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    Chants libres raconte Frida

    La soprano Stéphanie Lessard se glisse dans la peau de la peintre mexicaine

    Stéphanie Lessard (lors d’une répétition sur notre photo) l’admet : «Yo soy la desintegración» est une œuvre difficile à chanter. «Mais il y a des moments où j’ai énormément de plaisir. C’est très vocal.»
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Stéphanie Lessard (lors d’une répétition sur notre photo) l’admet : «Yo soy la desintegración» est une œuvre difficile à chanter. «Mais il y a des moments où j’ai énormément de plaisir. C’est très vocal.»

    C’est un opéra solo, l’un des rares du genre. À partir de vendredi, la soprano Stéphanie Lessard interprétera à la Cinquième Salle de la Place des Arts Yo soy la desintegración, l’opéra-performance inspiré du journal intime de Frida Kahlo, conçu par Pauline Vaillancourt en 1997.

     

    C’est en 1995, soit 40 ans après la mort de Frida Kahlo, que son journal intime, écrit durant les dix dernières années de la vie de l’artiste, est publié. Pauline Vaillancourt, qui reçoit le livre en cadeau, est fascinée par le personnage de Frida Kahlo qui, malgré des épreuves successives, et bien que petite et menue, a toujours rayonné d’un charisme remarquable. « C’est là que je suis entrée dans le monde plus intime de Frida Kahlo. On la connaissait en tant que peintre, et là on entrait dans ses émotions », se souvient Pauline Vaillancourt.

     

    L’opéra-performance prend forme à Coyoacan, dans la ville de Mexico, où Pauline Vaillancourt séjourne avec son fils Yan Muckle, qui écrit le livret. Ils habitent tout près de la maison de Frida Kahlo, qui est aujourd’hui un musée. Jean Piché, qui écrit la musique, leur envoie progressivement ce qu’il compose. C’est à la Vénézuélienne Anita Pantin que Pauline Vaillancourt a confié la scénographie, et qui signe décors et costumes. « Je trouvais qu’elle avait les couleurs de Frida Kahlo », dit Pauline Vaillancourt.

     

    À l’époque, c’est Pauline Vaillancourt elle-même qui incarne le personnage principal sur scène. Vingt ans plus tard, Stéphanie Lessard reprend sa partition, un ton plus bas. Une bande de musique électroacoustique l’accompagne tout le long du spectacle.

     

    La femme avant l’artiste

     

    En entrevue, Stéphanie Lessard parle du lyrisme de la musique. « C’est très émotif, dit-elle. Cela parle davantage de la femme que de l’artiste. »

     

    Le spectacle se déroule en neuf tableaux. On y aborde bien sûr l’accident de Frida Kahlo, survenu lorsqu’elle avait 18 ans, et qu’il l’a clouée au lit durant plusieurs années, mais aussi son avortement, son incapacité à enfanter, et son amour trompé pour le peintre Diego Rivera, qu’on appellera ici simplement « l’homme ».

     

    « Pour moi, c’est devenu autre chose, raconte Pauline Vaillancourt. C’est une oeuvre d’art en tant que telle. Cela porte la signature d’Anita Pantin, pas la signature de Frida Kahlo. Ça ne me tentait pas de faire une biographie. Ça a été écrit et fait. Il y a eu des films sur elle. »

     

    En 1997, cette intégration de l’écriture, des arts visuels et de la musique était tout à fait nouvelle. Anita Pantin a notamment créé un costume que Pauline Vaillancourt appelle le « costume-carcan », que Stéphanie Lessard doit enfiler pour réapprendre à marcher, comme Frida Kahlo l’a fait dans sa jeunesse.

     

    Stéphanie Lessard l’admet : Yo soy la desintegración est une oeuvre difficile à chanter. « Mais il y a des moments où j’ai énormément de plaisir. C’est très vocal », dit-elle.

     

    Pauline Vaillancourt a créé une oeuvre exigeante pour l’interprète. La soprano doit notamment chanter couchée, mais aussi en se traînant par terre et en dansant, en utilisant tout son corps.

     

    Dans un tableau, qui met en scène l’accident, Stéphanie Lessard ne chante pas. « C’est le corps qui reçoit le choc au ralenti. C’est aussi du théâtre, parce que l’opéra, c’est du théâtre chanté », dit-elle.

    Yo soy la desintegración
    De: Chants libres. À la Cinquième Salle de la Place des Arts, les 5 et 6 mai à 20 h et le 7 mai à 16 h.












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