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    «Camillien Houde» – Un homme et son temps

    24 août 2017 | Christian Saint-Pierre - Collaborateur | Théâtre
    Évelyne Rompré, Johanne Haberlin, Pierre Lebeau, Josée Deschênes et Didier Lucien partagent la scène d’Espace Libre.
    Photo: Gabrielle Desmarchais Évelyne Rompré, Johanne Haberlin, Pierre Lebeau, Josée Deschênes et Didier Lucien partagent la scène d’Espace Libre.

    C’est au tour d’Espace Libre et du Nouveau Théâtre Expérimental de contribuer aux célébrations du 375e anniversaire de Montréal. Pour l’occasion, Alexis Martin, dont l’intérêt pour l’histoire du Québec est tout sauf une passion soudaine, a choisi de consacrer une pièce à Camillien Houde, cet homme qui fut maire de Montréal pendant presque vingt ans entre 1928 et 1954.

     

    Mis en scène par Daniel Brière et Geoffrey Gaquère, Camillien Houde, « le p’tit gars de Sainte-Marie » est le troisième « spectacle de quartier » d’Espace Libre. On retrouve ainsi sur scène, aux côtés des six comédiens, vingt-deux citoyens du quartier Centre-Sud. Dans certains tableaux, pour représenter le peuple, la foule, traduire sa colère et son engouement, sa révolte et son allégresse, la présence du choeur est utile, voire percutante. Ailleurs, par contre, le procédé, décoratif, maladroit, s’apparente à de la figuration.

     

    La dimension théâtrale de l’aventure, jubilatoire diront certains, excessive plaideront d’autres, supplante indéniablement l’aspect sociopolitique. Il y a les apparitions du Cyrano de Rostand. Celles, pour le moins spectaculaires, de la cartomancienne Pâquerette. Sans oublier Le Golem de H. Leivick, joué en yiddish sur la scène du Monument-National. Partout le théâtre est représenté. « La vie publique, demande le Frère Marie-Victorin à Camillien Houde, c’est pour les acteurs, non ? Les assemblés sont des grandes scènes ; les discours, des tirades ; les soirs d’élections… des soirs de première ! »

     

    Dans le rôle-titre, Pierre Lebeau est si expressif, si démesuré qu’on lui pardonne sa diction parfois approximative. Didier Lucien et Jacques L’Heureux incarnent plusieurs personnages avec talent, mais ce sont les comédiennes qui tiennent les plus beaux rôles. Johanne Haberlin est aussi émouvante en Cyrano que désopilante en Pâquerette. Josée Deschênes donne une poigne inouïe à Georgianna, la femme de Camillien. Quant à Évelyne Rompré, elle est tout simplement truculente dans les complets des hommes d’influence Allan Bray et Lord Atholstan.

     

    Plus que par la grandeur du destin de Camillien Houde, la fresque est portée par l’humour et l’intelligence de son auteur, par la conviction de ses interprètes et par la musique essentielle d’Anthony Rozankovic. S’il cristallise la persévérance de l’homme, sa soif de pouvoir et sa détermination, celle-là même qui le mènera dans un camp pendant quatre ans à cause de son opposition à la conscription, le spectacle nous en révèle bien peu sur la valeur de ses idées, sur son apport politique. Reste que notre curiosité aura été piquée.

    Camillien Houde, « le p’tit gars de Sainte-Marie »
    Texte : Alexis Martin. Mise en scène : Daniel Brière et Geoffrey Gaquère. Une coproduction d’Espace Libre et du Nouveau Théâtre Expérimental. À Espace Libre, à l’occasion du 375e anniversaire de Montréal, jusqu’au 2 septembre.












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