.

    The Phantom of the Opera
    Musique : Andrew Lloyd Webber. Paroles : Charles Hart. Une présentation de Broadway Across Canada et d’Evenko. À la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts jusqu’au 15 octobre. En anglais, sans surtitres.












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