Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Théâtre

    Les adolescents revisitent le passé pour retrouver l’espoir dans la 20e édition des Zurbains

    1 mai 2017 | Marie Fradette - Collaboratrice | Théâtre
    Ces Zurbains permettent au public de découvrir la richesse d’écriture des adolescents.
    Photo: Jean-Charles Labarre Ces Zurbains permettent au public de découvrir la richesse d’écriture des adolescents.

    C’est le jeudi 27 avril en grande première à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier que s’est ouverte la vingtième mouture des Zurbains, ces quatre contes écrits par des adolescents mis en scène par Monique Gosselin et produits par le Théâtre Le Clou. Cette année, c’est à Kim Thuy et Simon Boulerice qu’est revenu l’honneur d’accompagner les jeunes dans cette aventure.

     

    Mimi, écrit par Paul Commier du Collège de Montréal, ouvre le spectacle et sert de fil conducteur aux autres textes qui se grefferont tout naturellement à ce tableau nous transportant dans un CHSLD. Sur scène, quatre personnes âgées en fauteuil roulant vaquent à leurs occupations. Un bénévole (Simon Beaudry) raconte au public qu’il a malencontreusement perdu Mireille au centre commercial. Tout en s’occupant de chacun des vieillards, le garçon reste inquiet et veut à tout prix retrouver la patiente égarée.

     

    Puis, changement de scène, une résidante (Sharon Ibgui) se lève et, dans un flashback, relate dans Faire le poids, texte écrit par Boulerice et Thuy, sa difficile immersion dans le rang des cadets.

     

    Suivra l’histoire très touchante de Gabrielle Lavallée de l’École secondaire Fernand-Lefebvre, Le bocal, interprétée avec force et authenticité par Marie-Claude Guérin. Cette dernière exprime la réalité d’une adolescente dont le père s’est suicidé et dont la mère, depuis, « étudie le vide ».

     

    Vincent Uhel-Gagnon, du Juvénat Notre-Dame du Saint-Laurent, offre quant à lui un conte qui a su faire réagir le public d’adolescents dans la salle. Pas la dernière vague, c’est l’histoire de Tony — Jean-François Pronovost est puissant de vérité dans ce rôle du « king de l’école » —, un surfeur admiré de tous qui vante avec assurance la grandeur de sa popularité passée. Si l’humour s’impose d’abord, la tension qui suit la compétition de surf est prenante. Les rires de la salle qui accompagnaient le côté bouffon du personnage laissent place au silence du drame.

     

    Enfin, Je veux un shawarma de Safoua Taoussi de l’école secondaire de la Cité-des-Jeunes, jouée avec aplomb par Harou Davtyan, nous plonge dans les souvenirs d’abord heureux d’un jeune garçon entouré de ses amis et qui, d’un coup, voit leur vie arrachée, sans raison. Immense texte sur la violence inutile. Et, entre tous ces contes, celui de Commier nous ramène dans le présent pour nous donner des nouvelles de Mimi.

     

    Jouer d’ingéniosité

     

    Parvenir à réunir cinq textes aussi distincts et en faire un spectacle cohérent, riche et pertinent demande une forte capacité d’organisation. La mise en scène de Monique Gosselin — présente à la première et prête à prendre des notes pour assurer un demain encore meilleur — assure à cet effet avec finesse et ingéniosité la transition entre les différents tableaux. L’idée de replonger les personnes âgées dans leurs souvenirs permet non seulement la fusion naturelle entre les contes, mais met en lumière la profondeur des thèmes, tous, en fin de compte, liés par l’espoir.

     

    En plus de l’omniprésence de la musique utilisée souvent pour exprimer un côté festif, les éclairages renforcent le propos, notamment lors de la scène de surf de Tony. Il faut voir aussi comment les objets trouvent différentes fonctions — parfois loufoques —, notamment une couverture de laine bleue, sous laquelle se cachent à demi trois comédiens, qui représente la mer houleuse. On pense aussi à un pain, une spatule, une poire à sauce qui serviront le propos d’Harou Davtyan dans Je veux un shawarma.

     

    Ces Zurbains permettent au public de découvrir la richesse d’écriture des adolescents, leur force de frappe et leur incroyable lucidité par rapport à un monde qui reste malgré tout heureux et porteur d’espoir. Les jeunes présents dans la salle étaient pendus aux lèvres des comédiens, et certains leur ont réservé une ovation. Ce fut réussi.

     

    Mais comme toute bonne chose a une fin, les Zurbains tirent leur révérence après cette 20e édition. Monique Gosselin mentionne toutefois que l’an prochain fera place à une nouvelle aventure, celle du Scriptarium. C’est donc une dernière chance de se laisser transporter par ces contes urbains.

    Les Zurbains 2017
    Mise en scène : Monique Gosselin. Interprétation : Simon Beaudry, Harou Davtyan, Marie-Claude Guérin, Sharon Ibgui et Jean-François Pronovost. Présenté à la salle Fred-Barry du 27 au 12 mai.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.