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    Théâtre

    Le festival Petits bonheurs en met plein les sens

    Le festival Petits bonheurs s’amorce dans le plaisir et l’évocation

    8 mai 2017 | Marie Fradette - Collaboratrice | Théâtre
    Les acteurs de la pièce «Magie lente» misent sur l’évocation et accordent une importance aux mouvements et aux sons. 
    Photo: MSFTS Productions Les acteurs de la pièce «Magie lente» misent sur l’évocation et accordent une importance aux mouvements et aux sons. 



    Depuis vendredi et jusqu’au 14 mai prochain, Petits bonheurs offre le théâtre et mille et une activités culturelles aux tout-petits. En ouverture du festival, les sens sont mis à contribution.

     

    Avec Des pieds et des mains, le Théâtre du Carrousel, en collaboration avec le Théâtre Ébouriffé, propose aux enfants de 5 ans et plus une plongée au coeur de la différence physique. Sur scène, Lui (Joachim Tanguay) se présente privé d’un pied et Elle (Maude Desrosiers) n’a qu’une main sur deux. Ensemble, ils décident de créer une fabrique de pieds et de mains afin de combler les manques. Tour à tour se présentent des preneurs : un pied mariton, une femme sans nez, une sourde oreille et surtout un tout parfait, un homme sans défaut qui veut se faire des réserves au cas où il perdrait un membre.

     

    Jouant avec la lumière et les ombres, distinguant subtilement le réel et l’illusion à l’aide d’un panneau écran, la mise en scène de Marie-Ève Huot apporte une dimension symbolique au texte poétique, rempli de jeux de mots savoureux — toutefois peu compris des enfants dans la salle — de Martin Bellemare.

     

    Si les enfants, trop petits sans doute pour tout comprendre, ont eu tendance à gigoter ferme et à placoter pendant la représentation, ils semblent du moins avoir saisi l’essence du message. Pour preuve, alors qu’un homme sans bras (Philippe Robert) demande en fixant l’horizon qui voudrait bien lui offrir un câlin, les petits, tour à tour, lèvent la main et répondent un « moi » bien authentique. Tout est là.

     

    Il faut dire qu’en amont de la pièce, une exposition de photographies très belles et réalistes de Nicolas Lévesque les prépare à vivre l’expérience. Sur les clichés monochromes défilent différents visages, différents corps dans des contextes distincts, chaque modèle vivant tout naturellement avec un handicap. De l’autre côté du rideau, la magie du théâtre opère en exploitant le thème de la perte et du manque de façon métaphorique.

     

    Magie lente

     

    Nathalie Derome du Théâtre Des mots d’la dynamite rejoue pour sa part un retour à la terre les deux pieds et les deux mains bien enfouis dans l’argile. Magie lente, ce n’est rien de moins que l’histoire du commencement du monde, de cette époque « où il n’y avait rien. Où tout était en suspens. Tout était immobile, calme, paisible, silencieux ». Puis, du premier morceau d’argile jusqu’à l’arrivée des forêts, des animaux, des humains, tout se place. Doucement.

     

    Bien sûr, comme la pièce s’adresse aux tout-petits — des bébés de 18 mois attendaient sagement le début de la représentation —, Derome et ses complices (Steeve Dumais et Anne-Françoise Jacques) misent sur l’évocation et accordent une importance aux mouvements et aux sons. Sur un plateau situé très près des enfants et sous un éclairage chaleureux, les comédiens enfilent une combinaison blanche et se roulent dans la boue, glissent, se barbouillent allègrement l’un et l’autre dans un plaisir évident. Puis, cette surface sur laquelle ils s’amusent est relevée et servira de décor jusqu’à la fin de la pièce. Un tableau d’argile frais qu’ils continueront de modeler.

     

    Ce jeu est soutenu par plusieurs bruits réalisés en direct par Anne-Françoise Jacques qui apporte une dimension à la fois onirique et bienveillante à l’ensemble. Parce que, oui, malgré la quantité de mouvements, les nombreux objets utilisés, malgré la terre glaise partout, et une impression de chaos — nécessaire à la création du monde —, un calme étonnant émane de la pièce. Celui du bien-être, de la sérénité, de l’accomplissement peut-être.

     

    D’ailleurs, tous les enfants n’ont pas réagi de la même façon devant cette prestation étonnante. Si les plus grands étaient attentifs à tous les détails et mouvements des comédiens, réagissant et s’exclamant spontanément, les plus petits participaient aussi, et sans le savoir, à cette mise en forme du monde faite d’une totale cacophonie mêlant jeu, créativité, chant, cris et même pleurs. Belle folie.

    Des pieds et des mains
    Texte : Martin Bellemare. Mise en scène : Marie-Ève Huot. Production du Théâtre du Carrousel en collaboration avec le Théâtre Ébouriffé.
    Magie lente
    Texte : Nathalie Derome. Mise en scène : Nathalie Derome. Artiste sonore : Anne-Françoise Jacques. Production du Théâtre Des mots d’la dynamite.












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