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    Critique théâtre

    Petits bonheurs – Chanter et danser les histoires

    16 mai 2017 | Marie Fradette - Collaboratrice | Théâtre
    Une scène de la pièce «Un tiroir de neurones miroirs»
    Photo: Arnaud Ville Une scène de la pièce «Un tiroir de neurones miroirs»

    Jouer devant les tout-petits, un public authentique qui ne s’enfarge dans aucune fleur de tapis pour exprimer son contentement ou son impatience, demande assurément une bonne dose de contrôle et d’humilité. Ils sont là, bien vivants, prêts à tout balancer ou tout embrasser. C’est ce dernier cas qui l’a emporté au festival Petits bonheurs, qui a fait coup double avec Ma petite boule d’amour et Un tiroir de neurones miroirs.

     

    À la Maison de la culture Maisonneuve, une petite voix a fusé au début de Ma petite boule d’amour : « Est-ce que ça va être long ? » Ce ne fut pas long. Au contraire, on en aurait pris plus, de cette pièce tout en poésie tirée de l’album éponyme paru à La Bagnole en 2013 et mise en scène par Jean-François Guilbault. L’auteure Jasmine Dubé se présente sur une petite scène faite de panneaux qui s’ouvrent et se referment, découvrant tour à tour les héros et des objets illustrés par Jean-Luc Trudel.

     

    Dubé se fait à la fois narratrice et personnage d’une histoire dont elle connaît tous les racoins. Celle de ce vieil ours grognon, triste depuis qu’Ourse l’a quitté, jusqu’au jour où il entend l’appel d’un ourson qui cherche un papa. La narration est entrecoupée de chansons — d’ailleurs offertes sur CD — qu’elle a aussi écrites et qu’elle interprète d’une voix chaude et puissante entre les tableaux.

     

    Accompagnée à la guitare par Christophe Papadimitriou, Dubé pousse par ailleurs quelques notes d’harmonica qui ajoutent au charme de l’ensemble. Véritable hommage à Fanfreluche, cette pièce s’offre tout en simplicité, en ingéniosité, et invite à rentrer littéralement dans l’histoire, puis à en ressortir exactement comme on referme un livre.

     

    Contagion émotionnelle

     

    La compagnie française Cincle plongeur offre pour sa part un tout autre spectacle, conviant les sens et propulsant les petits, les très tout-petits même, dans un univers de mots inventés, de musique et de danse. Inspiré par la neuroscience, qui confirme que la contagion émotionnelle existe, le duo Anne-Laure Rouxel et Julie Bonnie exprime cette idée à travers la danse, la musique et la lumière et véhicule différentes émotions. Bonnie, au violon et à la guitare, joue des airs enlevants ou nostalgiques, pendant que Rouxel se laisse porter par le rythme, partageant ainsi sa joie, sa peine, sa douleur. Les personnages dialoguent peu avec les mots, laissant le mouvement et la musique faire le travail.

     

    À l’image du titre quelque peu étonnant, Un tiroir de neurones miroirs, la trame narrative de la pièce n’est pas explicite. Malgré la beauté des costumes — les comédiennes vêtues de robes blanches rappellent des fées, ces personnages qui nous viennent du côté irréel des choses — et en dépit de leur prestation digne et solide, l’enchaînement entre les tableaux reste flou. Que font-elles ? Pourquoi ? On ne le saura pas exactement, mais force est de constater que le public a su quand même en saisir l’essence.

     

    En effet, loin de comprendre ce que ces deux princesses avaient à leur raconter, les petits étaient partagés entre les rires, les pleurs, voire les crises, forçant certains accompagnateurs à quitter la salle, pour mieux y revenir. La contagion émotionnelle était à ce moment-là palpable.

     

    La pièce se ferme sur une berceuse adressée aux bambins : « Pourquoi tu pleures comme ça ? Je veux te prendre dans mes bras puisque coulent tes larmes, je déposerai sur ta joue un baiser doux ». Ce qu’elles ont pu faire à la tombée du rideau, lorsque les enfants se sont empressés d’aller faire un câlin à ces deux elfes leur ayant fait vivre, à l’évidence, une expérience hors du commun.

    Ma petite boule d’amour
    Texte : Jasmine Dubé. Mise en scène : Jean-François Guilbault. Une production du théâtre Bouches décousues. Les 12 et 13 mai.
    Un tiroir de neurones miroirs
    Une production de la compagnie Cincle plongeur. Les 12, 13 et 14 mai.












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